Allan Michael Marrero a finalement retrouvé son mari Matthew après avoir passé 150 jours dans un centre de détention de l’ICE à la suite d’un simple rendez-vous lié à sa carte verte à New York. Marrero a souligné son retour lors d’une conférence de presse organisée à l’église Middle Church, à New York, où il a remercié Matthew «de ne pas m’avoir laissé abandonner. Merci. Je t’aime».
Durant l’événement, Marrero a décrit la peur constante et les épreuves physiques vécues pendant sa détention.« J’étais terrorisé chaque nuit », a-t-il raconté. « J’ai été transféré de l’édifice fédéral de New York au New Jersey; du New Jersey à l’Arizona; ensuite au Texas; puis à l’Alligator Alcatraz en Floride; et enfin à Natchez, au Mississippi. »
Il a expliqué que ces transferts répétés avaient eu de lourdes conséquences physiques. « Lors des déplacements, on nous enchaînait les chevilles à la taille, puis les poignets au reste des chaînes pendant parfois jusqu’à huit heures », a-t-il déclaré.
Son avocat, Alex Rizio, a rappelé que Marrero n’avait « absolument aucun antécédent criminel ».
Arrêté lors d’un rendez-vous pour sa carte verte
Le cauchemar du couple a commencé après une entrevue en novembre 2025 dans le cadre du processus de résidence permanente de Marrero. Originaire des îles Caïmans, Marrero avait épousé Matthew deux ans plus tôt et avait entrepris les démarches légales pour obtenir sa carte verte.
Matthew raconte qu’ils avaient apporté de nombreuses preuves de leur relation, notamment « un cartable de trois pouces rempli de toute notre vie — photos, lettres, tout ». Mais l’entrevue aurait rapidement pris une tournure tendue. « Quand elle nous a demandé comment on s’était rencontrés, j’ai regardé instinctivement mon mari. C’est l’amour de ma vie », raconte Matthew. « Elle a claqué des doigts devant mon visage en disant : “Ne le regardez pas.” On racontait notre histoire d’amour, et je n’avais même pas le droit de regarder mon mari. »
Selon Me Rizio, Marrero ignorait qu’une mesure d’expulsion figurait déjà à son dossier. « Quand une ordonnance de renvoi existe, l’ICE peut vous arrêter à tout moment », explique-t-il. « Allan s’est présenté à cette entrevue sans savoir qu’il risquait d’être arrêté sur-le-champ. »
Un retour à la maison… mais la lutte continue
Lors de la conférence de presse, Marrero a confié qu’il lui arrivait encore de rester silencieux par réflexe. « Je reste parfois tranquille parce que je suis habitué à ne pas vouloir provoquer les gardiens », a-t-il expliqué.
Le représentant démocrate Dan Goldman assistait également à l’événement. Il a indiqué que 30 autres personnes avaient été libérées en même temps que Marrero.
Dans une publication sur X, Goldman a affirmé : « L’histoire d’Allan rappelle que notre système d’immigration est utilisé comme arme contre des gens qui essaient simplement de respecter les règles. » Il a ajouté : « Je continuerai d’utiliser tous les outils à ma disposition au Congrès pour exiger des comptes et réclamer une véritable réforme. »
Matthew affirme pour sa part que leur combat ne s’arrêtera pas à cette libération. « L’amour l’a ramené à la maison », dit-il. « Mais la justice a encore beaucoup de travail à faire. »

