Mercredi, 19 janvier 2022
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    Non de nom de Line Nault : au-delà de toutes les définitions

    L’art n’a-t-il pas pour vocation de nous amener vers ce que l’on ne peut nommer? Entendre qu’il nous oblige en nous séduisant à nous défaire de tous les carcans qui nous permettent de décrypter le monde et nous-mêmes pour nous montrer que tout n’est peut-être pas aussi imbriqué et immobile que nous le souhaiterions, penserions, voudrions. Nos identités entre autres que l’on réduirait à de simples fiches les énumérant. Et pour la chorégraphe Line Nault, dans cette réduction par la taxinomie, Non de nom le titre de son dernier opus, tout cela est mouvant, changeant, et ne peut se réduire à une définition.


    C’est pour cela que Line Nault ne s’enferme pas dans une dimension artistique, mais qu’elle confronte différentes pratiques pour laisser émerger des perceptions et des interprétations plus larges aux frontières poreuses, en fait comme la vie. «Je privilégie ce que je j’appelle des installations-performances où se rencontrent et évoluent les danseurs/interprètes/performeurs, explique Line Nault, tout comme je souhaite que les personnes n’assistent pas à un spectacle, mais puissent évoluer dans l’espace et privilégier si elles le souhaitent une des cinq installations-performances de Non de nom».
     
    En fait, les spectateur.trice.s pourront regarder la création selon leur propre rythme, déambuler, voire s’asseoir au sol si elles et ils le souhaitent. «Dans ce format presque muséal, continue la chorégraphe, chacun peut en fonction de lui-même rester autant de temps qu’il le souhaite, ce qui questionne donc notre rapport au temps.»
     
    Line Nault est aussi consciente que nos sociétés ont besoin de rituels qui fondent et soudent une communauté humaine, tels que les mariages, baptêmes et anniversaires, mais elle se demande si nous n’en avons pas perdu la véritable signification de ce qui peut nous échapper, tout ce dont on ne peut rendre compte et qui nous définit autant collectivement qu’individuellement.
     
    «En fait, tout revient à un ‘‘Qui suis-je réellement’’, sachant que nous ne nous connaissons qu’à travers les outils qu’on nous a donnés pour nous définir. D’autant que la technologie d’aujourd’hui, les médias entre autres, peuvent nous éloigner de nous-mêmes et nous imposer une représentation de nous-mêmes artificielle», explique Line Nault. Avec Nom de nom, elle entend bien nous entrainer dans une quête pour que chacun.e puisse se repositionner, se questionner en s’installant devant les installations-performances, entre l’immobilité et le mouvement, et suivre les pistes d’émotions et les réflexions qui émergent dans la confrontation de nos certitudes.
     
    Avec ce laboratoire sur l’identité dans le croisement du mouvement de la performance et des arts numériques, Line Nault, dans un parcours poétique, multiplie les points de vue dans cette quête de nous-mêmes. Mais par définition, une quête n’a jamais de fin.

    INFOS | Non de nom, de Line Nault
    Agora de la danse
    Du 10 au 13 novembre 2021
    www.agoradanse.com

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