Mardi, 19 mai 2026
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    Marilyse Hamelin parle de sexe – queer – aux ados

    Lorsque Marilyse Hamelin a imaginé les personnages de son premier roman, La Mèche Courte (Québec Amérique), elle a pesé fort sur le crayon de la diversité! En effet, l’écrivaine met en scène une hétéro avec la libido en feu, une ado trans, un pansexuel, une lesbienne et une asexuelle, dont les origines culturelles sont très variées. Si les apparences peuvent donner l’impression d’un Heartstopper québécois, il n’en est rien, mais son livre va certainement défriser les esprits conservateurs!

    À quoi ressemble ton parcours?
    Marilyse Hamelin : J’ai étudié à l’UQAM en journalisme et j’ai publié dans plusieurs quotidiens et magazines depuis 25 ans. Un jour, j’ai écrit un blogue féministe qui m’a amenée à devenir chroniqueuse sur le sujet. Dans la deuxième moitié des années 2010, j’ai reçu un appel du Conseil du statut de la femme qui m’invitait à faire une tournée dans les écoles pour parler de consentement sexuel et de sexualité égalitaire, avant l’ère #metoo. En rencontrant les jeunes, j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de travail à faire pour déconstruire les préjugés.

    En parallèle, je caressais le rêve d’écrire un roman. J’ai décidé de m’adresser aux jeunes et de leur parler de ces thématiques dans une histoire.

    Pourquoi as-tu réuni toute cette diversité dans une même œuvre?
    Marilyse Hamelin : C’est ça, la réalité. Je suis tellement tannée de l’hétérocentrisme et du cisgenrecentrisme. Évidemment, j’ai beaucoup réfléchi à l’enjeu de l’appropriation culturelle. Je ne fais pas partie des communautés queers, mais je suis entourée de personnes queers. Tous les jeunes autour de moi m’épatent. Surtout les Z et les jeunes millénariaux.

    Bref, je voulais vraiment écrire cette réalité-là. Ça me sortait de tous les pores. Tu es une femme hétéro cisgenre.

    Marilyse Hamelin

    Quelles démarches as-tu faites pour t’assurer de représenter nos communautés avec nuances et non en entretenant les stéréotypes?
    Marilyse Hamelin : C’est délicat. Je ne prétends pas à la perfection. Je marchais sur des œufs. Je voulait éviter les préjugés, même les préjugés internalisés, car on a tous des biais. J’ai été conseillée. Des membres de la communauté queer m’ont relue. Le fils de mon amie est un garçon trans. Ma chum de fille journaliste est une femme trans.

    Malgré tout, ça me stressait. Je ne voulais pas mettre en scène des personnages trans qui ne sont pas appréciés de la communauté. Je n’avais pas envie d’arriver avec mes gros sabots et que ce soit plaqué. Ni même que leur orientation sexuelle ou leur identité de genre soit un ressort dramatique ou le thème central. Je voulais juste dépeindre des jeunes réalistes. Juste la vraie vie dans toute sa diversité pour la célébrer. C’est un livre sur l’amour, sur le fait d’être jeune et d’être en vie. Dans le contexte actuel, cette histoire-là est plus importante que jamais.

    Le roman n’a pas un arc dramatique qui passe d’un point A au point B. C’est plutôt une chronique du quotidien. Pourquoi?
    Marilyse Hamelin : Je suis contente que tu me parles de ça! Je l’assume, mais je ne sais pas si c’est une bonne idée. C’est ça que j’avais envie de faire. Ça partait d’une phrase que ma mère me répétait souvent : « Des fois, y peut-tu rien se passer? »

    Évidemment, il ne se passe pas rien dans le roman et ça reste foisonnant d’émotions., mais je voulais faire une chronique, comme une vibe, un safe space et une bulle de bonheur, avec parfois des conversations un peu niaiseuses du quotidien.

    Je me suis fait du bien en l’écrivant. Je voulais écrire des jeunes qui sont sécures émotionnellement, bien entourés, avec de bons parents.

    Du début à la fin, tous tes personnages sont sur « broil » avec des émotions très vives.
    Est-ce ainsi que tu perçois les ados?

    Marilyse Hamelin : On peut juste écrire sur ce qu’on connaît et moi c’était à broil plus plus plus! Je me suis beaucoup inspirée de ça et je me doute que la tempête hormonale a un effet assez fort sur tous les ados.

    Tes personnages s’aiment, se soutiennent, se jalousent, se jugent, se remettent à leur place sur les enjeux de société. Dirais-tu que c’était ta façon de montrer que tout le monde doit apprendre et grandir, même les principales personnes concernées par la diversité?
    Marilyse Hamelin : Tellement! L’humanité est complexe. Je ne voulais pas écrire des héros parfaits. Je les adore, je les connais et j’ai hâte d’écrire la suite, mais je les aime parce qu’ils sont imparfaits et réalistes. On fait tous des erreurs. On dit tous des choses maladroites.

    On a des contradictions.

    On a des comportements parfois un peu honteux et on se tape dessus. Mes personnages sont en construction et parfois fragiles. Ils ont des connaissances différentes et des angles morts différents.
    Qu’est-ce qui t’a poussée à d’abord écrire un roman jeunesse?

    Marilyse Hamelin : Très honnêtement… parce que j’avais la fausse conception que c’était plus simple à écrire! C’est honteux à dire. Tant qu’à faire ça simple, j’ai fini par écrire un roman chorale avec des jeunes de la diversité sexuelle et de genres, en plus de cultures que je ne maîtrisais pas parfaitement d’emblée. J’ai travaillé fort!
     
    INFOS | Le mèche courte, de Maryse Hamelin. Éditions Québec Amérique, 2026, 300 pages.

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