La justice norvégienne a condamné, ce vendredi 16 janvier, Arfan Bhatti, 48 ans, à 30 ans de prison pour avoir orchestré depuis l’étranger l’attentat meurtrier visant la communauté LGBT+ à Oslo en juin 2022. L’attaque, perpétrée par Zaniar Matapour, avait fait deux morts et plusieurs blessé·e·s devant le London Pub, bar emblématique de la vie LGBT+ de la capitale, à la veille des célébrations de la Pride.
Déjà condamné en 2024 à 30 ans de réclusion pour meurtre et terrorisme aggravé, Matapour avait ouvert le feu lors de cette attaque qui a profondément choqué la Norvège. La Cour a estimé qu’Arfan Bhatti avait planifié et coordonné les éléments ayant permis la réalisation de l’attentat, malgré le fait qu’il se trouvait au Pakistan au moment des faits. L’accusé a nié toute implication et a annoncé son intention de porter la décision en appel.
Des expertises psychiatriques ont conclu que Bhatti souffrait d’un trouble de la personnalité dissociale présentant des traits psychopathiques, tout en confirmant qu’il était pleinement responsable sur le plan pénal.
L’affaire a relancé un vaste débat en Norvège sur la prévention de la radicalisation et la protection des minorités. Une enquête indépendante a notamment révélé que les forces de sécurité n’avaient pas réagi de manière adéquate aux signaux d’alerte précédant l’attaque, laissant entendre que celle-ci aurait pu être évitée.
Le gouvernement norvégien et les autorités locales ont salué le verdict, tout en annonçant de nouvelles mesures visant à renforcer la sécurité lors des événements LGBT+ et à soutenir les survivant·e·s ainsi que les familles des victimes. De leur côté, les associations de défense des droits LGBT+ ont exprimé un mélange de soulagement et de vigilance, rappelant l’urgence de poursuivre la lutte contre les violences homophobes et l’extrémisme ciblant les minorités.
Cette double condamnation — celle du tireur et de l’organisateur — constitue un jalon important dans la lutte judiciaire contre le terrorisme motivé par la haine et réaffirme la nécessité de protéger les communautés vulnérables face aux idéologies violentes.

