Lundi, 25 octobre 2021
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    La Colombie-Britannique supprime le langage genré de plusieurs lois

    Le gouvernement de la Colombie-Britannique a apporté des changements radicaux à la langue utilisée dans 15 de ses ministères. En tout, 600 occurrences de termes genrés ont été modifiées dans 70 lois et règlements de la province, dont la Loi sur le droit de la famille et les normes d’emploi.

    En vertu du nouveau décret, les pronoms liés à l’identité de genre, comme il ou elle, seront remplacés par des termes non genrés. De même, mari et femme sont remplacés par conjoint. Des termes comme fait par l’homme sont désormais inscrits comme fait par l’être humain.

    Pour ce qui est des termes liés à la famille comme sœur et frère, les deux mots sont utilisés ainsi : frère et sœur.

    Le ministre de l’Emploi, de la Relance économique et de l’Innovation, Ravi Kahlon, affirme que ce changement va au-delà des valeurs politiques ou de l’inclusion symbolique. Selon lui, le langage non genré peut également éliminer l’ambiguïté de la loi.

    «Nous devons à tout le monde, en Colombie-Britannique, de recadrer la langue que nous utilisons pour assurer l’inclusion du genre à la fois dans la langue et dans les politiques.

    Le gouvernement néo-démocrate prévoit d’examiner et de supprimer les quelque 3400 cas restants de termes genrés dans les règlements et les lois.

    Quiconque a ressenti de la discrimination ou s’est vu exclu verra immédiatement pourquoi c’est important et pourquoi les mots comptent, explique le ministre.

    Le langage est puissant

    L’avocate spécialisée dans le droit de la famille et associée chez Kahn Zack Ehrlich Lithwick LLP Jasmeet Wahid est ravie de ces changements.

    C’est tout à fait logique, affirme-t-elle. Le langage est puissant.

    Me Wahid a plaidé une cause très médiatisée sur les droits des transgenres devant la Cour d’appel de la Colombie-Britannique, A.B. contre C.D., qui concerne le consentement d’un enfant à des soins d’affirmation du genre.

    Dans cette affaire, le juge Gregory Bowden a statué que le fait de se méprendre sur l’identité de l’enfant et d’essayer de le décourager de chercher un traitement adapté à son genre constituait de la violence familiale.

    Les tribunaux de la Colombie-Britannique ont également introduit récemment une politique demandant aux avocats de fournir des pronoms préférés pendant les audiences.

    Jasmeet Wahid souligne que cette démarche est significative et que les personnes troublées par ces modifications n’apprécient peut-être pas la signification autour du langage ou les luttes pour l’inclusivité.

    Un processus lent et continu 

    Cela fait 15 ans que Brynn Hanks a fait son coming out en tant que transgenre queer. Le résident du nord de la Colombie-Britannique a vu la société changer lentement de façon de parler et d’attitudes. Il félicite aujourd’hui le gouvernement pour sa dernière initiative sur le plan législatif, qui permettra, selon lui, une plus grande inclusion.

    C’est un excellent début. Cela signale à tout le monde que la diversité est notre force , dit Brynn Hanks.

    Il note toutefois que l’inclusion et la reconnaissance de l’identité de genre restent un processus long et continu.

    «Je ne pense pas que ce soit suffisant pour effacer le genre d’histoire que les personnes transgenres ont vécue au Canada en général et dans notre communauté, indique-t-il.

    Plutôt que de se concentrer sur l’identité individuelle, il trouve du réconfort auprès de ses collègues des Premières Nations avec lesquels il travaille, ainsi que dans les valeurs et la culture autochtone : parler en tant que nous, plutôt que je.

    J’ai vraiment hâte de voir le jour où nos lois et nos directives seront plus inclusives pour nous en tant que collectivité, plutôt qu’en tant qu’individus.

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