Samedi, 31 juillet 2021
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    Bilan de Fierté Montréal Pride 2014 : Au fil des événements et la Journée communautaire

    Oui ! Je sais, c’est facile. Mais admettez que ce fut, malgré une météo quelque peu… hystérique, voire maniaco-dépressive, une fort belle édition avec des conférences bien achalandées, des événements en salle très courus et des shows en plein air qui ont su trouver et toucher leur public entre deux gouttes d’eau.

    Pour le titre, j’aurais pu faire un jeu de mots à partir du film de François Ozon, Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, tant la pluie n’a pas refroidi les ardeurs de nos communautés. C’est dans le même esprit que j’ai pu apprécier et consommer sans modération les divers moments de l’excellente programmation 2014 de la Fierté de Montréal. Carnets de route d’un « show »-phage…

    Les conférences ont ouvert le bal, accueillant chacune entre 40 et 50 personnes sur des sujets aussi difficiles que les mutations comportementales face au VIH-Sida, l’expression de genre, la place des personnes trans dans les défilés de la Fierté, l’importance du tissu social de la communauté LGBT, l’identité de genre, les droits des couples de même sexe,
    la bisexualité, etc.

    La participation du public rend ces soirées passionnantes, parce qu’elle y apporte au-delà des analyses détaillées des conférenciers, des témoignages vécus empreints d’émotion, d’humour souvent, initiant ainsi une grande ouverture d’esprit dans l’assistance.

    Avec au moins une quarantaine personnes chaque soir, la Fierté Littéraire a fait le plein et, d’année en année, accroît son « lectorat auditif ». Humour, rêverie, poésie, chaleur humaine, échanges et créativité dans tous les genres de la communauté LGBT, comme cette passionnante soirée sur la littérature transgenre concoctée par Mathieu-Joël Gervais. « En espérant qu’on n’oubliera pas de réserver la cinémathèque en 2015… », commente Denis-Martin Chabot qui remercie le Cabaret Mado pour les avoir accueilli, au pied levé ce soir-là. Comme un Prévert des temps modernes, avec des textes bien songés, Jean-Paul Daoust a émaillé ces belles soirées de son humour poétique, notamment lors de l’Emmental expiré (un titre inspiré d’un calembour de Zilon autour du mot « expérimental ») préparé par Simon DuPlessis. On a pu y découvrir des démarches textuelles vraiment originales comme le slam déjanté — pardon, explosif — de Jean-Sébastien Bérubé, le monde aérien d’Éric Roger, celui plus imaginaire d’Anne-Marie Gélinas, la poésie chantonnante de Marie-Marine Lévesque (la fille de Raymond) et bien d’autres. Et les anglophones aussi, et tout aussi nombreux, se sont risqués au verbe créatif avec une soirée littéraire pensée par Christopher DiRaddo et Daniel Baylis dans un nouveau lieu plutôt gai à découvrir, Notre-Dame des Quilles (32 Beaubien Est).

    Dream Académie et Illusion, coordonnées respectivement par Dream et Michel Dorion, ont démontré pendant deux soirs l’extraordinaire créativité de la scène dragqueen de Montréal, en passe de devenir une référence artistique avec, trop souvent, des moyens plus que restreints quand ce ne sont pas des bouts de ficelle. Bravo… messieurs-dames ! Ces personnificateurs sont des performeurs, de talent et de haute tenue, qui vont plus loin que l’imitation et nous entraînent à partir d’une simple évocation dans un espace musical différent, riche et… étoilé !

    La communauté trans a montré sa visibilité lors de cette édition 2014. et c’est tant mieux ! Conférences, littérature, spectacle Trans’Évolution chez Mado, [email protected] au Cocktail, etc., l’ATQ (Aide aux Transsexuels et transsexuelles du Québec) a fait feu de tout bois pour qu’on en parle… et qu’on leur parle ! Une communauté chaleureuse et profondément humaine que les gais et lesbiennes sont invité(e)s à découvrir et avec qui désormais compter. Enfin, tous les convives du Gala des 10 ans d’Arc-en-Ciel d’Afrique (ils étaient plus de 130) ont dit la grande qualité de la soirée, des artistes qui la ponctuait et des personnalités honorées ce soir-là.

