Mardi, 21 avril 2026
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    Des adolescents gais et bisexuels agressés à Sydney 

    Trois adolescents gais et bisexuels de 16 ans ont été violemment pris pour cibles dans des attaques homophobes à Sydney, dans des affaires désormais liées au même réseau islamiste extrémiste évoqué lors de l’enquête sur la tuerie de Bondi Beach, qui a fait 15 morts et des dizaines de blessés le 14 décembre 2025.

    Les révélations ont émergé au moment où débutaient, le 24 février, des audiences publiques d’une commission d’enquête fédérale. Une investigation du diffuseur public ABC a mis au jour des images troublantes montrant trois jeunes traînés au sol, piétinés, frappés et insultés en raison de leur orientation sexuelle.

    Des agressions filmées et accompagnées d’insultes homophobes
    Parmi les éléments présentés aux audiences, on retrouve la vidéo d’un adolescent traîné au sol et piétiné dans le parc Strathfield, pendant qu’un agresseur filmait la scène. Un autre jeune aurait été forcé d’entrer dans un bloc sanitaire, où il aurait été roué de coups et traité de « faggot » (insulte homophobe en anglais) et de « kafir » (terme arabe signifiant « mécréant »). Un troisième adolescent aurait été qualifié de « gay dog » (« chien gai »), piétiné, tandis que ses assaillants criaient « Dawlatul Islam », une référence à l’organisation État islamique.

    Selon les procureurs, un des agresseurs aurait également lancé : « Je vais te tirer dessus, petit chien. »À ce jour, cinq adolescents ont été reconnus coupables en lien avec ces agressions.

    Des liens avec un réseau pro–État islamique
    Les procureurs ont affirmé que certains des jeunes impliqués entretenaient des liens avec un réseau aligné sur l’idéologie de l’État islamique (EI), également mentionné dans le cadre de l’enquête sur la fusillade de Bondi Beach. Cette attaque, survenue en décembre dernier dans un secteur emblématique de Sydney, avait profondément ébranlé l’Australie.

    Les autorités ont toutefois précisé antérieurement qu’aucune preuve ne démontrait que les tireurs de Bondi Beach — identifiés comme Naveed Akram et Sajid Akram — avaient reçu des directives d’une cellule terroriste structurée plus large.

    L’enquête a également évoqué des connexions avec la salle de prière Al Madina Dawah Centre, à Bankstown, qui a été contrainte de fermer après la fusillade. Des éléments de preuve présentés à la commission établiraient des liens entre certains membres du groupe et des figures influentes pro–État islamique.

    Une vague d’attaques ciblant les jeunes LGBTQ+
    Au-delà de ces trois cas, les autorités ont identifié un phénomène plus large. Des jeunes LGBTQ+ auraient été attirés à des rencontres par l’entremise d’applications de rencontres gaies avant d’être agressés.

    Selon les données compilées par ABC, au moins 64 personnes ont été accusées en Nouvelle-Galles du Sud et dans l’État de Victoria pour des attaques visant des personnes LGBTQ+ depuis 2023. Ces chiffres illustrent une recrudescence préoccupante des violences homophobes dans certaines régions d’Australie.

    Une commission d’enquête aux pouvoirs élargis
    La commission d’enquête fédérale, dirigée par l’ancienne juge de la Haute Cour Virginia Bell, examine à la fois la montée de l’antisémitisme et les circonstances entourant l’attaque de Bondi Beach. Elle doit évaluer l’ampleur et les causes principales de la violence extrémiste au pays, puis formuler des recommandations au gouvernement.

    La fusillade de décembre a déjà entraîné un durcissement des lois sur les armes à feu, un resserrement des mesures contre les discours haineux et un élargissement des pouvoirs permettant de restreindre certaines manifestations.

    Dans ce contexte tendu, les agressions visant des adolescents en raison de leur orientation sexuelle soulèvent des inquiétudes supplémentaires quant à la radicalisation de jeunes et à l’utilisation de la haine anti-LGBTQ+ comme vecteur d’endoctrinement violent.

    Pour les communautés queer australiennes, ces événements rappellent que les gains juridiques des dernières années ne mettent pas fin aux violences ciblées — particulièrement lorsque celles-ci s’inscrivent dans des dynamiques idéologiques plus larges.

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