Dimanche, 17 octobre 2021
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    Accolades et quiproquos ou quand la gigue se fait contemporaine

    Pour les chorégraphes-interprètes, Philippe Meunier et Ian Yaworski, le confinement lié à la pandémie est arrivé au moment où les deux artistes avaient décidé de se lancer dans une nouvelle création. En fait, ils avaient donc le temps de travailler sur leur projet. Mais le projet est enfin arrivé à maturité, a été adapté aux consignes sanitaires dans sa réalisation et est maintenant prêt à être diffusé… virtuellement comme il est de mise aujourd’hui.

    Philippe Meunier et Ian Yaworski pratiquent la gigue contemporaine. Et pour certain.e.s, c’est une danse encore méconnue ou trop attachée encore au folklore. Pourtant, depuis plusieurs années, nombreux sont les chorégraphes qui ont la gigue comme formation de danseurs ont su ouvrir d’autres avenues à cette danse.

    Tangente | Accolades et quiproquos – Philippe Meunier Ian Yaworski – photo Vitor Munhoz

    «Quand Ian et moi nous nous sommes rencontrés, nous en étions au même point dans notre réflexion d’aller plus loin dans la création et dans la recherche d’une expression qui nous correspondait le mieux», avance Philippe, «En fait comment faire naitre et rendre les émotions, comment raconter où les émotions ne passeraient plus seulement par le visage», ajoute Ian.

    De plus, les deux chorégraphes ne voulaient pas simplement retransposer sur scène une oeuvre créée et répétée, comme un copié-collé exposé au public, ils souhaitaient que le processus de recherche, de tâtonnements, soit aussi présent pour rendre aussi tout ce qui habite les danseurs pendant cette longue phase de travail. «En fait comment faire le transfert entre le processus de création et le spectacle, explique Philippe, et ainsi nous mettre en danger, en gardant une forme d’improvisation qui nous demande d’être totalement à fleur de peau en état de vigilance pour anticiper ce que l’autre va faire, pour réagir, ou pour influencer l’autre. Nous devons rester constamment malléable pour rester en relation avec l’autre». Retrouver en somme une fraîcheur et un naturel spontané faisant écho aux sessions d’exploration lors des répétions. «On s’appuie toujours sur une base qui ne change pas mais qui nous laisse aussi une grande partie de liberté qui nous laisse maître de nos propres choix», continue Ian.

    Mais pour arriver à ce degré de communion au point de deviner l’autre dans un mouvement esquissé, il faut une grande connivence et une grande confiance entre les deux danseurs. Certes, en plus d’être en couple sur scène, Philippe Meunier et Ian Yaworski sont en couple dans la vie, et l’on pourrait croire alors que cette complicité que l’on ressent à les regarder danser ensemble était gagnée d’avance. Pas tout à fait.

    «Pendant le processus de création, il y a toujours des tensions qui naissent, nous n’étions pas toujours sur la même ligne, témoigne Philippe, comme il y avait des moments magiques qui se produisaient, comme il y avait des jours où l’on avait l’impression qu’on n’avançait pas, et le lendemain, tout coulait mieux, ce qui nous adonné l’idée du titre de la pièce Accolades et quiproquos».

    Le moins anxieux du couple est Ian qui cette grande capacité à dédramatiser. «Très vite, on s’est rendu compte que nous devions améliorer notre façon de communiquer pour éviter des prises de tête et de rester concentrer vers notre objectif, glisse Ian dans la conversation, d’autant plus que nous voulions aussi exposer notre complicité, comment nous fonctionnons entre nous, un défi supplémentaire pour l’un et pour l’autre, pour notre couple».

    Et bien qu’ils soient en couple depuis une dizaine d’années, l’exercice leur a permis d’en apprendre plus sur l’autre et pour le mieux. Pour Ian, il a vu Philippe enfin se laisser aller dans l’expressivité, «Philippe m’a surpris, il s’est permis de se mettre en danger, de lâcher prise, c’était tout à fait nouveau pour moi». Tout à fait nouveau aussi pour Philippe qui confirme les propos de Ian.

    «Ça été une étape importante pour moi qui m’a rapproché des autres, de celles et ceux qui nous entourent. Je sais que je se suis plus soucieux et plus respectueux des autres et je pense aussi que c’est grâce à Ian dont je connaissais la grande générosité mais dont j’ai découvert que son étendue était encore plus grande que je le pensais».

    Tous ces errements, ces éloignements, ces rapprochements à travers la gigue, c’est ce que les deux chorégraphes veulent faire ressentir… à la caméra puisque qu’Accolades et quiproquos ne sera disponible sur la toile que pendant quelques jours à la mi-mars. 


    INFOS | ACCOLADES ET QUIPROQUOS
    DE ET AVEC PHILIPPE MEUNIER ET IAN YAWORSKI
    WEBDIFFUSION DU 13 AU 21 MARS
    tangentedanse.ca/evenement/philippe-meunier-ian-yaworski/

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