Morte des suites du sida, en 1994, et trop longtemps confinée à l’obscurité, l’œuvre de Josée Yvon connaît une renaissance remarquable depuis six ans, alors même que Les Herbes rouges en ont amorcé la réédition. Cette entreprise de réappropriation a conduit à la publication d’un recueil d’essais qui permet de mieux la scruter et l’apprécier.
Roxanne Desjardins, l’éditrice intellectuelle du recueil, qualifie l’autrice de « fée mal tournée […] une violence indomptable […] solidaire des personnes queers et trans, des femmes, de toutes les femmes, des travailleuses du sexe, des personnes brisées, des survivant.e.s de la violence misogyne. » Jonathan Lamy, directeur du collectif, renchérit en arguant qu’elle « était queer avant qu’on utilise le mot “queer” ».
On y retrouve évidemment des textes de nature biographique (Carole David, France Vézina, Rémi Ferland), mais également plusieurs analyses littéraires : une étude comparative entre sa production et celle de Sylvia Plath (SP Labelle et Véronique Cyr), des analyses queers (« Travesties et kamikazes : les corps féminins violés, mais résistants », par Paula Ruth Gilbert), ainsi que l’importance de Montréal dans son œuvre (Ceri Morgan).
Sont également abordés son parcours poétique (Hugues Corriveau, Martine Delvaux) et théâtral (Jonathan Lamy), de même que des textes hommages comme « Josée sœur psychoqueer » (Mélanie Landreville), ainsi que la publication de sa correspondance avec l’auteur et éditeur Rémi Ferland.
Ce collectif d’essais est l’occasion de découvrir une autrice qui a eu un impact déterminant sur une littérature radicale et engagée, que ce soit par l’intermédiaire de sa production formelle ou au détour d’un graffiti laissé dans les toilettes du Bistro de Paris : « Mon amour je ne guérirai jamais / si tu me fourres dans ma blessure ».
INFOS | Josée Yvon — Essai / Roxane Desjardins, éd., Jonathan Lamy, dir. et al. Montréal : Les Herbes rouges, 2025, 237 p.








