Mardi, 28 juin 2022
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    Quand la charge virale pèse dans le choix des pratiques sexuelles

    Une étude présentée à la dernière conférence américaine de prévention du VIH à Atlanta a révélé que les gais séropositifs américains discuteraient fréquemment de leur charge virale avec leurs futurs partenaires sexuels et que les partenaires séronégatifs seraient plus disposés à avoir des relations sexuelles avec des hommes qui disent avoir une charge virale. 

    Le Dr Robert Guzman a observé 500 gais séropositifs et séronégatifs d’un programme VIH de San Francisco et a constaté que 199 d’entre eux savaient ce qu’était une charge virale et reconnaissaient en même temps avoir eu des relations anales non protégées avec un partenaire de statut différent ou inconnu, au cours de l’année précédente. Les deux tiers des gais séropositifs et un tiers des gais séronégatifs «avaient discuté de la charge virale du partenaire positif dans le but précis de choisir une pratique plus sûre». Les gais séronégatifs disent qu’ils seraient plus disposés à accepter des relations non protégées après avoir évoqué le fait qu’un partenaire séropositif a une charge indétectable. Quant aux gais séropositifs, ils disent qu’ils ont plus de relations non protégées si leur dernier test est indétectable, mais que le fait d’en parler n’a pas réellement augmenter le nombre total de relations.

    L’étude confirme aussi les résultats d’études antérieures qui montraient qu’Internet peut être pour les hommes un lieu de discussion essentiel sur leur statut VIH avant des relations sexuelles. Les gais qui rencontrent leurs partenaires en ligne ont plus tendance à se dire «100 % informés du statut de leurs partenaires» que les gais qui se rencontrent dans d’autres lieux, comme les saunas.

    Cette étude sur les charges virales confirme une chose connue depuis des années sur la scène gaie et pose un dilemme aux spécialistes de la prévention du sida. Doivent-ils encourager l’utilisation de la charge virale comme moyen de choisir des pratiques sexuelles plus sûres, puisque la majorité des séropositifs indétectables dans leur sang n’auront pas suffisamment de VIH dans leur sperme ou leur anus pour contaminer? Ou doivent-ils les avertir qu’environ un homme sur huit dont le VIH est indétectable dans le sang ne l’est pas dans son sperme, ce qui risque de rendre caduque une stratégie de réduction de risque?


    Une autre étude a montré que des hommes séropositifs ont changé leurs habitudes sexuelles après diagnostic, pour essayer de réduire leur probabilité de transmettre le VIH. D’après le Dr Kim Mayer, 40 % d’un groupe de patients de Boston déclarent être passés exclusivement aux pratiques orales après le diagnostic. Sur les 60 % qui ont continué à avoir des pratiques anales, seulement un tiers les ont eues avec d’autres séropositifs. Deux tiers disent tenir plus souvent le rôle passif et 20% pensent qu’ils ne peuvent pas transmettre le VIH s’ils pratiquent la sodomie passive (ce qui est faux, bien que la transmission passif vers actif soit environ dix fois moins probable que dans l’autre sens).

    Deux tiers pensent qu’on risque moins de transmettre le VIH si la charge virale est indétectable (seulement environ la moitié du groupe observé était indétectable). Mais seulement 3% disent qu’indétectable signifie qu’on «ne peut pas transmettre le VIH». Le Dr Mayer pense que les gais prennent des décisions informées pour réduire les chances d’infection, mais s’inquiète que cela puisse les exposer à d’autres maladies sexuellement transmissibles ainsi qu’à une surinfection VIH. Toutefois, il a également indiqué que, pour la première fois depuis 2000, il y a eu 25 % de baisse des cas de syphilis et une baisse de 17 % de blennorragie chez les gais. «Pas une grosse baisse à l’échelle d’une année, mais certainement une stabilisation», a-t-il commenté.

    D’après un récent article du site de Medscape, la surcontamination – une infection par une seconde exposition au VIH après la première – concerne environ 8% des gais ayant des relations non protégées pendant la première année de leur diagnostic VIH. Il n’a cependant pas été prouvé que la surcontamination est possible plus de trois ans après le diagnostic, l’organisme se construisant jusqu’à un certain point une immunité naturelle contre le VIH des autres porteurs.

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