Trois jours après que l’administration Trump eut fait retirer le drapeau arc-en-ciel du Stonewall National Monument, des militant·es déterminé·es l’ont hissé de nouveau devant une foule compacte de membres de la communauté LGBTQ excédé·es, rassemblé·es en grand nombre autour de Christopher Park.
La cérémonie de remise en place du drapeau, bien qu’ultimement couronnée de succès, a pris une tournure plus dramatique que prévu. Depuis plusieurs jours, des élu·es — dont le président de l’arrondissement de Manhattan, Brad Hoylman-Sigal, et le sénateur de l’État de New York Erik Bottcher — avaient promis de procéder à la levée du drapeau lors d’un événement prévu à 16 h, le 12 février.
Les élu·es sont effectivement arrivé·es avec un drapeau arc-en-ciel fixé à un mince mât, qu’ils ont planté près de celui où flottait l’original. Mais le nouveau drapeau n’a pas été accroché au véritable mât du monument national de Stonewall — et il ne flottait qu’à mi-hauteur.
Après avoir laissé le drapeau en place, les élu·es ont quitté les lieux, provoquant les soupirs et les grognements de déception dans la foule. Plusieurs militant·es, dont Jay W. Walker et Josh Tjaden, ont alors pris les choses en main : munis de ciseaux, ils se sont avancés pour installer eux-mêmes un drapeau arc-en-ciel directement sur le mât officiel.
Quelques minutes plus tard, le drapeau arc-en-ciel flottait de nouveau, à quelques centimètres au-dessus du drapeau américain, sur le même mât.
« Nos élu·es, que j’aime malgré tout, ont apporté leur propre mât et l’ont planté devant l’autre. Leur poteau en plastique était plus bas que le mât officiel, ce qui faisait en sorte que notre drapeau arc-en-ciel se retrouvait plus bas que [le drapeau américain] et pas sur le vrai mât », a expliqué Jay W. Walker à Gay City News, quelques instants après la réinstallation. « La moindre des choses, c’était de placer notre drapeau plus haut sur cette corde que le drapeau américain. »
Cette remise en place marque le dernier rebondissement d’une semaine mouvementée, déclenchée par la décision de l’administration Trump de retirer le drapeau arc-en-ciel installé en 2022 sous la présidence de Joe Biden. Gay City Newsavait révélé en exclusivité le retrait du drapeau le 9 février, après que des responsables du National Park Service eurent invoqué une « directive gouvernementale » stipulant que « seuls le drapeau des États-Unis et d’autres drapeaux autorisés par le Congrès ou par les départements concernés » peuvent être hissés sur les mâts administrés par l’agence, sauf exceptions limitées.
Angelica Christina, directrice de l’initiative Stonewall Inn Gives Back, se trouvait en première ligne au parc, mégaphone à la main.
« Je me sens tellement forte de voir ma communauté se mobiliser en si grand nombre », a-t-elle déclaré à Gay City News. « Que notre espace soit envahi de la sorte, c’est criminel. (…) C’est notre héritage, et nous ne disparaîtrons pas. Nous allons continuer à nous battre, non seulement pour nous-mêmes, mais pour les générations futures de personnes LGBTQIA+. »

