Dimanche, 19 avril 2026
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    Skier dans les montagnes Rocheuses

    J’ai voyagé à travers le monde, mais je connais peu mon Canada. Au-delà du Québec, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick, mes pieds n’avaient pas foulé d’autres sols canadiens. Jusqu’à ce que l’appel des montagnes se fasse sentir…

    Ou plutôt, jusqu’à ce que ma bonne amie du secondaire me propose d’aller skier dans les Rocheuses.
    Rapidement, la réalité frappe : malgré un équipement flambant neuf (qui, visiblement, ne me fait plus !), ça fait cinq ans que je n’ai pas skié (et on ne rajeunit pas !). Après plusieurs heures d’essayage de manteaux et de salopettes me rappelant que je n’ai plus 20 ans (avec une vendeuse ultra patiente et sympa), je sors d’Oberson, à Laval, tout équipée et prête à affronter les montagnes… des Laurentides ! Question de se pratiquer un peu… Si ma confiance sur les pentes n’est pas aussi audacieuse qu’à mes débuts, dans ma jeune adolescence, je suis aujourd’hui prête à affronter les Rocheuses !

    Après un vol de cinq heures sur Air Canada, nous atterrissons à Calgary, où il est deux heures plus tôt qu’à Montréal. Étonnamment, le mercure y est beaucoup plus doux et aucune neige dans les rues. On vient faire du ski ici ? Après une soirée chaleureuse avec des amis québécois ayant élu domicile à Calgary — et qui nous prêtent gentiment leur voiture (avec pneus d’hiver !) pour le séjour — nous dormons au Westin, au centre-ville.

    Le lendemain, nous nous dirigeons vers Canmore, où nous avons décidé d’élire domicile au Basecamp Resorts Canmore (excellent rapport qualité-prix) pour une semaine. La route est superbe et, plus nous approchons de Banff, plus apparaissent les joyaux de l’Alberta : les Rocheuses. La vue est à couper le souffle et on est franchement loin des collines des Laurentides !

    Premier arrêt : la Banff Gondola, dans le parc national de Banff. Le prix élevé (74 $) vaut cette impressionnante montée de huit minutes en télécabine jusqu’au sommet de Sulphur Mountain, à 2281 mètres d’altitude.

    On y trouve un musée, le Sky Bistro (la vue spectaculaire vaut clairement le prix d’un mocktail ou d’un
    pinot !), sans oublier les panoramas uniques sur les pics environnants, avec possibilité de randonnée sur le boardwalk jusqu’au Sanson Peak (si chaudement habillé).

    Au terme de la journée, un petit détour par le village de Banff permet de s’imprégner de l’atmosphère chaleureuse qui y règne. Banff Avenue abrite des boutiques souvenirs, des galeries d’art, des musées et une grande variété de restaurants, le tout avec vue sur le mont Cascade. Si j’adore magasiner, rien ne vaut ce sentiment de skier sur la montagne. Près de Banff, les trois principales stations situées dans le parc national (prévoyez le prix d’entrée journalier de 15 $ à 25 $) sont regroupées sous l’appellation SkiBig3 : Banff Sunshine Village, Lake Louise Ski Resort et Mt. Norquay.

    Si nous n’avons pas skié au Mt. Norquay — à première vue plus petit et escarpé que les deux autres, mais le seul à offrir du ski de soirée — nous sommes tout de même allées observer la montagne. À mi-chemin d’une route en serpentin, l’époustouflante vue sur Banff vaut le détour.

    Notre première véritable expérience des Rocheuses fut à Banff Sunshine, à environ 30 minutes de notre appart-hôtel à Canmore. Les billets varient de 179 $ à 189 $ (vous économiserez une cinquantaine de dollars par billet chez Costco). Bien que nous possédions notre propre équipement, nous avons décidé de louer sur place pour éviter de trimballer skis et bottes dans l’avion et payer des frais supplémentaires. Excellente décision : à la location, on ajuste vos bottes et vos skis patiemment selon vos besoins, l’équipement est soigneusement vérifié et loin d’être désuet, le tout pour 70 $. Par souci d’hygiène, nous avions apporté notre propre casque (également disponible à la location).
    Prêtes pour notre première piste, nous empruntons la Sunshine Gondola, qui relie le stationnement au village supérieur en une vingtaine de minutes. Ce trajet panoramique de 4,6 km vous transporte en haute montagne, donnant accès aux aires de restauration et aux remontées mécaniques qui vous mèneront encore plus haut.

    Nous débutons par le chairlift Strawberry Express vers les pistes débutantes et intermédiaires du Mount Standish, pour ensuite atteindre le sommet de Lookout Mountain via le Great Divide Express. Nous avons ainsi skié à 2730 mètres d’altitude, traversé la Colombie-Britannique avant de revenir en Alberta… le tout en un seul trajet !

