Du 15 octobre au 8 novembre, le Festival Massimadi revient à Montréal pour une 18e édition placée sous le thème évocateur « Mémoires vives ». Plus de 40 films, des premières internationales, canadiennes et québécoises, des performances, du drag, une exposition et des espaces de discussion composeront une programmation qui entend faire de la mémoire queer, noire et autochtone non pas un simple regard vers le passé, mais un outil pour comprendre le présent et imaginer l’avenir.
Il y a des années où le thème d’un festival semble particulièrement en phase avec son époque. En choisissant « Mémoires vives » pour sa 18e édition, Massimadi inscrit sa programmation dans un contexte où les droits LGBTQ+ continuent d’être contestés dans plusieurs régions du monde et où certaines communautés voient jusqu’à leur histoire et leur existence remises en question. Face à ces reculs, Massimadi choisit donc de se souvenir, mais surtout de transmettre.
Du 15 octobre au 8 novembre 2026, le festival présenté par TD fera entendre à Montréal des voix queer, noires et autochtones à travers une quarantaine de films regroupés notamment en sept blocs thématiques. Familles choisies, identités bispirituelles, luttes queer et noires, réalités afro-queer des Antilles et de la Guyane : les œuvres retenues dessinent une cartographie où les expériences individuelles rejoignent une mémoire collective plus vaste.
Des histoires qui risquent autrement de disparaître
Depuis ses débuts, Massimadi occupe une place particulière dans le paysage des festivals LGBTQ+ montréalais. Sa programmation ne se contente pas d’ajouter de la diversité à un cinéma queer plus largement représenté : elle place au centre des récits qui ont longtemps été relégués aux marges, y compris au sein des communautés LGBTQ+.
Cette dimension prend tout son sens avec « Mémoires vives ». Se rappeler signifie ici préserver des récits, mais aussi reconnaître celles et ceux qui ont ouvert des chemins avant nous.
La programmation s’intéressera ainsi aux mémoires des luttes queer et noires, mais également à la résilience des peuples autochtones et bispirituels. Plusieurs courts et longs métrages réalisés par des cinéastes autochtones exploreront les identités bispirituelles, dans ce qu’elles ont de sacré, de fluide et de résolument contemporain.
D’autres segments permettront de tourner le regard vers les communautés afro-queer des Antilles et de la Guyane, rappelant du même coup qu’il n’existe pas une expérience noire ou queer unique, mais une multitude de réalités façonnées par les territoires, les langues, les cultures et les histoires coloniales.
Une programmation riche en premières
Cette volonté de faire découvrir de nouvelles voix passe également par un nombre important de premières.
Massimadi accueillera notamment les premières internationale ou continentale de À minuit les enfants s’éteignent et PLENUM.
Plusieurs œuvres seront par ailleurs présentées pour la première fois au Canada : About Face, Fish & Chips, Irmã, Morning Echo, Murmure(s) : Être au-delà de, River Mamma, Un été bleu et VOZ, ZOV, VZO, sans oublier My Gender Is Black, qui occupera une place centrale lors de l’ouverture.
À celles-ci s’ajoutent des premières québécoises ou montréalaises, dont Escorpiônikas-contramanifiesto, POOR, WE CALL IT BALLROOM ainsi que le lancement de What Will I Become?
Autant de propositions qui témoignent de la diversité formelle du cinéma présenté à Massimadi : documentaire, expérimentation, récits intimes, œuvres militantes et créations qui brouillent volontairement les frontières entre les genres cinématographiques.
« My Gender Is Black » pour ouvrir le festival
C’est au Théâtre Plaza, le jeudi 15 octobre, que seront officiellement lancées les festivités. La soirée sera notamment marquée par la présentation d’un extrait de My Gender Is Black, documentaire expérimental de Terry Blade qui interroge les rapports entre masculinité, sexualité, genre et identité noire.
Le film s’intéresse notamment à la manière dont les attentes sociales, la performance de soi, la vulnérabilité, le rejet et les mécanismes de punition façonnent les identités. Mais il pose surtout une question au cœur de cette édition de Massimadi : comment parvenir à exister librement lorsque les catégories que la société nous impose deviennent elles-mêmes des frontières?
Le choix du film pour lancer « Mémoires vives » apparaît ainsi particulièrement cohérent. La mémoire dont parle Massimadi n’est pas figée dans les archives. Elle vit dans les corps, les identités et les expériences contemporaines.
La soirée d’ouverture dépassera d’ailleurs largement le cadre d’une projection. Dee Joyce, DJ Tokyo Mamii, RèN Darah, Ohemaa, Big Sissy et Athena Lucie Assamba figurent parmi les artistes annoncés pour transformer ce lancement en véritable célébration de la création afro-queer.
Quand le cinéma quitte l’écran
C’est l’une des caractéristiques de Massimadi : le cinéma y constitue un point de départ plutôt qu’une finalité.
Des ateliers et panels de discussion accompagneront les projections afin de prolonger les questions soulevées par les œuvres et de créer des espaces de transmission autour des réalités queer, noires et autochtones.
Cette idée de transmission traversera également Le/The Sanctum, exposition collective présentée à la Maison de la culture de Côte-des-Neiges, dont le vernissage aura lieu le 22 octobre.
Le festival investira donc à la fois l’écran, la scène et les arts visuels, multipliant les façons de raconter et de conserver les histoires.
Célébrer nos voix
Parce que préserver la mémoire queer ne signifie certainement pas se limiter aux blessures et aux luttes, Massimadi fera aussi une large place à la fête.
Le dimanche 25 octobre, les projections regroupées sous le thème « Célébrer nos voix » feront se rencontrer drag, danse, humour et poésie. La journée se prolongera de 20 h à 23 h au DD’s Club, avec une grande soirée drag.
Ce passage de la mémoire à la célébration résume peut-être le mieux l’esprit de cette 18e édition. Les archives LGBTQ+ sont remplies de combats, de discriminations et d’effacements, mais elles témoignent aussi de communautés qui ont créé leurs propres espaces, leurs propres familles, leurs propres langages et leurs propres manières de faire la fête.
C’est précisément cette tension entre héritage et création que Massimadi semble vouloir explorer cette année.
Car une mémoire véritablement vivante ne consiste pas uniquement à demander d’où venons-nous? Elle oblige aussi à se demander qu’allons-nous transmettre?
INFOS
Festival Massimadi — 18e édition
Du 15 octobre au 8 novembre 2026
Thème : « Mémoires vives »
Soirée d’ouverture
Jeudi 15 octobre, de 18 h à 22 h
Début de l’événement : 19 h
Théâtre Plaza
6505, rue Saint-Hubert, Montréal
Projection d’un extrait de My Gender Is Black de Terry Blade et performances artistiques.
Entrée gratuite sur réservation.
Exposition Le/The Sanctum
Vernissage : 22 octobre
Maison de la culture de Côte-des-Neiges
« Célébrer nos voix » et soirée drag
Dimanche 25 octobre
Soirée drag : de 20 h à 23 h au DD’s Club

