Mercredi, 19 janvier 2022
• • •
    Publicité

    Le vote au Sénat chilien sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe est reporté

    La commission « a cédé au conservatisme minoritaire », a dénoncé auprès Javiera Zúñiga, porte-parole du Mouvement pour l’intégration et la libération homosexuelle (Movilh).

    Le Sénat se prononcera finalement la semaine prochaine sur un projet de loi légalisant le mariage entre personnes de même sexe au Chili, après le report du vote mardi 30 octobre sur ce texte espéré de longue date par la communauté LGBTI+.

    Comme attendu, avant le vote en dernière instance des 43 sénateurs chiliens, le projet de loi a été préalablement examiné par une Commission constitutionnelle du Sénat.

    Face à des divergences exprimées en son sein, cette dernière a décidé de l’envoyer pour un dernier examen à une commission mixte composée de sénateurs et de députés qui se réunira lundi.

    « Il y a quelques points à corriger, mais nous avons la ferme conviction que le texte sera approuvé, même s’il faut être rigoureux », a expliqué à la presse le sénateur socialiste d’opposition Alfonso Durresti.

    Parmi les points ayant suscité des désaccords figurent notamment l’élimination de motifs de divorce en cas de changement de sexe et la possibilité que les traitements de fertilité puissent être réalisés par une tierce personne, ouvrant ainsi la voie à des« mères porteuses », ont expliqué des sources parlementaires.

    La commission « a cédé au conservatisme minoritaire (…) Le projet de loi n’innove pas en matière de gestation pour autrui (…), il ne modifie en rien la loi sur l’identité de genre en dehors du mariage », a dénoncé Javiera Zúñiga, porte-parole du Mouvement pour l’intégration et la libération homosexuelle (Movilh).

    « Il y a du découragement mais l’espoir continue », a ajouté le responsable de l’association dont des membres avaient fait le déplacement jusqu’à Valparaiso (centre), siège du Parlement, pour assister à la session.

    En Amérique latine, le mariage pour tou·tes est légal au Costa Rica, en Équateur, Colombie, Brésil, Uruguay, Argentine et dans 14 des 32 États mexicains.

    Une enquête d’opinion de l’Institut Ipsos dans une vingtaine de pays réalisée en juin, montre que « 65 % des Chiliens soutiennent le mariage pour tous, un pourcentage seulement dépassé en Amérique latine par l’Argentine (73 %) » où il est légal depuis 2010.

    Au Chili, les couples de même sexe peuvent pour l’heure s’unir par un Pacte d’union civile, en vigueur depuis 2015 et qui permet d’obtenir les mêmes droits qu’un couple marié, mais sans la possibilité d’adoption et de filiation des enfants.

    « Il est inacceptable qu’on ne comprenne toujours pas l’urgence et l’importance que revêt ce texte pour des centaines de familles », a dénoncé Isabel Amor, directrice de l’ONG Fundacion Iguales.

    « Avec le plus grande diligence »
    Le texte avait été déposé devant le Parlement en 2017 à l’initiative de l’ex-présidente socialiste Michelle Bachelet, au cours de son second mandat (2014-2018).

    Dans une déclaration inattendue le 1er juin, le président actuel, le conservateur Sebastian Piñera, qui achève son mandat en mars 2022, avait demandé au Parlement de se saisir de ce projet de loi « avec la plus grande diligence ».

    Le texte a été approuvé une première fois au Sénat le 21 juillet, puis par les députés le 23 novembre. Dans les deux chambres, où domine l’opposition, le texte avait obtenu la majorité, malgré le rejet de la droite au pouvoir.

    Des modifications sur certains articles ont entraîné une troisième et dernière procédure législative. Après le vote au Parlement, la ratification présidentielle sera l’ultime étape.

    Selon une enquête récente du Movilh, 82,8 % des couples interrogés (soit 1.878 personnes) pensent se marier prochainement en cas d’approbation de la loi ; 91,9 % estiment que l’examen du projet de loi « s’est prolongé de manière injustifiée ».

    Le vote intervient en pleine campagne pour le deuxième tour de la présidentielle qui se tiendra le 19 décembre. Les résultats du premier tour, le 21 novembre, ont révélé un Chili profondément divisé, avec la qualification de deux candidats aux antipodes.

    Le député de la gauche progressiste, Gabriel Boric, 35 ans, qui a obtenu 26 % des voix, défend le mariage des couples de même sexe et a voté le texte à la Chambre basse.

    En face, le candidat d’extrême droite, José Antonio Kast, un avocat de 55 ans arrivé en tête avec 28 % des suffrages, est « opposé » à l’approbation du« mariage gay » et à l’option de l’adoption pour « protéger le droit de chaque enfant à avoir un père et une mère ».

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité