Dimanche, 17 octobre 2021
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    Je suis homo, mais ça ne me caractérise pas, confie une gardienne de but au soccer

    «Je suis homo, mais ça ne me caractérise pas» : Pauline Peyraud-Magnin a été la première footballeuse internationale française en activité à rendre publique son homosexualité, en août. «Agréablement surprise» par les «réactions positives», la gardienne juge que la société «doit passer un cap».

    En août 2020, Pauline Peyraud-Magnin (28 ans), gardienne des Bleues et de l’Atlético, poste une photo d’elle avec Camille, la femme qui partage sa vie depuis plus d’un an. Les messages de félicitations et les sollicitations médiatiques pleuvent: elle est la première joueuse internationale française (12 sélections) à révéler son homosexualité au grand public pendant sa carrière. «On était à Madrid…», s’élance Pauline. «…on se trouvait super jolies», embraye Camille dans un timide éclat de rire.

    Cette photo, «je l’ai postée comme ça, c’était assez soudain. On ne s’est pas dit: ‘On va faire ça pour avoir toutes ces retombées derrière’. Ça n’a jamais été l’objectif. On a lu les messages ensemble. Il y en a eu plein. De beaux messages. Des messages durs, aussi. Pas négatifs, mais durs à entendre, à lire. Notamment une jeune fille en Amérique du Sud qui disait que c’était très compliqué de vivre son homosexualité là-bas. A ce moment-là, on se dit qu’on a de la chance, et qu’il faut la saisir», détaille la gardienne de but.

    «Pour moi, c’était normal de poster une photo sur mon compte. Je n’avais pas vu l’impact que ça aurait», poursuit la joueuse de l’Atlético. Les réactions positives affluent sur les réseaux sociaux et dans les médias. La gardienne assiste à cet engouement alors qu’elle est avec l’équipe de France, partie pour la Macédoine du Nord (11-0) le 23 octobre dans le cadre des qualifications pour l’Euro. Toutes ces réactions ont «étonné» Camille, sa compagne : «On est au XXIe siècle… Qu’on me félicite de poster une photo normale avec ma copine… C’est mignon, mais voilà, je trouve ça étonnant. Dans les autres pays, il y en a plein, des footballeuses homosexuelles, et ça a l’air de plutôt bien se passer…», s’émeut-elle.

    Toutes ces sollicitations ont-elle pesé sur le quotidien des deux femmes ? «Je ne comprends pas qu’on s’attarde tellement sur ce sujet, qu’on en vienne même à faire un reportage… C’est trop dingue ! Je ne m’en rends pas compte. Pour moi, c’est normal, en fait», dit «PPM». 

    «Je n’attendais rien. Mais j’ai été agréablement surprise qu’il y ait autant de démarches. Je me suis dit que c’est vraiment un sujet qui mérite d’être ouvert. Je pense qu’aujourd’hui, on a besoin de passer un cap, vraiment. C’est nécessaire», affirme la joueuse.

    Pourquoi se cacher ? 
    «Pourquoi se justifier ou se cacher ?», interroge la gardienne formée à Lyon. «Laissez vivre les gens. Je suis homo, mais çe ne me caractérise pas. Comme une couleur de peau, comme une religion», appuye-t-elle, évoquant un «sujet qui (lui) tient vraiment à cœur».

    Le fait que cette annonce ait eu lieu à l’étranger n’est peut-être pas anodin pour ces deux Françaises, qui «s’affichent moins en France». «En France, il y a peut-être des endroits ou des heures que l’on évite. En Espagne, la première fois que l’on est venues, on est allées dans une rue très passante. On s’est installées à un bar, sur une terrasse… Il y avait énormément d’homosexuels, hommes, femmes… et ça ne dérangeait personne. On était étonnées, on s’est dit : ‘Mais on est où ?!’ (rires)».

    Après avoir beaucoup voyagé, entre Lyon, Saint-Etienne et Marseille en France, Arsenal et l’Atlético à l’étranger, Pauline Peyraud-Magnin a été «très agréablement surprise par les réactions positives dans le foot». Son acte pionnier pourrait-il désormais ouvrir la porte à d’autres femmes, d’autres footballeuses ou sportifs ? «Je l’espère. Mais je ne force personne, je sais que ça peut être compliqué. C’est vraiment personnel, c’est propre à chacun. Moi, je l’ai dit, voilà. Et si j’ai eu plus de facilités à dire les choses, c’est aussi parce que je pense que j’ai rencontré la bonne personne», glisse Pauline, le regard tourné vers Camille.

    Rédaction avec AFP

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