Vendredi, 24 avril 2026
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    Bruno Laprade

    Militant multi-causes : jeunesse + international

    Te considères-tu comme militant ou simplement comme quelqu’un qui agit pour sa communauté?
    Bruno Laprade : En arrivant à Montréal pour mes études, je suis allé à Jeunesse Lambda pour élargir mon cercle social. Quand l’organisme a dû être relocalisé parce que l’immeuble était en mauvais état, je ne voulais pas perdre ce lieu essentiel pour moi. C’est là que je dirais que mon engagement a réellement commencé.

    Quel moment de ton parcours t’a le plus marqué?
    Bruno Laprade : En 2009, mon implication dans l’organisation de la Radical Queer Semaine (aujourd’hui Brûlances) a été déterminante. Cette semaine de rencontres, de conférences, de fêtes et de performances artistiques a profondément contribué à ma politisation et à ma compréhension des enjeux sociaux. J’ai aussi eu la chance d’être accompagné par différents mentors lors des travaux entourant le premier plan d’action de lutte contre l’homophobie.

    Le militantisme queer d’aujourd’hui est-il différent de celui d’il y a 10 ou 20 ans?
    Bruno Laprade : Pas fondamentalement. Chaque génération a l’impression de porter de nouveaux discours — moi le premier. Ce qui a changé, c’est le contexte : la montée rapide du fascisme et des attaques anti-genre. À l’international comme au Québec, des politiciens anti-LGBTQ instrumentalisent nos réalités pour créer des paniques morales. Il y a 20 ans, quand je disais me faire attaquer dans la rue à cause de mes cheveux roses, on me répondait que Montréal était une ville tolérante. Aujourd’hui, ces violences sont davantage reconnues et relayées dans les médias.

    Qu’est-ce qui te donne espoir chez les nouvelles générations queer?
    Bruno Laprade : On me disait récemment que les avancées et les reculs sociaux sont
    cycliques. Nous traversons peut-être une période plus sombre, mais nous pouvons nous inspirer des luttes passées. Ce qui me donne espoir, c’est que la nouvelle génération continue de s’organiser, de créer et de bâtir des alliances larges face aux mouvements d’extrême droite qui affectent la qualité de vie de toustes.

    À quoi ressemble ton engagement aujourd’hui?
    Bruno Laprade : Ces dernières années, j’ai organisé trois conférences internationales sur les droits LGBTQ. Je continue aussi d’animer des marches exploratoires du Village, que je propose depuis plus de 20 ans. Actuellement, je siège sur les comités d’organisation de deux concours communautaires, je coorganise une soirée de shibari et j’ai rejoint le conseil d’administration des drags patronnesses. Je travaille également sur un projet d’archivage de l’affichage urbain dans le Village et je m’intéresse aux enjeux législatifs liés aux backrooms.

    Pourquoi faut-il encore s’engager aujourd’hui?
    Bruno Laprade : Parce qu’on n’a pas le choix. S’engager, c’est créer du lien, apprivoiser le monde et le rendre habitable. Et surtout, c’est à la portée de toustes.

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