La marque new-yorkaise Nasty Pig vient de dévoiler sa campagne de décembre pour la saison automne-hiver 2025, intitulée Mergers & Acquisitions, une proposition visuelle qui fusionne mode, fétichisme et culture queer. Et pour incarner cette vision, l’entreprise a choisi une figure emblématique : Violet Chachki, mais sous un angle totalement inattendu.
L’artiste, célébrée pour son esthétique hyperféminine, son glamour millimétré et ses silhouettes défiant la gravité, apparaît pour la toute première fois dans une campagne de mode totalement hors drag. Un geste qui, pour Violet Chachki, relève autant de la vulnérabilité que de la revendication.
« J’ai passé des années à offrir au monde du glamour hyper-féminin et des proportions impossibles. Cette fois-ci, je voulais rappeler qu’en dessous du vernis et de l’illusion, il y a un corps bien réel qui fait tout le travail », confie-t-elle.


Pour elle, poser hors drag n’est pas une rupture, mais plutôt une réappropriation de sa propre masculinité, loin des attentes, loin des cases.
« Nasty Pig a toujours célébré la sexualité sans excuses, et j’adore ça. Faire cette campagne hors drag, c’était reprendre le contrôle de ma masculinité, à mes propres conditions. »

Confiance, transformation et liberté
Violet espère que cette version d’elle-même inspire aussi un message clair : « La confiance en soi, ce n’est pas un look. C’est une attitude. Que je sois en talons fétiches de six pouces ou en chaps de cuir, c’est le même fil conducteur. »


Elle souhaite que ses fans comprennent qu’ils peuvent être tout à la fois — glamour, trash, polis, pervers — sans jamais avoir à choisir une seule direction. « Si ma présence dans cette campagne permet à quelqu’un de se sentir autorisé à se montrer dans toute sa folie, sa beauté et son désir… alors c’est mission accomplie. »

Trois forces queer réunies
Aux côtés de Violet, Nasty Pig a réuni deux autres figures marquantes de la culture LGBTQ+ : Diego Miyake-Mugler, icône du ballroom et gagnant de la saison 2 de Legendary; Dombeeef (David Alcocér), phénomène des réseaux sociaux et star d’OnlyFans.


Selon David Lauterstein, PDG et co-propriétaire de Nasty Pig, ce trio s’est imposé naturellement.
« Violet était un choix évident. Son style mélange mode, fétiche et streetwear — exactement les trois piliers de Nasty Pig depuis 1994. Dombeeef et Diego ont aussi livré à chaque prise. »
Pour lui, la campagne est une manière de réunir différentes facettes de la culture queer — drag, ballroom, travail du sexe — tout comme la marque l’avait fait à ses débuts en 1995.

Quand le bureau rencontre le backroom
“Mergers & Acquisitions” présente plusieurs pièces phares de la collection hivernale, dont une garde-robe qui navigue entre formalité et désir brut : La Trade Dress Shirt, une chemise ajustée avec coutures façon harnais et détails métalliques; La Snout Necktie, une cravate tissée subtilement du logo de la marque; Le Trade Pant, qui ajoute une touche corporate sans perdre l’attitude Nasty Pig. Lauterstein met aussi de l’avant le Logan Jacket, une réinterprétation éditoriale du perfecto, confectionnée en laine et cuir, avec des coutures complexes et une demi-fermeture éclair qui raccourcit élégamment la silhouette.
Avec cette campagne, Nasty Pig réaffirme son rôle d’acteur clé dans la mode queer : provocante, artistique, audacieuse.

