Samedi, 30 mai 2026
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    Les personnes asexuelles se sentent de moins en moins acceptées, révèle une étude

    Une majorité de personnes asexuelles disent avoir ressenti un recul marqué de l’acceptation sociale au cours de la dernière année, selon une nouvelle étude publiée par la Human Rights Campaign.

    En analysant les données de l’édition 2025 de l’Annual LGBTQ+ Community Survey (ALCS), l’organisme constate que 50,9 % des répondant·e·s s’identifiant comme asexuel·le·s estiment que l’acceptation a diminué, tandis que 63,7 % perçoivent une baisse de visibilité. À titre comparatif, ces proportions s’élèvent respectivement à 29,7 % et 51,1 % chez l’ensemble des adultes LGBTQ+.

    Parmi les personnes sondées, 4,7 % incluaient l’asexualité dans leur orientation ou leur identité. De ce groupe, 16,9 % s’identifiaient uniquement comme asexuel·le·s, alors que la grande majorité (83,1 %) associait cette identité à d’autres, comme aromantique, demisexuelle ou panromantique. Fait marquant : 58 % des personnes asexuelles interrogées se disent également transgenres ou de genre expansif.

    Des réalités contrastées selon les identités
    Les résultats révèlent des écarts importants selon la manière dont les personnes se définissent. Ainsi, 71,7 % des personnes s’identifiant exclusivement comme asexuelles affirment que l’acceptation s’est détériorée, comparativement à 46,1 % de celles qui combinent l’asexualité à d’autres identités.

    À l’inverse, les personnes cumulant plusieurs identités rapportent davantage de retenue à se dévoiler : 60,9 % disent être moins ouvertes qu’auparavant, contre 48 % chez celles qui se définissent uniquement comme asexuelles. Elles sont aussi plus nombreuses à ressentir une perte de visibilité (66,7 % contre 57,5 %).

    « Un retour en arrière » pour la communauté asexuelle
    Pour l’activiste asexuelle Yasmin Benoit, qui a collaboré à l’analyse des données, ces résultats sont préoccupants.

    « La communauté asexuelle est depuis longtemps l’une des moins visibles au sein de la diversité LGBTQIA+. Même si des progrès ont été réalisés ces dernières années, nous restons parmi les groupes les moins susceptibles de faire leur coming out, d’être représentés, reconnus par la loi ou soutenus par les organisations LGBTQ+, tout en faisant face à des enjeux similaires », explique-t-elle.

    Dans un contexte qu’elle qualifie de plus en plus hostile, cette invisibilité s’accentue :

    « Avec un soutien communautaire plus faible, des personnes asexuelles qui commençaient à se sentir assez en sécurité pour être ouvertes choisissent maintenant de se replier ou de rester en retrait. »

    Elle souligne également l’imbrication des réalités :

    « Le chevauchement important entre les communautés trans et asexuelles amplifie les effets de ces reculs. »

    L’impact du contexte trans et non binaire
    L’étude met en lumière une autre donnée clé : 58 % des personnes asexuelles sondées s’identifient aussi comme transgenres ou de genre expansif. Or, ces dernières rapportent des expériences nettement plus négatives que les personnes cisgenres.

    Ainsi, 71,4 % des répondant·e·s asexuel·le·s trans ou non binaires disent se sentir moins visibles qu’il y a un an, comparativement à 45,9 % chez les personnes cisgenres.

    Ces résultats suggèrent que le recul de la visibilité des personnes asexuelles est étroitement lié aux difficultés accrues vécues actuellement par les communautés trans et de la diversité de genre, dans un climat social et politique plus tendu.

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