Avec un achalandage record, la 19e édition du Festival Fierté Montréal a célébré la diversité sexuelle et de genre partout en ville, comme jamais encore, et ce, malgré les controverses et la tenue en parallèle d’un festival de la fierté alternatif émergent. Cette année, plus de 300 organisations engagées pour l’avancement des droits et plus de 250 artistes queer et allié·e·s ont illuminé la métropole, démontrant la créativité et la résilience de nos communautés.
Attirant plus de 900 000 participant·e·s, la 19e édition du Festival Fierté Montréal, tenue du 31 juillet au 10 août, a confirmé qu’il s’agit de la plus grande célébration 2SLGBTQIA+ de la Francophonie. Face à la montée des discours haineux et discriminatoires, et malgré les débats qui ont marqué cette édition, le message lancé par les communautés et leurs allié·e·s a clairement été combien la fierté était importante pour elles, iels, ielles et eux.


Le Défilé de la Fierté Montréal : une célébration vibrante malgré les tensions
Le dimanche le 10 août, sous une chaleur accablante, plus de 150 000 spectateur·rice·s se sont massé·e·s le long du boulevard René-Lévesque pour assister au Défilé de la Fierté, moment fort du festival. Sous le thème « Fleurir ici, maintenant », le défilé a incarné une affirmation collective : revendiquer le droit d’éclore, d’aimer librement et de rayonner. Ce message, vibrant et résolument optimiste, appelait à transformer un “jardin d’épines” en un champ indomptable de couleurs — une métaphore forte pour célébrer nos identités et résistances.
Avant le départ, lors de la conférence de presse, le ministre de l’Identité et de la Culture canadienne, Steven Guilbeault, a exprimé que le festival était «une célébration de l’amour» et un lieu où chacun·e pouvait être soi-même en toute sécurité. Débutant au croisement de René-Lévesque et Metcalfe, là où s’étendait autrefois le premier quartier LGBTQ+ de Montréal, le parcours de 2,2 kilomètres a mené plus de 12 000 participant·e·s jusqu’au cœur du Village – symbole d’une culture queer actuelle et toujours vibrante. Le défilé a réuni un large éventail d’organismes : associations communautaires, clubs, syndicats, commerces, partis politiques, groupes d’employés d’entreprises… Chacun a marché pour rendre visibles les réalités 2SLGBTQIA+, dans une ambiance festive, chaleureuse et engagée, en rendant hommage aux luttes du passé, en honorant celles et ceux qui ont ouvert la voie et en mettant en lumière les revendications actuelles des organisations 2SLGBTQIA+.
Le défilé était organisé quelques jours seulement après une polémique concernant l’exclusion temporaire de certains groupes — notamment juifs — du défilé. Fierté Montréal a révisé cette décision quelques jours plus tard, invitant de nouveau ces participant·e·s, insistant sur le fait que l’intention n’était pas d’exclure une communauté selon sa foi, tout en continuant à condamner l’occupation de la Palestine. Plusieurs participant·e·s que nous avons croisé e·s, nous ont partagé leur ressenti émouvant durant la journée : Un·e visiteur·euse non-binaire venu·e des États-Unis, Kino, a souligné son bonheur d’être présent.e et la rareté de tels espaces où l’on peut se sentir ensemble et fier·e unit. Ça me fait une pause de bienveillance, où je n’ai pas à me demander si je dois craindre pour ma vie, avant de retourner chez moi…».
« Pride, c’est un jour entouré·e de personnes bienveillantes — un jour de liberté totale », nous a confié Claire, une jeune femme trans de 25 ans. Marcus, un participant de 59 ans qui a été présent à tous les défilés depuis la première édition de DiversCité, en 1993, rappelait combien il reste «essentiel de revendiquer nos droits qu’il ne faut pas tenir pour acquis, surtout face aux reculs constatés ailleurs, notamment aux États-Unis et à la montée d’une certaine intolérance, ici-même au Québec. »
Une mère lesbienne dans la quarantaine, ayant fait son comingout sur le tard tard, dit avoir trouvé à Montréal un environnement accueillant, plein de diversité, où chacun·e trouve sa place. Chaque année, les festivités de la fierté pour moi, c’est chaque jour, le plus beau jour » disait–elle., regrettant la scission d’une partie de la communauté sur la question Palestinienne. «Je ne pense pas qu’il y a grand monde à Montréal qui ne soit pas solidaire de la Palestine. Nous avons beaucoup d’empathie pour ce que la population doit vivre là-bas. Ça ne doit pas non plus nous empêcher de marcher pour nos droits et nos acquis, sans avoir l’air de manquer de solidarité. Pour moi il ne faut pas instrumentaliser la fierté ». Deux marcheurs du contingent en provenance de Taiwan, nous ont exprimé toute l’émotion qu’ils ressentaient à «pouvoir marcher dans un défilé où tu peux être soi-même sans qu’il n’y ait personne pour t’insulter»…a déclaré l’un deux «C’est une chance inouïe de pouvoir expérimenter ça, surtout pour nous qui sommes de Taiwan», a ajouté son ami. Malgré l’arrière-plan de controverses, la joie, la chaleur humaine, la solidarité et la diversité ont dominé. Des drapeaux arc-en-ciel aux costumes flamboyants, en passant par les sourires et les chants, le défilé a été une affirmation collective forte : nous sommes là, ensemble, et nous refusons d’être effacé·e·s.





















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