Plus jeune élu conseiller de Ville à 27 ans, dans le district de Tétreaultville de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Julien Hénault-Ratelle se représentera, à l’automne prochain, pour l’équipe Ensemble Montréal. Ouvertement gai, il s’est vite retrouvé responsable des questions LGBTQ+ dans l’opposition officielle, entre autres. Ce qui n’a pas été une surprise pour lui. Retour sur son engagement, mais aussi sur la création d’un comité consultatif LGBTQ+ à la Ville de Montréal et la création de l’Espace LGBTQ+.
D’où vient ce désir de s’engager en politique municipale ?
Julien Hénault-Ratelle : Je viens d’une famille pour laquelle la politique était importante. J’habite dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve depuis presque toujours et durant le précédent mandat de Valérie Plante, beaucoup de choses me dérangeaient comme citoyen, comme des changements mis en place sans consultation, des rues qui devenaient à sens unique, ou encore la difficile négociation pour obtenir le financement du parc de la Promenade Bellerive. J’étais donc insatisfait. Et puis Denis Coderre m’a approché et plutôt que de « chialer », je me suis dit qu’il valait mieux agir. Donc, j’ai accepté la proposition. Pour l’anecdote, mon grand-père, il y a des décennies, s’était présenté au poste que j’occupe actuellement. Mais je tiens à préciser que mon engagement se veut beaucoup plus pragmatique qu’idéologique.
Et vous vous retrouvez avec sur les bras les dossiers qui touchent les communautés LGBTQ+.
Julien Hénault-Ratelle : Au sein du parti, on m’a donné rapidement plusieurs responsabilités : l’habitation, l’urbanisme, et notamment tout ce qui est en relation avec les communautés LGBTQ+. Nous avons, au cours de ce mandat, fait différentes interventions auprès du conseil municipal, comme de proposer un plan d’action pour le Village et déposer plusieurs motions en ce sens. [Chargé] de ces dossiers, j’ai essayé de les porter de la façon la moins partisane possible, puisque je pense que ce sont des dossiers qui peuvent faire consensus. Par exemple, en 2023, pour la motion concernant la création d’un comité consultatif LGBTQ+ à la Ville, j’avais travaillé en amont avec l’administration pour qu’il y ait unanimité lors de la présentation de la motion.
Justement, depuis l’adoption de la motion en 2023, on attend toujours la création de ce comité. Pour la petite histoire, dès les manifestations après la descente de police au Sex Garage, dont on souligne cette année le 35e anniversaire, les organisateurs demandaient la création d’un comité LGBT. Et 35 ans plus tard, on l’attend toujours ?
Julien Hénault-Ratelle : Effectivement, il ne se passe absolument rien. Après l’adoption de la motion, j’avais laissé le temps à l’administration de réagir, sachant que la création d’un comité ne se fait pas en deux jours. On m’avait assuré qu’il y aurait une collaboration dans sa mise sur pied. Mais un an plus tard, je n’avais aucune nouvelle, donc j’ai relancé Josefina Blanco, qui est responsable du dossier au niveau du comité exécutif. La réponse que j’ai eue ne m’a pas satisfait. Il était question d’évaluer la pertinence d’un tel comité et de penser à faire des consultations avec des organismes communautaires LGBTQ+ et les citoyen.ne.s, alors que la nécessité de la création de ce comité avait déjà été évaluée avant le dépôt de la motion en 2023, justement après une consultation des principaux intéressés. On peut donner d’autres exemples où l’administration écoute, mais ne bouge pas beaucoup. Pour rappel, la nécessité de ce comité se fondait sur une étude réalisée par l’Institut du Nouveau Monde. Si je suis réélu, il est sûr que je demanderai que l’on agisse pour la création de ce comité.
Autre gros dossier : l’édification de l’Espace LGBTQ+. On a franchi une première étape avec l’achat de la bâtisse. Reste à trouver le financement pour la rénovation. Pourquoi ne pas avoir jumelé les demandes de financement pour l’achat et pour la rénovation pour gagner du temps ?
Julien Hénault-Ratelle : Je dirai que malheureusement, la situation est la même dans de nombreux dossiers, et surtout quand ils coûtent cher. Il y a trois paliers de gouvernements et ils doivent collaborer pour avoir la même vision au moment où ils s’engagent financièrement, et il faut s’assurer que ce financement tienne la route. On parle, pour la rénovation de l’édifice sur Sainte-Catherine, d’environ 18 M$. Et puis, il y a eu des élections fédérales, donc on ne sait pas quel sera l’interlocuteur avec lequel les discussions auront lieu. Il en va de même au municipal avec les élections à venir. Tout changement d’interlocuteur retarde les prises de décision, car ce dernier doit prendre contact avec tous les partenaires. [Chargé] de l’habitation et de l’urbanisme, je suis au fait de la complexité pour un développeur, peu importe qu’il vienne du privé ou qu’il soit un organisme communautaire, d’obtenir un permis de construire ou pour rénover, en raison de la lourdeur administrative. Il faudrait que
l’administration fixe des échéances dans l’obtention d’un permis. Mais c’est un dossier que je suis, bien évidemment.
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