La Ville de West Hollywood a dû réagir face à une vive controverse après avoir abaissé les drapeaux LGBTQ+ de la Fierté en hommage au commentateur de droite Charlie Kirk, tué par balles la semaine dernière en Utah.
Parmi les drapeaux mis en berne – ce que les Américains appellent half-staff – figuraient deux drapeaux de la Fierté accrochés devant la clinique vétérinaire VCA TLC Animal Hospital, sur Santa Monica Boulevard.
La décision a été jugée « ignoble » par plusieurs résident·es et internautes, compte tenu des positions homophobes notoires de Charlie Kirk, qui avait notamment qualifié les personnes LGBTQ+ de « prédateurs sexuels ».
À l’origine de la mesure, l’appel du président Donald Trump à faire descendre tous les drapeaux en berne. Les responsables municipaux de West Hollywood ont expliqué, dimanche 14 septembre, que leur décision s’inscrivait dans cette directive fédérale, et non dans une quelconque « adhésion aux opinions ou aux actions de M. Kirk ».
Un·e porte-parole a déclaré :« Cette décision a été prise conformément à la Politique de reconnaissance et de commémorations de la Ville, qui prévoit que West Hollywood suit les directives présidentielles concernant la mise en berne des drapeaux. »
Et d’ajouter : « Nous reconnaissons l’importance que les valeurs de notre communauté soient reflétées dans les actions de la Ville. »
Pour répondre à la controverse, le conseil municipal de West Hollywood prévoit de discuter de la question lors de prochaines réunions, afin d’envisager une révision de cette politique.
Médias accusés d’avoir lié hâtivement le suspect à la communauté trans
Cette polémique survient alors que plusieurs médias ont rapporté que le suspect, Tyler Robinson, aurait des liens avec la communauté LGBTQ+, sur la base de messages qui auraient été gravés sur des douilles retrouvées sur les lieux du crime.
Selon le Wall Street Journal, un bulletin « largement diffusé auprès des autorités » affirmait que ces douilles portaient des inscriptions à caractère « transgenre et antifasciste ». Cette information a toutefois été rétractée par la suite, comme l’a souligné le Washington Blade.
Brandon Wolf, secrétaire de presse national de la Human Rights Campaign, a dénoncé cette précipitation : « Tirer de telles conclusions était irresponsable, téméraire, et cela a entraîné une vague de menaces contre la communauté trans, attisées par des influenceurs de droite. »
Il a ajouté : « Bien des gens en ligne qui ont relayé ces rumeurs incomplètes ou fausses ne se souciaient pas des faits. Ce qui les intéressait, c’était d’attiser la colère. »
Et de conclure : « La colère est ce qui transforme ce pays en poudrière. La course aux opinions à chaud et aux titres accrocheurs n’est pas la voie pour sortir de cette ère dangereuse et polarisée. Les médias et toutes celles et ceux qui disposent d’une tribune doivent faire mieux. »

