Vendredi, 23 janvier 2026
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    Pièges tendus à des hommes gais à Paris : l’accusé voit sa peine réduite à huit ans de prison

    Jugé en appel devant la cour d’assises de l’Essonne, un homme de 28 ans a été condamné à huit ans de réclusion criminelle pour une série d’extorsions violentes commises contre des hommes homosexuels à Paris en 2022. Il avait écopé de treize ans de prison en première instance en septembre 2024.

    Entre novembre et décembre 2022, Illies B., qui habitait le XVIIIᵉ arrondissement, attirait ses victimes en se faisant passer pour un homme intéressé par une relation sexuelle sans lendemain sur des applications de rencontre. Une fois le rendez-vous fixé, il conduisait les hommes ciblés dans la cave d’un immeuble, où il les agressait sous la menace d’un couteau afin de leur voler leur téléphone.

    L’homme choisissait délibérément des victimes homosexuelles. Lors de certaines agressions, il proférait des insultes ouvertement homophobes. À l’une des victimes, il aurait lancé : « Sale PD, voilà comment je vous traite », tout en appuyant un hachoir sous sa gorge.

    Ces attaques ont profondément marqué les hommes ciblés. « C’est devenu très difficile pour lui de faire des rencontres et de vivre son homosexualité normalement », a expliqué Me Thomas Vanzetto, avocat d’une des victimes, soulignant les conséquences durables du traumatisme.

    Une reconnaissance complète des faits en appel
    Lors de sa garde à vue en 2022, Illies B. avait déjà admis avoir ciblé des homosexuels, les estimant — selon ses propres mots — plus susceptibles d’accepter une rencontre rapide. Il niait toutefois toute intention homophobe et rejetait les insultes rapportées par les victimes.

    Au premier procès, il avait maintenu cette ligne de défense. Mais en appel, l’accusé a finalement reconnu l’ensemble des faits, y compris l’usage d’une arme et les injures motivées par l’orientation sexuelle des victimes.

    « Il a rétabli mon client dans son statut complet de victime en reconnaissant enfin la nature homophobe de ses actes », s’est réjoui Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, l’un des avocats.

    Une peine réduite, mais un jugement salué
    La cour d’assises a réduit la peine de treize à huit années de réclusion, une décision qui satisfait la défense. « La condamnation en première instance était excessive. Je pense que justice a été rendue à la hauteur des faits », a réagi Me Georges Parastatis, avocat de l’accusé.

    Pour les associations LGBTQ+, cette affaire rappelle la vulnérabilité persistante des personnes queer lorsqu’elles utilisent des applications de rencontre, ainsi que l’importance de reconnaître et de sanctionner pénalement les crimes motivés par l’orientation sexuelle.

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