    Kent Nagano a célébré la fierté à sa manière en dirigeant la recréation en version concert de A Quiet Place, un opéra de Léonard Bernstein à la Maison symphonique de Montréal. Une musique contemporaine plus cérébrale que mélodique et des voix hors-pair auront comblé les oreilles d’un public ciblé, mais conséquent, dans cette salle splendide de la Place des Arts.

    Présenté par Jean-Sébastien Lavoie, Héros & Divas a montré une fois de plus le talent des artistes gais et friendly aux courageux qui, accompagnés d’un parapluie et plus nombreux qu’espérés à cause de la météo, sont venus sur la place Émilie-Gamelin les applaudir chaque soir. Ils méritent les applaudissements que le public a offert sans retenue ont offerts sans limite aux artistes chaque soir. Et pour finir, nous enverrons un message de profonde amitié pour Marleen Ménard et ses invité(e)s dont la maudite pluie nous a privés. Une revanche à prendre sur la météo en 2015, Marleen, et nous serons présents en grand nombre. C’est un « deal » et un rendez-vous !

    Quelques photos d’autres événements de Fierté Montréal Pride 2014 :

    La Journée communautaire dans le Village

    Les 140 groupes et corporations n’ont pas boudé la Journée communautaire malgré la pluie qui s’est invitée l’après-midi et une partie de la soirée, lors du spectacle de Michel Dorion qui clôturait la journée au parc Émilie-Gamelin. Cela n’a pas découragé la foule de se déplacer et d’arpenter dans un sens comme de l’autre le Village s’arrêtant devant les kiosques, partageant un bout de parapluie pour discuter avec les bénévoles d’organismes. Il en fallait plus pour que la journée soit à l’eau.

    De l’avis même des organismes LGBT, la Journée communautaire est une immense carte d’affaires qui permet de faire découvrir leur organisme, leurs activités et leurs missions. Et puis, c’est l’occasion de se croiser et de partager avec d’autres organismes venus de régions ou d’autres provinces. Cette année tous les espaces de la rue avaient été réservés.

    L’avenue de la santé réunissait entre les rues Saint-Hubert et Amherst les organismes qui privilégient le bien-être des minorités sexuelles. Bien entendu les associations sportives, récréatives et culturelles avaient droit à une très bonne visibilité et même à des espaces pour montrer leur savoir-faire, une animation des plus sympathiques pour la rue. Parmi les organismes qui ne sont pas dédiés uniquement aux personnes LGBT, on retrouvait les partis politiques, le Nouveau parti démocratique (NPD), le parti libéral du Canada (PLC) et Québec solidaire (QC), ainsi que les plus importantes formations syndicales. Plus inusitée dans ce genre d’événements, des représentants d’Églises ou de groupes d’obédience religieuse comme le mouvement raëlien. Inusité encore, un kiosque du Consulat des États-Unis (après tout, plusieurs États ont adopté des lois favorisant le mariage des conjoints de même sexe ou sont en voie de le faire prochainement). Sans oublier une tente réservée pour ceux qui sont en faveur de la légalisation du cannabis.

    Du côté des grandes corporations, la banque TD avait une place de choix comme commanditaire de Fierté Montréal, tout comme certaines compagnies pharmaceutiques ou les condoms Trojan. Cela dit, il faut souligner que cette présence commerciale n’a pas fait d’ombre aux organismes communautaires qui sont toujours à l’honneur et se voient ainsi soutenus par de grandes entreprises qui ont, depuis longtemps, instauré des politiques inclusives et non discriminatoires aussi bien en faveur de leurs employés que de leurs clients. Un exemple que suivent de plus en plus de grandes entreprises et qui participent activement à une meilleure intégration sociale des minorités sexuelles. Alors qu’une météo peu clémente aurait pu faire craindre une désaffection du public, ce dernier ne s’est pas laissé décourager par les ondées fraîches…

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