Jeudi, 30 avril 2026
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    Droits LGBTQIA+ en Afrique : le Botswana dépénalise l’homosexualité

    Le Botswana a officiellement retiré de son code pénal plusieurs dispositions criminalisant les relations entre personnes de même sexe, une mise à jour législative qui survient plus de trois ans après que les tribunaux eurent jugé ces lois inconstitutionnelles.

    Selon un avis publié le 26 mars 2026 et relayé par les médias locaux, le gouvernement a abrogé les paragraphes (a) et (c) de l’article 164 du code pénal, qui visaient les « infractions contre nature ». Héritées de l’époque coloniale, ces dispositions prévoyaient des peines pouvant aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement pour des relations sexuelles consenties entre adultes.

    Cette réforme s’inscrit dans la foulée d’une décision marquante rendue en 2019 par la Haute Cour du Botswana, qui avait conclu que ces articles violaient plusieurs droits fondamentaux garantis par la Constitution, notamment le droit à la dignité, à la liberté, à la vie privée et à l’égalité. Ce jugement avait ensuite été confirmé en appel en 2021.

    Malgré ces décisions judiciaires, les dispositions étaient demeurées inscrites dans le code pénal pendant plusieurs années, créant une incohérence juridique et entretenant un climat d’incertitude pour les personnes LGBTQIA+. Leur suppression permet désormais d’harmoniser le droit écrit avec la jurisprudence.

    Cette évolution représente une clarification importante du cadre légal, sans pour autant constituer une avancée complète en matière de droits. Le Botswana ne reconnaît toujours pas le mariage entre personnes de même sexe et ne prévoit pas de protections spécifiques contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle.

    Cette mise en conformité s’inscrit dans un contexte africain contrasté, marqué par des trajectoires juridiques divergentes.

    Au Sénégal, par exemple, une loi adoptée en mars 2026 a renforcé les sanctions pénales liées aux relations entre personnes de même sexe, portant les peines encourues jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Ce durcissement s’ajoute à un cadre déjà répressif dans un pays où l’homosexualité demeure criminalisée.

    Ces évolutions parallèles illustrent une fracture de plus en plus visible sur le continent. Comme l’a souligné sur le réseau X Jean-Marc Berthon, ambassadeur français pour les droits des personnes LGBTQIA+, certains États invoquent les « valeurs africaines » pour justifier un renforcement de la répression, tandis que d’autres, comme le Botswana, retirent de leur législation des dispositions criminalisantes.

    Cette contradiction soulève des questions quant à la cohérence de ces discours et rappelle un principe fondamental : les droits humains sont universels et doivent s’appliquer à toutes et à tous, sans distinction. Elle met aussi en lumière une réalité persistante : les droits des personnes LGBTQIA+ n’évoluent pas de manière linéaire. Les avancées peuvent être tardives ou partielles, tandis que, ailleurs, des reculs législatifs continuent d’alimenter la criminalisation et la stigmatisation.

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