Dimanche, 19 mai 2024
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    Poker Face

    Si vous raffolez des intrigues policières à la Knives Out (À couteaux tirés) ou Glass Onion, Rian Johnson, le scénariste et réalisateur de ces deux opus, propose une toute nouvelle série qui risque fort de vous contenter. En effet, Poker Face renoue avec la grande tradition de Colombo avec un récit qui ne s’oriente pas vers le « qui l’a fait » (whodunnit), mais bien plutôt sur « comment le prouver » (howcatchem).

    Produit par Rian Johnson, qui réalise également certains épisodes, la série met en scène la fantastique Nathasha Lyonne (Russian Doll ou, en français, Les poupées russes), dans le rôle de Charlie Cale, une employée de casino qui a la particularité d’être un détecteur de mensonges vivant. Elle ne connait pas la nature exacte du mensonge, mais peut simplement déterminer si quelqu’un lui raconte ou non des bobards. Un pouvoir qui peut sembler fantastique, mais que Charlie voit plutôt comme une malédiction puisqu’elle se retrouve inondée de signaux de mensonges, sans pouvoir démêler les grands des petits. Difficile également de ne pas s’émouvoir devant de tragiques vérités qui lui sont parfois assénées au détour d’une confidence (« I have no one in my life »). C’est à la suite du meurtre d’une collègue qu’elle se voit forcée de fuir à travers les États-Unis afin d’échapper à son ancien patron qui a mis sa tête à prix. Chaque épisode débute par un premier segment, où l’on assiste au meurtre et au contexte qui y mène. La chronologie est ensuite remontée et on réalise alors que Charlie était présente sur place depuis le début. Des changements de perspectives sur une même scène sont ainsi apportés et l’on suit la jeune femme alors qu’elle collige des indices, en apparence insignifiants, qui lui permettent éventuellement de démasquer le modus operandi derrière le meurtre. Certains épisodes se distinguent par la maestria avec laquelle le meurtre est exécuté. C’est le cas de l’épisode 3 (The Stall), où l’on ne peut que se demander comment il sera possible de prouver la culpabilité : la démonstration subséquente n’en demeure bien évidemment que plus impressionnante. Malgré quelques moments plus faibles (la conclusion de l’épisode 5), la série se distingue par des scénarios extrêmement bien ficelés et une galerie d’acteurs quatre étoiles.

    C’est notamment le cas de Chloë Sevigny, dans le rôle d’une chanteuse de heavy métal déchue, d’Ellen Barkin et de Tim Meadows dans le rôle d’anciennes covedettes qui se détestent copieusement, mais également de Clea DuVall, Cherry Jones, Joseph Gordon-Levitt, Nick Nolte, Rowan Blanchard et plusieurs autres. Chaque épisode regorge de performances impressionnantes qui nous font pénétrer dans les aspects les plus noirs de l’âme humaine. Certains crimes sont le fruit de circonstances hasardeuses, alors que d’autres sont méticuleusement planifiés. Chaque fois, une question lancinante habite le visionnement : mais comment Charlie pourra-t-elle démasquer le coupable ? Bien souvent, au détour d’un petit mensonge !

    INFOS | La série Poker Face est diffusée en anglais sur CityTV, via Prime TV.

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