Après des mois de controverse, le drapeau de la Fierté flottera de nouveau — et de façon permanente — au Stonewall National Monument, à New York. Une victoire juridique et symbolique pour les communautés LGBTQ+, qui y voient la reconnaissance d’un pan essentiel de leur histoire.
Installé sur le site des émeutes de 1969, considérées comme le point de départ du mouvement moderne pour les droits LGBTQ+, le drapeau arc-en-ciel avait été retiré en février par les autorités fédérales, invoquant le respect des règles encadrant l’affichage des drapeaux.
La décision avait immédiatement suscité une vive indignation parmi les militant·e·s, les historien·ne·s et plusieurs élu·e·s, qui y voyaient une tentative d’effacement de la mémoire LGBTQ+.
Une contestation rapide et efficace
Dans les jours suivant le retrait, plusieurs organisations — dont la Gilbert Baker Foundation, Equality New York et Village Preservation — ont intenté une poursuite contre le gouvernement fédéral, arguant que le drapeau constituait un symbole historique indissociable du site.
L’affaire s’est conclue par une entente déposée devant un tribunal fédéral de New York. Celle-ci stipule que le drapeau de la Fierté devra être réinstallé dans un délai de sept jours et ne pourra plus être retiré, sauf pour des raisons pratiques comme l’entretien.
Le drapeau américain continuera d’occuper le sommet du mât, suivi du drapeau arc-en-ciel et de celui du Service des parcs nationaux.
Une reconnaissance officielle
Pour les groupes impliqués, cette entente confirme ce qu’ils soutenaient depuis le départ : le drapeau de la Fierté fait partie intégrante de l’histoire de Stonewall et mérite d’y être présent de façon permanente.
Créé en 1978 par l’artiste Gilbert Baker, le drapeau arc-en-ciel est devenu un symbole universel de diversité, de résistance et de fierté LGBTQ+.
« Cette résolution garantit que le drapeau continuera de flotter à cet endroit, affirmant sa place légitime au cœur du mouvement », a souligné la fondation qui porte le nom de son créateur.
Une victoire dans un contexte tendu
Le retrait initial du drapeau s’inscrivait dans un contexte plus large de restrictions visant la visibilité LGBTQ+ dans certains espaces publics fédéraux, notamment sous l’administration Trump.
La mobilisation rapide de la société civile — et la décision juridique qui en a découlé — témoignent de l’importance des symboles dans les luttes contemporaines pour l’égalité.
Car au-delà du geste, c’est toute une mémoire collective qui est en jeu. Et à Stonewall, lieu fondateur de la résistance LGBTQ+, cette mémoire continuera désormais de flotter au grand jour.

