Mercredi, 7 Décembre 2022
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    Quinze ans d’actions et ça continue

    On ne présente plus Séro Zéro. Depuis quinze ans, l’organisme s’est voué à la promotion de la prévention du sida. On ne compte plus les campagnes qui ont su attirer notre attention ni les différentes interventions et événements dans les bars, les différents programmes auprès de groupes ciblés. Quinze ans, un anniversaire que les dirigeants de l’organisme auraient bien aimé ne pas souligner. «On ne fêtera pas en grand, sinon pour rappeler que nous sommes toujours présents et actifs au sein de nos communautés.

    On parlera aussi de nos réalisations depuis notre création», avance le Directeur général, Robert Rousseau. La perception du sida a changé ces dernières années en raison, entre autres, de l’arrivée des multithérapies ; les campagnes traditionnelles de prévention marquent le pas. Pour Séro Zéro, conscient qu’en aucun cas, il ne faut baisser les bras, il est temps d’élargir le mandat commencé en 2003. En fait, se doter d’autres formes d’action pour atteindre les mêmes objectifs qui avaient présidé à la naissance de Séro Zéro. 

    «Nous avons pris trois ans, avec un plan stratégique transitoire, pour réfléchir sur une approche globale de la santé des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (harsah) indépendamment de leur statut sérologique pour être plus inclusifs. Aux alentours du 1er décembre de cette année, nous ferons une présentation officielle de notre nouveau mandat», explique Robert Rousseau.


    Mais en attendant le mois de décembre, l’équipe d’intervenants se concentrent sur la semaine de santé sexuelle qui aura lieu du 28 avril au 6 mai prochain. Le thème : la sensibilisation des hommes à la prise en charge de leur santé sexuelle, avec, par exemple, un dépistage plus accessible aussi bien du VIH que de toutes les infections transmissibles par le sexe ou par le sang (ITSS).


    L’événement se terminera par le salon homo-érotique car il ne fait aucun doute que la sexualité ne doit pas perdre sa dimension ludique et plaisante. «On ne veut pas que la sexualité soit toujours perçue sous le signe de la maladie. Nous voulons jouer sur la responsabilité individuelle et non sur la culpabilisation et la stigmatisation», conclut Robert Rousseau.


    Au fil des années, les campagnes traditionnelles rappelant la nécessité de se protéger ont montré leur limite. S’il n’y a pas actuellement de recrudescence de cas de VIH, l’augmentation constante de cas d’ITSS révèle que la prise de risques est plus grande parmi les gais. «Et pourtant, la très grande majorité des gais sont sensibilisés à la nécessité du sécurisexe», rappelle Robert Rousseau.

    «Il y a donc un bilan à faire, et nous devons regarder comment on peut continuer la prise en charge au sein de nos communautés. On ne peut isoler l’aspect sexuel d’une personne sans prendre en considération l’ensemble de sa vie.» S’appuyant sur des expériences déjà menées à Vancouver et sur les résultats des recherches de la cohorte OMEGA et ARGUS, on parle aujourd’hui d’une approche globale de la santé et du mieux-être des gais qui auraient une influence sur la façon dont ils vivraient leur sexualité. Mieux, à Vancouver, cette approche rencontrerait un grand succès de participation et répondrait donc à une demande.
    Selon Robert Rousseau, beaucoup d’hommes gais vivraient des difficultés sans avoir de ressources à leur disposition.

    «Certains souffrent de solitude affective, sociale; on parle aussi de comportements addictifs, que ce soit par l’alcool ou par les drogues. On peut aussi penser aux jeunes dont l’entrée dans le monde gai passe par le sexe ou encore aux plus âgés. Quels sont les services qui leur sont offerts ?» Un constat qui ne date pas d’hier, mais qui retient aujourd’hui l’attention de la santé publique en plus de recevoir un bon accueil auprès du public gai, si l’on en croit Robert Rousseau, qui se fonde sur un certain nombre d’interventions où ce type de messages semblaient mieux passer que ceux fondés exclusivement sur la prévention.


    Si le sida n’a pas changé, la façon de le percevoir, et même de le vivre, a changé. La prévention doit s’adapter à cette évolution. De nouvelles approches doivent être envisagées. En travaillant en amont, en prenant compte de tous les aspects de la vie des hommes gais, ceux-ci seraient à même d’avoir un meilleur pouvoir sur le vie, et par voie de conséquence, sur leur sexualité.

    Info : .sero-zero.qc.ca
    Cocktail 15e anniversaire de Séro Zéro , le vendredi 28 avril, à La Galerie dentaire, 1239 Amherst, 17 h @ 19 h, gratuit
    3e Semaine de la santé sexuelle, du 28 avril au 6 mai 2006.

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