Jusqu’au 1er novembre, les façades de cinq bâtiments du centre-ville de Montréal se transforment en écrans géants pour accueillir les œuvres de jeunes artistes d’ici. Pour sa troisième édition, Lumière sur la relève propose un parcours gratuit où se croisent paysages imaginaires, patrimoine culturel, nature et nouvelles technologies.
À la tombée de la nuit, le Quartier des spectacles prend un autre visage. Des serpents et des échelles s’animent sur les murs de l’Édifice WILDER, des ratons laveurs explorent un Montréal abandonné par les humains et des jardins futuristes envahissent la façade de la Grande Bibliothèque. Jusqu’au 1er novembre, dix vidéoprojections originales invitent les passants à découvrir le travail de la relève montréalaise et québécoise en art numérique.
Présentée par le Partenariat du Quartier des spectacles, cette troisième édition de Lumière sur la relève occupe cinq emplacements du centre-ville : l’Édifice WILDER | Espace danse, la Grande Bibliothèque, les pavillons Président-Kennedy et de Design de l’UQAM, ainsi qu’une façade située aux abords du métro Saint-Laurent.
Les œuvres ont été sélectionnées à la suite d’un appel à projets par un jury de professionnels des milieux culturel et numérique. Cette année, le parcours s’étend à davantage de façades, permettant de présenter dix propositions artistiques aux approches très différentes.

Un Montréal réinventé, entre fantaisie et science-fiction
Plusieurs artistes ont choisi de transformer l’architecture et les paysages urbains en terrains d’expérimentation.
Sur la façade de l’Édifice WILDER, Cyril Donard revisite le célèbre jeu de société avec Serpent et échelles. Dans cette animation pleine de rebondissements, raccourcis, pièges et apparitions inattendues se succèdent à un rythme effréné.
Sur le même bâtiment, Hugh Durnford-Dionne et Max Shoham proposent Synecdoque, Édifice WILDER, une série d’animations qui donnent l’impression que les murs se déplacent pour révéler un microcosme de la vie montréalaise. Le bâtiment devient lui-même le personnage principal de l’œuvre.
Près du métro Saint-Laurent, Marius Cousin et Olivier Basquin imaginent un tout autre Montréal avec Belvédère. Inspirée du panorama que l’on découvre depuis le mont Royal, leur création présente une ville post-civilisationnelle où la nature a repris ses droits. De petits ratons laveurs y poursuivent tranquillement leurs activités, indifférents à la disparition de l’agitation humaine.
Toujours aux abords du métro Saint-Laurent, Ema J. Gasamagera explore les formes et les mouvements de la métropole dans Fragment urbain. Divisée en trois séquences, l’œuvre passe de l’abstraction à des silhouettes animées, puis à des paysages montréalais, avec un Rubik’s Cube comme élément récurrent.

Quand la nature rencontre les technologies numériques
Les préoccupations environnementales occupent également une place importante dans cette édition.
Sur la façade de la Grande Bibliothèque, Isaak Paul-Rivest présente O₂, une vision d’un avenir où végétation et architecture cohabitent. Inspirée des jardins suspendus de Babylone et du mouvement esthétique solarpunk, l’œuvre imagine des bâtiments intégrant le vivant plutôt que de lui faire concurrence.
Au même endroit, Tara Rose Morris propose UNDERSKY, une exploration des écosystèmes océaniques qui mêle références historiques et projections futuristes. L’artiste imagine ce que pourrait devenir la nature terrestre longtemps après que l’humanité aura quitté la planète pour s’installer parmi les étoiles.
Au pavillon de Design de l’UQAM, Flânerie Sylvestre, de Marwan Sekkat, entraîne le public dans une promenade parmi les arbres, les oiseaux, les feuilles et les nuages. Des effets visuels inspirés de l’esthétique glitch, qui évoque les anomalies des images numériques, viennent perturber cette tranquillité et rappeler la fragilité des écosystèmes.
Catherine Bégin propose pour sa part Lucid(e), une création plus contemplative qui combine captations vidéo et traitements génératifs. Textures, jeux de lumière et détails du monde vivant composent une expérience qui invite à observer ce qui passe habituellement inaperçu dans le quotidien.

Des références culturelles et des voyages dans l’univers
Les deux autres créations du parcours empruntent des directions bien différentes.
Avec Tile Codes, présenté sur le pavillon Président-Kennedy de l’UQAM, Amjad Jarrar s’inspire des motifs traditionnels des carreaux de ciment colorés palestiniens. Agrandis à l’échelle d’une façade contemporaine, ces éléments décoratifs deviennent une manière de faire découvrir et de mettre en valeur un patrimoine artisanal.
Sur le même bâtiment, le collectif Arkhad x LT x stereograf présente SOULSTICE II, un voyage visuel qui remonte jusqu’au Big Bang et suit l’émergence de la vie. L’œuvre associe concepts scientifiques et représentations spirituelles autour des Souls, un motif récurrent qui évoque l’unicité de l’univers.
Une soirée pour rencontrer les artistes
Le jeudi 15 octobre, à 19 h, le public pourra participer à un parcours-vernissage en présence des artistes. Le rendez-vous est fixé à la place des Festivals, d’où les participants partiront à la découverte des différentes projections.
Cette rencontre permettra d’en apprendre davantage sur les démarches artistiques, les techniques employées et les idées qui ont inspiré les œuvres.
Accessible gratuitement, Lumière sur la relève offre une occasion de découvrir la création numérique québécoise autrement que dans une salle d’exposition. Les œuvres s’intègrent directement au paysage urbain et peuvent être admirées au fil d’une promenade dans le Quartier des spectacles.
Pour ceux et celles qui fréquentent le centre-ville en soirée, le parcours peut facilement s’ajouter à une sortie au restaurant, au théâtre ou au cinéma. Il suffit de lever les yeux pour découvrir un Montréal qui, pendant quelques semaines, se laisse réinventer par ses artistes.
LUMIÈRE SUR LA RELÈVE — 3e édition
Du 5 octobre au 1er novembre 2026
Tous les jours, dès la tombée de la nuit
Quartier des spectacles, Montréal
Accès gratuit
Parcours-vernissage : jeudi 15 octobre à 19 h, départ de la place des Festivals.
Information : quartierdesspectacles.com

