Lundi, 27 mai 2024
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    La Nef de Cédric Delorme-Bouchard à Usine C : Embarquement immédiat

    Sur scène, quatre pianos. Au centre un monolithe noir sur lesquels 8 interprètes livreront leur partition. Autour le public installé comme dans une arène, le tout sur la musique d’Olivier Messiaen. La nef est prête. Un voyage aux confins de la transcendance face aux limites de nos existences. Cédric Delorme-Bouchard, artiste en résidence à l’Usine C, en collaboration avec la compagnie BOP (Ballet-Opéra-Pantomime), nous convie à partager avec lui un moment privilégié où se rencontrent et se marient, la musique, la danse, le théâtre, la lumière et le son, indissociables les uns des autres selon l’artiste, indissociables dans son processus de création. 

    Cédric Delorme-Bouchard multiplie les casquettes, concepteur-lumière, scénographe, metteur en scène, directeur artistique. Tous ces rôles lui ont permis de collaborer ici comme ailleurs à de grandes productions, mais il n’a jamais non plus abandonné ses propres créations, comme Lamelles (2018) puis Intérieur (2022) présentées à l’Usine C, La nef étant le troisième volet de ce Cédric Delorme-Bouchard nomme un triptyque. 

    Il y a donc une continuité entre ces trois œuvres ?
    Cédric-Delorme Bouchard. Bien sûr, je dirais que Messiaen avec sa musique, et les mots de Maeterlinck dans Intérieur,on retrouve les mêmes thématiques, les mêmes questionnements que j’explore avec des médiums différents Avec La nef, ce se sont plus les mots, mais la musique et le corps et je pense que les spectateurs et spectatrices qui ont vu les deux précédentes créations s’y retrouveront. Mais l’utilisation de l’espace, de la lumière, de la danse, de la musique, du texte, participe d’une seule et même démarche pour moi. Les questionnements que l’on retrouve aussi bien chez Olivier Messiaen que chez Francis Maeterlinck sont un peu aussi les miens et qui touchent au sacré et à la transcendance, mais pas dans le sens religieux, mais vers quelque chose qui nous élève. 

    Pour La nef, tu as conçu la scène et la salle de façon particulière ?
    Oui, j’ai apporté beaucoup d’attention à la salle pour qu’on se retrouve dans quelque chose de clos et de circulaire donc d’arriver avec un dispositif de scénographie. Les gradins ont été réorganisés autour des quatre pianistes car c’est autour de ce noyau que se compose tout le reste. La musique va pouvoir ainsi voyager dans tout l’espace.

    En fait, j’ai porté beaucoup d’attention aux conditions dans lesquelles on va écouter cette musique. J’ai tenu à m’assurer de la distance qu’il y aura entre le public et les pianistes pour qu’il soit dans les meilleures conditions possibles d’écoute. Je pense toujours aux spectateurs et spectatrices quand je crée. On crée un moment hors du temps, hors de la vie de tous les jours. On s’arrête pour une courte période, il va se passer quelque chose et on va le vivre ensemble.

    Dans mon travail, j’aime penser aux spectateurs et spectatrices, que l’on fasse attention à ce qu’ils et elles vont ressentir. En fait, qu’il et elles se sentent invitées pour vivre une expérience, avec La nef, une expérience musicale et sensorielle avec le travail sur la lumière, que cette nef devienne en soi une cathédrale.

    C’est important pour moi de créer les conditions parfaites pour que cette petite heure que l’on passe ensemble soit la plus intense possible. D’autant que je choisis des œuvres ardues, ou abstraites, donc accessibles plus difficilement, et donc il est important de s’assurer de créer pour les spectateurs et les spectatrices, un chemin cohérent pour l’accompagner dans ce voyage sensoriel qui devrait nous conduire au plus profond de la nuit noire, avant de remonter vers la lumière.

    Avec Intérieur, tu partais d’un texte de Francis Maeterlinck, avec La Nef, tu pars de la musique d’Olivier Messiaen, quel est le lien pour toi entre ces deux créateurs. 
    Les deux pour moi ont le même questionnement. Ils étaient tous les deux mystiques, c’est le même univers qu’ils explorent, l’un avec les mots, l’autre avec la musique, celui de de l’invisible, du sacré, de la transcendance, de tout ce qui nous dépasse en fait. Je suis dans la continuité après Lamelles, puis Intérieur, la différence c’est que je pars de la musique pour La Nef.

    La musique est le centre de gravité, le noyau à partir duquel je greffe les éléments, la danse, les éclairages, le dispositif scénique pour que la musique prenne forme dans l’espace, donc de transformer la salle comme un réceptacle dans lesquels on retrouve les 4 pianos, et créer les meilleures conditions pour écouter cette musique. Ce n’est pas seulement écouter de la musique mais à partir de la musique d’arriver à vivre une expérience sensorielle. 

    INFOS | Cédric Delorme-Bouchard + BOP, Danse+Musique+Théâtre 
    Les 12 et 13 mai 2023 à 20h et les 16 et 17 mai 2023 à 19h
    usine-c.com

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