Mardi, 24 mai 2022
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    L’invraisemblable loi homophobe «Don’t Say Gay» adopté à la Chambre des représentants de Floride

    La chambre des représentants de Floride (États-Unis), à majorité républicaine, a adopté ce jeudi 24 février le projet de loi LGBTphobe «Don’t Say Gay» qui interdit d’aborder à l’école les questions LGBTQI+.

    Dernière étape avant le vote au Sénat.   Le projet de loi «Don’t Say Gay, porté par le gouverneur républicain de Floride, dans le sud-est des États-Unis, a été adopté ce jeudi 24 février par la chambre des représentants avec 69 voix pour et 47 voix contre. Le texte vise à censurer purement et simplement les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre à l’école. Si le Sénat floridien, également à majorité conservatrice, le valide à son tour, il pourra être promulgué.

    Homophobie décomplexée
    Concrètement, la loi rebaptisée localement «Don’t Say Gay» prévoit l’interdiction d’«encourager une conversation dans une classe à propos de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre au niveau primaire ou d’une manière qui n’est pas adaptée à l’âge ou au développement des élèves». Elle a évidemment suscité l’indignation des démocrates, mais aussi dans les propres rangs du parti républicain, où sept représentants s’y sont opposés.

    L’homophobie du membre républicain à l’initiative du projet de loi, Joe Harding, est tellement décomplexée qu’il a encore surenchéri durant la discussion du texte. Ainsi, à quelques jours du vote à la chambre, il a proposé un amendement prévoyant d’obliger les établissements scolaires à divulguer l’orientation des enfants LGBTQI+ aux parents d’élèves. Finalement retiré depuis, l’amendement contraignait «le directeur d’école ou son délégué à élaborer un plan […] pour divulguer ces renseignements dans les [six] semaines». Cette folie, unanimement dénoncée par les progressistes et les associations LGBTQI+ américaines, a notamment fait réagir le membre démocrate de la chambre de Floride, Carlos G Smith, qui a déploré sur Twitter «un nouvel amendement à Don’t Say Gay mettant délibérément les enfants LGBTQ en danger».

    «Stop WOKE act»
    L’agenda était chargé ce jeudi à la chambre de Floride pour les réactionnaires et LGBTphobes du parti républicain. Le même jour, ils ont en effet voté le «Stop WOKE act», un projet de loi visant également à invisibiliser et censurer les minorités en interdisant d’aborder la «théorie critique de la race», autrement dit l’étude du racisme structurel. Un bon en arrière tragique dans l’apprentissage à l’école de l’histoire d’un pays qui s’est notamment construit… sur l’esclavage et donc le racisme. 

    La semaine en Floride a également été marquée par une polémique sur les marques qui y ont financé des élus républicains conservateurs, ceux-là mêmes qui ont voté ces deux lois. Le média indépendant Popular Informations a ainsi épinglé plusieurs entreprises, de Pepsi, à Amazon en passant par Comcast (qui détient notamment Universal studio ou CNBC), qui ont fait des dons à ces élus, alors qu’elles portent par ailleurs des valeurs d’ouverture et de respect des personnes LGBTQI+. Pour l’association LGBTQI+ Equality Florida«les entreprises qui prétendent lutter en faveur de l’égalité, pointe, doivent dénoncer ce projet de loi haineux et être solidaires avec les personnes LGBTQ». Elles peuvent encore le faire avant le passage de la loi «Don’t Say Gay» au Sénat.

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