Donald Trump a nommé Tammy Bruce — porte-parole du département d’État, figure de droite et ancienne personnalité de Fox News — au poste d’ambassadrice adjointe des États-Unis auprès des Nations unies. Pendant son mandat comme porte-parole du département d’État, Bruce a été critiquée pour son refus répété de répondre en profondeur aux questions des journalistes.
« Je suis heureux d’annoncer que je nomme Tammy Bruce, grande patriote, personnalité de télévision et auteure à succès, comme notre prochaine représentante adjointe des États-Unis à l’ONU, avec rang d’ambassadrice », a écrit Trump le 9 août sur Truth Social. « Félicitations Tammy ! »
« Je suis très reconnaissante envers @POTUS pour sa confiance en me nommant représentante adjointe des États-Unis à l’ONU », a déclaré Bruce sur X le même jour. « J’ai eu l’honneur de servir comme porte-parole du @StateDept, et j’ai maintenant la chance, dans les prochaines semaines, de poursuivre mon engagement à promouvoir le leadership et les valeurs America First sur la scène internationale dans ce nouveau rôle. En avant ! »
Une nomination qui doit passer par le Sénat
Le poste d’ambassadeur·rice adjoint·e à l’ONU requiert l’aval du Sénat. En mai dernier, Trump avait déjà désigné Michael Waltz — évincé de son poste de conseiller à la sécurité nationale après avoir, par erreur, ajouté un journaliste à un groupe de discussion portant sur des opérations militaires sensibles — comme ambassadeur des États-Unis à l’ONU. Waltz attend toujours sa confirmation.
Si les deux sont confirmés, Bruce travaillera sous la direction de Waltz et assumera ses fonctions en son absence. Selon The Washington Post, on ignore pour l’instant qui pourrait remplacer Bruce comme porte-parole du département d’État.
Démocrate devenue figure conservatrice
Malgré son rôle bien en vue dans l’actuelle administration Trump, Bruce n’a pas toujours été associée à la droite. Ancienne démocrate, elle est devenue la première femme ouvertement lesbienne aux États-Unis à animer une émission de radio grand public, The Tammy Bruce Show, et a dirigé la section de Los Angeles de la National Organization for Women (NOW) de 1990 à 1996.
Elle a été congédiée de son emploi à la radio après avoir vivement dénoncé l’acquittement d’O.J. Simpson en 1995, liant l’affaire à la violence conjugale d’une façon que des féministes noires et des groupes de défense des droits civiques ont jugée minimiser le racisme qui entourait aussi le procès. La même année, NOW l’a officiellement réprimandée pour des « propos à connotation raciale », ce qui a marqué le début de son virage vers le conservatisme.
En 2000, Bruce a signé un texte d’opinion dans le Los Angeles Times défendant « le droit absolu » de l’animatrice anti-LGBT Dr Laura Schlessinger à exprimer ses opinions, après que GLAAD eut exhorté Paramount à annuler son émission Dr. Laura. En 2002, elle a publié The New Thought Police, un essai dans lequel elle prétendait « révéler la dangereuse montée du maccarthysme de gauche ».
De Fox News à la rhétorique anti-trans
Ces dernières années, Bruce s’est surtout fait connaître comme collaboratrice de Fox News, où elle a affirmé que les publicités de la Fierté « nuisent réellement à la communauté gaie et lesbienne » et soutenu la thèse farfelue selon laquelle un projet de loi de 247 milliards $ adopté par le Sénat visait, en réalité, à financer la création d’hybrides humain-animal.
Elle est aussi une voix importante du discours anti-trans aux États-Unis. En février 2024, elle a signé un article pour l’Association of Mature American Citizens (AMAC) dans lequel elle qualifiait le projet de loi LD-1835 du Maine — qui aurait fait de l’État un refuge pour les personnes trans en quête de soins d’affirmation de genre — de « partie d’un plan plus vaste » de la gauche. Elle est même allée jusqu’à prétendre qu’une telle loi aurait facilité la « traite » de mineurs.
Des réponses évasives qui font polémique
Pendant sa courte période comme porte-parole du département d’État, Bruce a été régulièrement critiquée pour son refus de répondre en détail aux questions de la presse. Une controverse récente a éclaté lorsqu’une vidéo d’un entretien accordé en mai à la chaîne israélienne i24News a refait surface : on y entend Bruce affirmer que les États-Unis sont « le plus grand pays du monde, juste après Israël ».
Durant le mois de la Fierté, elle a aussi esquivé la question d’un journaliste sur l’avis de l’administration Trump concernant l’interdiction d’un défilé de la Fierté, après que Viktor Orbán, premier ministre hongrois et allié de Trump, eut incité son parti à accélérer l’adoption d’une loi bannissant les événements de la Fierté.
« Vous savez, quand le vice-président ou n’importe lequel d’entre nous parle de la nature d’une politique ou de ce qui est important pour la liberté d’expression, c’est notre plan et notre message. Après, ce que font les autres pays, c’est leur affaire », a-t-elle répondu.

