Vendredi, 2 juin 2023
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    Rome : Shakespeare en cinq temps

    Une création de la réalisatrice Brigitte Haentjens est toujours un événement surtout quand elle retrouve pour le texte, un ami, Jean Marc Dalpé, le dramaturge et poète franco-ontarien avec qui Brigitte Haentjens avec lequel elle a travaillé sur de nombreux projets depuis 1981. Et avec Rome, les deux artistes ont convoqué rien de moins que Shakespeare à travers les cinq pièces dites romaines de l’illustre dramaturge, Le viol de Lucrèce, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre et Titus Andronicus.

    Ces cinq pièces nous plongent dans l’antiquité et qui couvre les années de gloire et de chute de l’empire romain. Brigitte Haentjens et Jean-Marc Dalpé, à travers cette adaptation de l’œuvre de Shakespeare ne nous dévoilait pas un miroir à peine déformant de ce que nous sommes devenu.e.s en tant que civilisation.

    Il suffit de lire n’importe quelle pièce de Shakespeare pour se rendre compte à quel point les thèmes et les réflexions de l’homme nous rejoignent, nous confrontent. Avec les cinq pièces romaines, Shakespeare pose un regard critique sur son époque, l’Angleterre de la fin du XVIe et début du XVIIe siècle, et bien évidemment pose la question du pouvoir. Alors comment adapter cinq pièces en gardant toute leur pertinence pour un public pas toujours à l’aise avec les classiques.

    Brigitte Haentjens
    photo Mathieu Rivard

    Si certaines des cinq pièces ont été souvent jouées, Coriolan ou encore Antoine et Cléopatre, d’autres sont moins connues du grand public. Comme Titus Andronicus qui clôt le cycle évoquant la chute de Rome dans la plus grande anarchie. «C’est peut-être la pièce qui ressemble le plus à mon avis à notre époque, constate Brigitte Haentjens, il suffit de voir la situation internationale actuelle, nos inquiétudes. Je cherche par le théâtre à organiser ce chaos et cette violence et que le théâtre soit comme un antidote qui déstabilise et provque».

    Brigitte Haentjens aime les défis comme elle le confiera en entrevue pour ne pas se répéter. Et Shakespeare, elle connaît puisqu’elle a monté en 2015 Richard III. Mais avec l’adaptation de cinq œuvres, la metteure en scène proposeune épopée. «Il a été difficile de rassembler en 6 heures des histoires aussi riches, nous avons même pensé à un moment à une représentation qui durerait 9 heures, explique la metteure en scène, mais nous voulions conserver aussi cet esprit de traversée dans laquelle se retrouverait le public, en suivant ces différentes histoires qui ont toute un fil conducteur, une réflexion sur le pouvoir, la folie du pouvoir, bien évidemment toujours au nom du bien-être du peuple qui le plus souvent n’est qu’un prétexte à la soif de pouvoir, et bien entendu comme toujours avec Shakespeare et les tragédiens, il y a aussi les passions qui toutes aussi folles, ce qui est frappant chez lui, c’est qu’il n’est jamais moraliste, il explore et expose les profondeurs de l’âme humaine à travers tous les ressorts qui l’a font vivre».

    Rome – photo Marjorie Guindon, Marie Tourigny

    Rome dont les six heures de représentations seront entrecoupées de deux entractes réunit sur scène une pléiade de comédien.ne.s, 28 en tout, qui nous embarqueront pour cette grande épopée tragique, dont Sylvie Drapeau, Céline Bonnier ou encore Sébastien Ricard, et Marc Béland.

    Le plus surprenant et le plus intéressant c’est que la représentation des lieux du pouvoir et de son exercice ressemble chez Shakespeare à une grande scène de théâtre dont le peuple est le public mais surtout le grand perdant. Impossible de ne pas ressortir indemne après avoir entendu et vu Rome mais c’est bien là une des fonctions du théâtre. Nous bousculer.


    INFOS | ROME, Texte de Jean Marc Dalpé, Mise en scène de Brigitte Haentjens.
    Présenté par Sibyllines théâtre de création.

    Du 5 au 23 avril 2023 à l’Usine C.

    INFOS & BILLETS : usine-c.com

    Une création de Sibyllines en coproduction avec le Théâtre français du CNA et en codiffusion avec l’Usine C.

    Développé avec le soutien du Fonds national de création du Centre national des Arts.

    ROME a bénéficié d’une résidence de création à la Compagnie Marie Chouinard.

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