Samedi, 17 janvier 2026
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    En Californie, les crimes haineux visant l’identité de genre ont plus que triplé depuis 2013

    Les crimes haineux motivés par l’orientation sexuelle ou l’identité de genre représentent près du quart (23 %) de l’ensemble des crimes haineux déclarés en Californie depuis 2001, soit la première année où des données provinciales complètes sont devenues publiques. C’est ce que révèle un nouveau rapport du Williams Institute, rattaché à la faculté de droit de l’UCLA.

    Depuis 2013, le département de la Justice de Californie compile distinctement les biais « anti-personnes non conformes au genre » en plus des biais « anti-transgenres » dans ses rapports sur les crimes haineux. Au cours de cette période, les forces de l’ordre ont recensé 522 incidents de crimes haineux liés à l’identité de genre, impliquant au moins 582 victimes. Le nombre d’incidents déclarés a plus que triplé, passant de 25 en 2013 à 84 en 2024.

    La très grande majorité (93 %) des crimes haineux visant l’identité de genre signalés depuis 2013 impliquaient des violences physiques contre les victimes. À titre comparatif, cette proportion est de 70 % pour les crimes haineux fondés sur la race ou l’origine ethnique, et de 35 % pour ceux motivés par la religion.

    Plus des deux tiers des crimes haineux violents liés à l’identité de genre concernaient des agressions graves (35 %) ou des voies de fait simples (35 %). Dans 44 % des cas, les victimes ont été frappées, poussées, battues, mordues ou victimes de coups de pied. Dans plus de la moitié des incidents (53 %), la preuve du biais haineux reposait sur l’utilisation d’insultes verbales.

    « Les personnes transgenres et non conformes au genre sont confrontées à des taux de violence et de victimisation plus élevés que les personnes cisgenres », explique Jordan Grasso, analyste de données de recherche au Williams Institute et auteur principal du rapport. « En Californie, les crimes haineux motivés par des biais liés à l’identité de genre ont augmenté de façon marquée au fil du temps, avec une hausse particulièrement prononcée de la violence à partir de 2020. »

    L’étude s’appuie sur des données administratives publiques transmises par les services policiers californiens au département de la Justice de l’État. Les chercheur·euse·s ont analysé les tendances des crimes haineux signalés, en accordant une attention particulière à ceux visant l’identité de genre.

    Près de la moitié (47 %) de ces crimes ont eu lieu dans des espaces publics, comme des rues ou des stationnements, tandis que 18 % se sont produits dans des résidences privées. Les autres incidents ont été signalés dans des lieux tels que des écoles, des parcs, les transports en commun ainsi que des bars ou des boîtes de nuit.

    Le rapport souligne également que les victimes, tout comme les personnes accusées de crimes haineux liés à l’identité de genre, sont proportionnellement plus jeunes que dans d’autres catégories de crimes haineux. Onze pour cent des personnes accusées avaient moins de 18 ans, comparativement à 7 % pour les crimes motivés par la race, l’origine ethnique ou la religion.

    « Les personnes transgenres et non conformes au genre subissent des niveaux élevés de discrimination, de harcèlement et de préjugés dans leurs interactions avec les forces de l’ordre, ce qui peut décourager le signalement des crimes haineux », souligne Ilan Meyer, chercheur principal émérite au Williams Institute. « Comme cette étude ne peut prendre en compte que les crimes déclarés et reconnus par la police, l’ampleur réelle de la violence vécue par ces populations est probablement largement sous-estimée. »

    Un rapport complémentaire, publié simultanément, dresse un portrait des lois californiennes — tant au niveau de l’État que du gouvernement fédéral — qui encadrent les crimes haineux fondés sur l’identité de genre.

    Ces publications s’inscrivent dans une série de recherches portant sur les crimes et les violences liés à l’identité et à l’expression de genre. Un rapport antérieur, fondé sur l’Enquête américaine sur les personnes transgenres de 2022, analysait déjà la prévalence et les formes de victimisation vécues par les personnes trans en Californie.

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