Le président de la Heritage Foundation, Kevin Roberts, a récemment déclaré vouloir interdire les soins d’affirmation de genre non seulement pour les mineurs, mais aussi pour les adultes. Invité au balado PBD Podcast, Roberts a affirmé que son organisation « analyse actuellement les données » concernant une prétendue corrélation entre chirurgies d’affirmation de genre et actes de violence. « Vous interdisez cela », a-t-il lancé, évoquant cette possibilité comme solution politique.
Il faisait référence à une fusillade survenue récemment au Rhode Island, que la police a décrite comme un acte ciblé de nature domestique. Aucun élément officiel n’a établi de lien entre les soins d’affirmation de genre et cet événement.
Des affirmations contestées par les données
Les données disponibles contredisent l’idée d’un lien entre identité trans et violence de masse. Une analyse du U.S. Secret Service portant sur 172 attaques de masse commises entre 2016 et 2020 révèle que 96 % des auteurs étaient des hommes cisgenres. Sur plus de 4 600 fusillades de masse recensées entre 2014 et 2024, au plus six auraient impliqué des suspects transgenres, soit environ 0,13 % des cas — une proportion inférieure à leur poids démographique estimé à environ 1 % de la population américaine.
Les principales organisations médicales américaines et internationales — dont l’American Medical Association, l’American Psychiatric Association et l’Organisation mondiale de la santé — considèrent les soins d’affirmation de genre comme fondés sur des données probantes et médicalement nécessaires, pour les adultes comme pour les jeunes dans des contextes cliniques encadrés.
Plusieurs études longitudinales indiquent que ces soins contribuent à réduire la dépression et l’anxiété et à améliorer la qualité de vie des personnes trans. Selon des revues systématiques de la littérature scientifique, aucune étude évaluée par les pairs n’a conclu à des effets négatifs globaux de la transition de genre.
Un débat politique élargi
À ce jour, 26 États américains interdisent les soins d’affirmation de genre pour les mineurs, selon le Movement Advancement Project. Dans 11 États, l’accès pour les adultes est déjà restreint par des limitations de couverture publique, notamment via Medicaid.
La Heritage Foundation, groupe de réflexion conservateur influent à Washington, est à l’origine du projet politique « Project 2025 », un plan visant à restructurer l’administration fédérale en cas de retour au pouvoir d’un président républicain. L’organisation revendique une influence significative sur certaines orientations politiques de l’ancien président Donald Trump.
Les déclarations de Kevin Roberts s’inscrivent dans un contexte plus large de débats juridiques et législatifs sur les droits des personnes LGBTQ+ aux États-Unis, où plusieurs États ont adopté ces dernières années des mesures restrictives en matière d’identité de genre et d’éducation.

