Lundi, 9 février 2026
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    Les États-Unis sapent les droits LGBTQ+ et les droits humains à l’échelle mondiale

    Les États-Unis contribueraient activement à l’affaiblissement des droits LGBTQ+ et des droits humains à travers le monde, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch (HRW), qui dresse un portrait alarmant de la situation sous la seconde administration Trump, marquée par un « mépris flagrant des droits humains et des violations graves ».

    Intitulé World Report 2026, le rapport annuel de l’organisation analyse l’état des droits humains dans de nombreux pays, en se concentrant sur les événements majeurs survenus en 2025. Dès l’introduction, le directeur exécutif de Human Rights Watch, Philippe Bolopion, sonne l’alarme.

    « Le système mondial de protection des droits humains est en péril », écrit-il. « Sous la pression constante du président américain Donald Trump, et alors qu’il est continuellement sapé par la Chine et la Russie, l’ordre international fondé sur des règles est en train de s’effondrer, emportant avec lui l’architecture sur laquelle les défenseurs des droits humains s’appuyaient pour faire progresser les normes et protéger les libertés. »

    Pour contrer cette tendance, Bolopion appelle les gouvernements qui accordent encore de l’importance aux droits humains, ainsi que les mouvements sociaux, la société civile et les institutions internationales, à former une alliance stratégique afin de résister à cette érosion.

    Selon lui, l’année 2025 « pourrait être perçue comme un point de bascule » pour les droits humains à l’échelle mondiale. « En seulement douze mois, la seconde administration Trump a mené une attaque généralisée contre des piliers essentiels de la démocratie américaine et de l’ordre international fondé sur des règles, que les États-Unis — malgré leurs incohérences — avaient contribué à bâtir avec d’autres pays », écrit-il.

    Le rapport dresse une liste particulièrement lourde de reculs : remise en question de l’intégrité des élections, affaiblissement des mécanismes de reddition de comptes, démantèlement des programmes d’aide alimentaire et de subventions en santé, attaques contre l’indépendance judiciaire, non-respect d’ordonnances des tribunaux, recul des droits des femmes et entraves à l’accès à l’avortement, affaiblissement des recours contre les discriminations raciales, suppression de programmes garantissant l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap, répression de la liberté d’expression, retrait de protections pour les personnes trans et intersexes, atteintes à la vie privée et instrumentalisation du pouvoir gouvernemental pour intimider les adversaires politiques, les médias, les cabinets d’avocats, les universités, la société civile — et même des humoristes.

    Philippe Bolopion souligne également que l’administration Trump a « adopté des politiques et une rhétorique s’alignant sur l’idéologie nationaliste blanche », tout en se retirant de dizaines d’organisations internationales et en supprimant de nombreux programmes d’aide américaine, y compris ceux destinés aux enfants, aux femmes et aux personnes LGBTQ+.

    Dans la section consacrée spécifiquement aux États-Unis, Human Rights Watch affirme que la seconde administration Trump « s’est distinguée dès ses débuts par un mépris flagrant des droits humains et des violations graves », notant des reculs importants en matière d’immigration, de santé, d’environnement, de droits des personnes handicapées, d’égalité des genres et de liberté d’expression.

    Le rapport observe qu’à travers le pays, des responsables politiques à tous les niveaux continuent de cibler les personnes LGBTQ+, avec une intensification notable des attaques contre les communautés trans. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a signé plusieurs décrets visant à restreindre, voire à supprimer, les droits des personnes trans.

    Parmi ces mesures figurent l’affirmation officielle selon laquelle il n’existerait « que deux sexes », l’interdiction du service militaire pour les personnes trans, la restriction de l’accès aux soins d’affirmation de genre pour les jeunes trans de moins de 19 ans, ainsi que l’exclusion des femmes et filles trans des sports féminins.

    Le président américain s’est également attaqué aux programmes de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) au sein du gouvernement fédéral et de l’armée. Cette offensive, amplifiée par les campagnes d’activistes MAGA « anti-woke » comme Robby Starbuck, a déjà poussé plusieurs grandes entreprises américaines — dont Walmart, Target, Ford, Lowe’s, Harley-Davidson et Jack Daniel’s — à abandonner leurs politiques et objectifs en matière de DEI.

    Le rapport souligne par ailleurs l’ampleur des reculs législatifs à l’échelle des États : « Vingt-sept États interdisent désormais les soins d’affirmation de genre médicalement indiqués pour les jeunes, et plusieurs imposent des sanctions pénales aux prestataires de soins. En juin, la Cour suprême a confirmé ces interdictions, qui ont des effets dévastateurs sur la santé et le bien-être des jeunes. Huit États obligent le personnel scolaire à divulguer l’identité de genre des élèves à leurs parents, et vingt États restreignent l’accès aux toilettes pour les élèves trans. Dix-neuf États limitent les discussions en classe sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. »

    Moins de la moitié des États américains interdisent actuellement la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, tandis que le Congrès n’a toujours pas adopté de protections fédérales complètes pour les personnes LGBTQ+ en matière d’éducation, de logement, d’accès aux services publics et de programmes financés par l’État.

    En conclusion, Philippe Bolopion s’interroge : qui défendra les droits humains alors que les États-Unis contribuent eux-mêmes à affaiblir le système mondial censé les protéger?

    « Malgré les discours, de nombreux gouvernements considèrent les droits et l’État de droit comme un obstacle, plutôt que comme un atout, pour la sécurité et la croissance économique », écrit-il. « L’Union européenne, le Canada et l’Australie semblent hésiter, de peur de froisser les États-Unis ou la Chine. Ailleurs, des partis politiques aux tendances illibérales ont déformé le débat public et les politiques nationales, éloignant ces sociétés d’une approche respectueuse des droits. »

    Dans plusieurs régions d’Europe de l’Ouest — notamment au Royaume-Uni, en Allemagne et en France —, ajoute-t-il, une partie de l’électorat accepte volontiers des restrictions aux droits des « autres », qu’il s’agisse des personnes immigrantes, des femmes, des minorités raciales et ethniques, des personnes LGBTQ+ ou d’autres groupes marginalisés. « Mais l’histoire nous l’a montré : les apprentis autocrates ne ’arrêtent jamais aux “autres”. »

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