    À notre arrivée au sommet, la visibilité était presque nulle lors de cette journée enneigée : on voyait à peine à cinq mètres devant nous. Heureusement, la poudreuse ralentissait la descente de cette piste intermédiaire plutôt abrupte. Fous rires, léger essoufflement dû à l’altitude… mais aussi ce qu’on appelle le « mal de ski », trouble de l’équilibre semblable au mal de mer, causé par les mouvements rapides et la perte de repères visuels — les fameux « jours blancs » (whiteout).

    Nos symptômes (vertige, confusion et envie brûlante de questionner ChatGPT) se sont résorbés après la première descente. À noter que lors de notre seconde visite, par journée ensoleillée, nous n’avons pas ressenti cette condition (mais je n’ai pas refait la piste South Divide qui, par ciel dégagé, me paraissait franchement abrupte !).

    Avec ses trois montagnes, ses 140 pistes (dont le célèbre secteur expert hors-piste Delirium Dive), ses 12 remontées mécaniques et ses 1359 hectares skiables, Sunshine en offre pour tous les goûts, peu importe votre niveau. Quant à Lake Louise, à environ une heure de Canmore, la station s’étend sur quatre versants totalisant environ 1700 hectares et plus de 160 pistes desservies par une dizaine de remontées mécaniques. Le chalet principal se trouve au bas de la station, près du stationnement, mais le principe est similaire : prenez la gondole (14 minutes de vue imprenable jusqu’à 2088 mètres) pour rejoindre les télésièges menant aux différents versants. Naïvement, nous avons choisi de monter au « Paradise ». Rien que le télésiège Paradise Triple, avec son dénivelé de 394 mètres sur 1100 mètres de longueur, donne envie de réciter ses dernières volontés. Mais une fois en haut, c’est littéralement le paradis. On est au-dessus des montagnes et, par temps clair, on voit tout. On se sent à la fois minuscule, désorientée, sublimée, émue. J’ai même laissé couler une larme.

    La piste Saddleback n’était pas difficile, mais elle nous a pris une trentaine de minutes à descendre tranquillement, car en fin de journée, sur des pistes damées et glacées, les cuisses deviennent soudain très conscientes de leur existence. C’est d’ailleurs ce qui m’a fait renoncer à la chaise Summit, l’une des remontées les plus élevées, culminant à 2637 mètres au sommet de Whitehorn Mountain.

    Si vous êtes dans la région de Lake Louise, vous devez visiter le lac gelé, qui offre selon les conditions la possibilité de patiner, de faire du ski de fond ou une balade en calèche. Le luxueux Fairmont Banff Springs vaut le détour, ne serait-ce que pour se réchauffer avec un vin chaud ou déguster leur excellent fish and chips (portion généreuse pour le prix), avec une vue digne d’une carte postale.
    Le site historique Cave and Basin vaut aussi le détour : l’entrée est gratuite et on y découvre les sources sulfureuses naturelles autour desquelles a été créé le premier parc national du Canada.
    Autre destination prisée : les Banff Upper Hot Springs, qui offrent une baignade extérieure dans des sources thermales naturelles. Comme elles étaient en rénovation lors de notre passage, nous avons tenté les Radium Hot Springs, à 1 h 50 de Canmore, en Colombie-Britannique. Malheureusement, les conditions routières nous ont forcées à rebrousser chemin.

    Plus tard, en route vers Natural Bridge et Emerald Lake, dans le parc national Yoho, des avalanches contrôlées par Parcs Canada nous ont obligées à patienter près d’une heure sur la Transcanadienne. Sous une lumière laiteuse, les cimes disparaissaient dans le ciel bas qui écrasait les montagnes de la chaîne Selkirk. Puis la route a rouvert, les déneigeuses ont dégagé les tonnes de neige. Impressionnant. Cette portion entre l’Alberta et la Colombie-Britannique est une zone à haut risque d’avalanches en hiver. Certaines villes enclavées près du col Rogers, comme Golden (environ 4000 habitants), dépendent littéralement des caprices de Dame Nature. Morale de l’histoire : pneus quatre saisons obligatoires si vous quittez la ville.

    Enfin, de retour à Calgary pour notre dernière soirée, nous avons fait un détour par Stampede Park, soupé au restaurant JOEY Barlow (large choix de plats régionaux et internationaux), puis rejoint l’hôtel Four Points, près de l’aéroport, avant notre vol du lendemain. Car toute bonne chose a une fin. Cela dit, les montagnes de la Colombie-Britannique nous appellent déjà… ou, pourquoi pas, les Alpes ?

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