Dimanche, 26 avril 2026
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    Des militants LGBTQ+ pressent le roi Charles III de reconnaître l’héritage colonial des lois anti-homosexualité

    À l’occasion du Commonwealth Day, qui sera célébré lundi 9 mars à Londres, des militants des droits LGBTQ+ prévoient manifester devant l’abbaye de Westminster pour demander au roi Charles III de reconnaître le rôle historique de l’Empire britannique dans la diffusion de lois criminalisant l’homosexualité dans plusieurs anciennes colonies.

    L’action est organisée par la Peter Tatchell Foundation, une organisation britannique de défense des droits humains bien connue dans les milieux LGBTQ+. La manifestation doit se dérouler à partir de 15 h, au moment où se tiendra la cérémonie officielle du Commonwealth à l’abbaye de Westminster.

    Selon les organisateurs, une cinquantaine d’activistes — dont des défenseurs des droits humains venus d’Ouganda, du Bangladesh et d’autres pays membres du Commonwealth — participeront à la mobilisation. Leur objectif : rappeler qu’au moins 29 pays du Commonwealth criminalisent encore les relations entre personnes de même sexe, dans la plupart des cas en vertu de lois héritées de la période coloniale britannique.

    Après la manifestation, les militants prévoient marcher jusqu’au palais de Buckingham pour remettre une lettre officielle au roi Charles III. Dans ce document, ils demanderont au souverain — également chef symbolique du Commonwealth — de présenter des excuses pour le rôle historique de la Grande-Bretagne dans l’exportation de ces lois et de reconnaître les conséquences qu’elles continuent d’avoir aujourd’hui.

    Un héritage colonial toujours présent
    Pour Peter Tatchell, directeur de la fondation qui porte son nom et figure historique du militantisme LGBTQ+ au Royaume-Uni, la responsabilité historique de la Grande-Bretagne est indéniable. « La criminalisation des personnes LGBTQ+ dans une grande partie du Commonwealth a été imposée pendant la domination coloniale britannique, au nom des monarques successifs », affirme-t-il.

    Selon lui, les lois anti-homosexualité encore en vigueur dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes et du Pacifique proviennent directement de codes pénaux adoptés à Londres et imposés dans les colonies.

    Tatchell estime qu’un geste symbolique du roi ne constituerait pas une ingérence politique dans les affaires des États souverains. « Des excuses reconnaîtraient simplement une vérité historique et seraient cohérentes avec les principes de droits humains inscrits dans la Charte du Commonwealth. La décriminalisation n’est pas une ingérence occidentale — c’est la criminalisation qui l’a été », soutient-il.

    « Ces lois ne sont pas africaines »
    Parmi les militants attendus à la manifestation figure Abbey Kiwanuka, activiste ougandais de l’organisation Out and Proud African LGBTI. Pour lui, rappeler l’origine coloniale de ces lois est essentiel dans les luttes actuelles pour les droits LGBTQ+. « En Ouganda et ailleurs, des politiciens prétendent que les lois anti-homosexualité protègent les “valeurs africaines”. Mais ces lois ont été introduites par les autorités coloniales britanniques. Elles ne sont pas des traditions locales : ce sont des exportations coloniales », affirme-t-il.

    Selon Kiwanuka, une reconnaissance officielle de cette histoire par le chef du Commonwealth pourrait renforcer le travail des militants locaux qui tentent de faire abroger ces lois. « Une excuse offrirait de l’espoir aux personnes LGBTQ+ qui vivent encore sous la menace de la prison, de la violence ou de la discrimination », dit-il.

    Une question toujours d’actualité
    Les organisateurs de la manifestation rappellent que, malgré les avancées des dernières décennies dans plusieurs pays occidentaux, les relations entre personnes de même sexe demeurent criminalisées dans plus de 60 pays dans le monde.

    Dans de nombreux cas, ces lois remontent directement aux codes pénaux coloniaux britanniques du XIXe siècle, notamment à la célèbre section 377, introduite à l’époque dans plusieurs territoires de l’Empire.

    La Peter Tatchell Foundation souhaite profiter du Commonwealth Day pour rappeler aux États membres les engagements inscrits dans la Charte du Commonwealth, qui affirme les principes d’égalité, de dignité et de respect des droits humains.

    Pour les militants qui se rassembleront lundi à Londres, reconnaître l’origine coloniale de ces lois serait une première étape symbolique — mais importante — pour soutenir les mouvements LGBTQ+ qui continuent de lutter pour la décriminalisation dans plusieurs pays du Commonwealth.

    Car, plus d’un demi-siècle après la fin de l’Empire britannique, les traces juridiques de cette période continuent encore d’affecter la vie de millions de personnes LGBTQ+ à travers le monde.

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