Jeudi, 28 octobre 2021
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    Chaire de recherche sur l’identité sexuelle et sur la pluralité des genres

    Vous connaissez peut-être la Chaire de recherche sur l’identité sexuelle et sur la pluralité des genres (anciennement connue comme la Chaire de recherche sur l’homophobie et la transphobie), mais vous vous demandez probablement quel rôle elle joue. Vous savez qu’elle est rattachée à l’Uqàm et avez sans doute vu un de ses représentants lors de la journée communautaire de Fierté Montréal, mais pour le reste… Pour nous parler de son rôle essentiel dans la connaissance plus affinée des communautés LGBTQ et ainsi de veiller à de meilleurs services et à une meilleure intégration dans la société, nous avons rencontré Martin Blais, l’actuel titulaire de la Chaire.

    En décembre 2009, le gouvernement du Québec mettait en application la première recommandation du rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) sur les problématiques relatives à l’homophobie au Québec, en adoptant la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie qui a mené au premier Plan d’action gouvernemental de lutte contre l’homophobie deux ans plus tard. Le soutien à la mise en place d’une Chaire de recherche par le ministère de la Justice du Québec fut l’une des premières mesures phare de ce plan d’action que le gouvernement a adopté. Créée en 2011, cette chaire est donc née d’une volonté communautaire et politique de doter le Québec d’un lieu de recherche qui permettrait de mieux outiller toutes les politiques à mettre en place pour le mieux-être des personnes LGBTQ.

    Marqué par l’engagement de Line Chamberland, professeure, chercheure, lesbienne et féministe dans la volonté de regrouper sous un même chapeau des études dont les résultats restaient confidentiels, le premier mandat de la CRH s’est avéré très fructueux. Line Chamberland, et l’équipe de 22 chercheur-e-s rattachés à la CRH ont grandement contribué au développement du champ d’études de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres, et lui ont assuré une meilleure visibilité au sein du monde de la recherche. Les études réalisées confirment l’importance de poursuivre l’exploration de l’hétérogénéité au sein des minorités sexuelles et de genre ainsi que les intersections entre différents rapports sociaux producteurs d’inégalités et d’exclusion sociale. Line Chamberland a dirigé la chaire jusqu’à sa retraite l’an dernier alors qu’elle passait le flambeau à Martin Blais.

    «Je connaissais Line Chamberland bien avant d’arriver à la chaire comme co-titulaire, nous avions collaboré souvent ensemble sur différents projets», explique Martin Blais, «et puis le fait d’être, pendant un an, co-titulaire de la chaire m’a permis de faire la transition avec Line». Depuis 2020, Martin Blais assure la coordination des projets de la Chaire en collaboration aussi avec diverses autres institutions. «Je suis là aussi pour porter la voix de la Chaire, car pour son bon fonctionnement et sa crédibilité, nous travaillons avec un comité de direction, un comité scientifique, entre autres, continue Martin Blais, je ne suis pas, et je ne voudrais pas être, le grand patron (Rires !) sur les épaules de qui reposerait l’existence de la chaire».
      
    Martin Blais privilégie le travail en collégialité, aussi bien avec d’autres chercheur.e.s de l’Uqàm que de d’autres institutions universitaires québécoises, canadiennes ou étrangères, «Aujourd’hui, il est impensable de travailler en silo, et il serait dommage de se priver de l’apport de d’autres recherches, ou de ne pas travailler ensemble, avance Martin Blais, mais la Chaire peut jouer le rôle de fédérateur.» Présenté ainsi, il serait tentant de croire que les travaux menés par la chaire ne dépasserait pas les frontières des campus, car bien évidemment, l’état de la plupart des recherches ne fait pas la une des médias. Et pourtant, loin des projecteurs, la chaire joue un rôle essentiel.

    «Effectivement, nous pouvons donner le sentiment que nous ne touchons pas le grand public, mais les études publiées vont avoir un impact direct dans les politiques menées, insiste Martin Blais. Nous sommes utiles, entre autres, au communautaire avec lequel nous travaillons en étroite collaboration pour développer des outils de sensibilisation, d’éducation ou pour développer des programmes spécifiques et nous sommes présents sur toutes les grandes tables où il est question des personnes LGBTQ.»

    «Quand l’on pense au Bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie du gouvernement du Québec, nous sommes régulièrement consultés et nous participons activement lors de la rédaction des plans quinquennaux de lutte contre l’homophobie et la transphobie», rappelle Martin Blais. «Et dans ces différentes instances nous sommes très présent.e.s et l’on nous consulte à partir des données et des conclusions de nos recherches.» Et les connaissances de la Chaire sont mobilisées dans les conversations et les rencontres que ses représentants peuvent avoir avec les différents secteurs de la société, en santé, en services sociaux, dans les milieux professionnels par exemple. Son expertise est irremplaçable et mise à contribution dès qu’il est question de nos communautés. La chaire de Recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres est là pour rester. Mais elle est aussi un projet presque unique au monde. Très peu de pays ou de provinces se sont dotés à l’échelle universitaire d’une structure semblable dont l’importance et l’utilité n’est plus à démontrer depuis sa création il y a aujourd’hui 10 ans.

    Les objectifs de la Chaire de recherche
    • Favoriser la mobilisation des expertises scientifiques et partenariales dans la définition des besoins de connaissances et la production de nouveaux savoirs concernant les réalités des personnes de minorités sexuelles et de genre, les impacts des discriminations et des différentes formes d’exclusion, de dévalorisation et d’infériorisation de ces personnes, ainsi que les moyens de les contrer efficacement.

    • Développer les partenariats de recherche dans les régions du Québec de même qu’à l’échelle nationale et internationale.

    • Contribuer au transfert et à la mobilisation des connaissances auprès de la population, des institutions publiques et de publics ciblés des milieux éducatifs, du travail, de la santé et des services sociaux professionnels, associatifs et communautaires, notamment par la conception et l’évaluation de mesures de sensibilisation et d’éducation.

    • Soutenir la formation des nouveaux chercheur·e·s et des étudiant·e·s, y compris les futurs intervenant·e·s, en vue de maximiser leurs compétences et de favoriser leur insertion professionnelle.

    MARTIN BLAIS
    Martin est sexologue et sociologue, professeur titulaire au département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il s’intéresse notamment à la diversité sexuelle et à la pluralité des genres. Ses travaux cherchent à mieux comprendre les défis que rencontrent les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, queer ou en questionnement (LGBTQ+) dans les domaines de vie qui sont importants pour leur développement, comme la famille, l’école, le travail, l’Internet, les loisirs et le sport.

    Parmi les défis qu’il cherche à documenter, on trouve notamment des sources de violence auxquelles les personnes peuvent être confrontées, comme l’intimidation ou la violence dans les relations familiales ou intimes. Il cherche à comprendre les effets de ces défis sur le bien-être et la santé des personnes LGBTQ+. Il cherche aussi à identifier les facteurs qui les aident à s’épanouir, à développer une image positive d’iels-mêmes ainsi que leur pouvoir d’agir, comme l’estime de soi, l’authenticité, la résilience et le soutien social.  Il est chercheur régulier au Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et l’agression sexuelle (CRIPCAS).


    INFOS| www.chairedspg.uqam.ca

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