Jeudi, 22 janvier 2026
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    « Virgin » : Lorde signe un retour acclamé en explorant l’identité de genre et les troubles alimentaires

    Lorde est de retour, et jamais elle ne s’est livrée avec autant de vulnérabilité. Son nouvel album, Virgin, lancé vendredi 27 juin, a été accueilli par une pluie de critiques élogieuses.

    Dès la première pièce, « Hammer », la chanteuse néo-zélandaise de 28 ans — de son vrai nom Ella Marija Lani Yelich-O’Connor — donne le ton : « Que ça me détruise jusqu’à ce que je ne sois plus qu’une épave, qu’une voix qui vit dans ta tête. »

    Un aveu cru, presque brutal, qui nous plonge dans un univers plus sombre, plus frontal que celui de Solar Power (2021), son disque précédent. Alors que Solar Power rejetait la superficialité du star-système pour s’abandonner à la méditation, au soleil et aux cristaux — non sans une angoisse sous-jacente —, Virgin revient à une intensité émotionnelle proche de celle de Melodrama (2017).

    Sur Hammer, Lorde assume son désarroi : « J’ai peut-être été rebaptisée. Je suis prête à ressentir ce que c’est de ne pas avoir les réponses. »

    L’intime en pleine lumière
    Contrairement à son habitude de disparaître entre les cycles d’albums, Lorde s’expose ici sans filtre. Elle aborde frontalement sa relation avec sa mère, ses peines d’amour, son parcours de genre… et, pour la première fois, ses luttes contre un trouble alimentaire.

    Ce dernier sujet avait déjà été abordé furtivement dans un remix de Charli XCX, Girl, so confusing, où Lorde confiait : « Ces dernières années, j’ai mené une guerre contre mon corps. »

    Mais dans Virgin, ce combat devient central. Sur Broken Glass, neuvième morceau de l’album, elle lâche : « Le mystère est mort / L’an dernier a été horrible. »

    Elle y évoque une obsession des chiffres : « J’ai passé mon été à me perdre dans les maths. Atteindre le poids visé m’a tout pris. »

    Mais malgré la noirceur du propos, la chanson laisse entrevoir une résilience : « J’ai envie de frapper le miroir pour lui faire comprendre que ça ne durera pas. »

    Et de conclure, presque en espoir : « Et si ce n’était que du verre brisé ? »

    Un album sur l’identité en pleine mutation
    Lorde décrit Virgin comme un album de « renaissance » sans échappatoire :

    « J’ai essayé de créer un document qui reflète ma féminité : brute, instinctive, innocente, élégante, ouverte, spirituelle, masculine. »

    L’exploration de l’identité de genre y est omniprésente. Avant la sortie, elle confiait à Rolling Stone se sentir au cœur d’un élargissement de son genre : « Je suis une femme, sauf les jours où je suis un homme. »

    Ce thème s’infiltre dès Hammer : « Certains jours, je suis une femme, certains jours, je suis un homme », chante-t-elle avec détachement.

    Dans Man of the Year, quatrième piste et deuxième extrait officiel, elle raconte une mue identitaire où elle laisse tomber la honte pour se rapprocher de son vrai moi : « J’ai pris mon couteau et j’ai coupé le cordon / Mon amour n’en revient pas : je suis devenue quelqu’un d’autre / Quelqu’un de plus proche de moi. »

    Le vidéoclip frappe fort : on y voit Lorde enlever son haut et bander sa poitrine, une image rappelant son look « binder » au dernier Met Gala, signé Thom Browne.

    Une renaissance artistique saluée
    La critique salue unanimement ce retour en force. Dans une critique 4,5 étoiles sur 5 pour Rolling StoneMay Georgidécrit Virgin comme « l’album le plus introspectif de Lorde à ce jour », ajoutant que la chanteuse « embrasse le chaos de la réinvention » et apprend à « être en paix avec l’incertitude de la solitude ».

    Alex Rigotti, pour NME (4 étoiles), y voit une « combinaison vibrante de tout ce que Lorde fait de mieux, et plus encore », soulignant que l’album marie le tourbillon émotionnel de Melodrama, le minimalisme glaçant de Pure Heroine et la liberté aérienne de Solar Power.

    Dans une analyse piste par piste pour ELLEErica Gonzales et Samuel Maude estiment que Virgin pourrait bien décrocher le titre d’album de l’année. Selon eux, après le « BRAT Summer » de 2024, Virgin nous accompagne à travers nos « partys en sueur, road trips et amourettes », mais va bien au-delà :

    « Ce n’est pas tant la bande-son de l’été : comme toute la musique de Lorde, Virgin est la bande-son du passage à l’âge adulte. »

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