Jeudi, 12 février 2026
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    Anne Frank était-elle lesbienne ou bisexuelle? Son journal laisse entendre une attirance pour les filles

    Victime de l’Holocauste et autrice du célèbre Journal d’Anne Frank, la jeune Juive allemande a exprimé dans ses écrits une attirance envers les filles — un aspect souvent censuré ou peu abordé de son récit.

    Alors qu’elle se cachait à Amsterdam avec sa famille pour fuir le régime nazi, Anne a consigné dans son journal des réflexions intimes sur sa sexualité, dont certaines ont été retirées des premières éditions. Capturés en 1944, Anne, ses parents Otto et Edith, ainsi que sa sœur Margot, ont été déportés. Anne est morte du typhus à Bergen-Belsen en 1945, à l’âge de 15 ans, peu avant la libération du camp.

    Plus tôt cette année, plusieurs ont tracé un parallèle entre l’interdiction de territoire visant les musulmans aux États-Unis et les efforts, autrefois vains, d’Anne Frank et de sa famille pour obtenir un visa américain afin de fuir la guerre.

    Dans son journal, Anne cite la psychologue néerlandaise Sis Heyster, qui affirmait que « les filles de cet âge ne sont pas encore certaines d’elles-mêmes », et qu’elles découvrent qu’elles sont des personnes à part entière, avec leurs idées, pensées et habitudes.

    Anne poursuit :

    « Quand je suis arrivée ici, à quatorze ans, j’ai commencé à réfléchir à qui j’étais plus tôt que la plupart des filles, et à comprendre que j’étais une personne. Parfois, allongée dans mon lit, j’ai un fort désir de toucher ma poitrine et d’écouter les battements réguliers de mon cœur. »

    Elle évoque aussi sa relation avec son amie Jacqueline van Maarsen :

    « J’avais déjà ce genre de sentiments de façon inconsciente avant d’arriver ici. Je me rappelle qu’une fois, en dormant avec une amie, j’ai ressenti un fort désir de l’embrasser — ce que j’ai fait. Je ne pouvais pas m’empêcher d’être terriblement curieuse de son corps, qu’elle avait toujours caché. Je lui ai demandé, pour prouver notre amitié, si on pouvait toucher nos seins, mais elle a refusé. »

    Anne note aussi :

    « Je suis en extase chaque fois que je vois une statue nue de femme, comme Vénus, par exemple. Je trouve ça si beau, si raffiné, que j’ai du mal à retenir mes larmes. Si seulement j’avais une amoureuse! »

    Sur le site officiel d’Anne Frank, Jacqueline van Maarsen se souvient de leur relation :

    « On était très proches, j’aimais passer du temps avec elle, mais elle exigeait beaucoup de notre amitié, et je ne savais pas comment gérer ça. Elle voulait toujours des preuves qu’on était “meilleures amies”. Ses déclarations passionnées étaient parfois trop pour moi. Quand je voyais d’autres amis, elle devenait jalouse et malheureuse. »

    Elle ajoute que, peu avant qu’Anne se cache, elle avait réussi à lui fixer des limites, ce qu’Anne avait accepté, renforçant leur lien.

    Anne a aussi écrit sur Peter, un garçon qu’elle fréquentait dans la clandestinité :

    « Ça m’a fait chaud au cœur de voir son regard gêné quand je suis arrivée à l’improviste. Je pouvais lire ses pensées, voir dans ses yeux une certaine impuissance, mais aussi une lueur de conscience de sa masculinité. Je voyais sa timidité, et je fondais. J’avais envie de lui dire : “Parle-moi de toi. Regarde au-delà de mes bavardages.” Mais c’était plus facile d’y penser que de poser les questions. »

    Anne Frank n’a jamais défini clairement son orientation sexuelle — et ce n’est peut-être pas le fait le plus important de sa vie. Elle était avant tout une réfugiée adolescente dans un monde en guerre.

    Mais il reste essentiel de reconnaître les moments où des figures historiques ont exprimé une attirance pour le même sexe — un aspect souvent ignoré ou « hétérolavé » dans les récits officiels. Comme l’a souligné une utilisatrice de Twitter, Rachel, ce passage du journal d’Anne Frank est rarement mentionné et reste peu connu.

    L’histoire a été largement réécrite pour gommer ces identités. En 2017, le directeur artistique de la Royal Shakespeare Company, Greg Doran, a déclaré que William Shakespeare était probablement homosexuel. Selon lui, l’ère victorienne a modifié ses œuvres pour dissimuler cette vérité. Plusieurs de ses pièces contiennent d’ailleurs des personnages LGBTQ+, que la compagnie affirme désormais ne plus pouvoir ignorer.

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