Jeudi, 8 Décembre 2022
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    Infections transmissibles sexuellement et les outgames

    L’été 2006 s’annonce très chaud à Montréal. En effet, la ville accueille près de 250 000 visiteurs en provenance de plus d’une centaine pays différents à l’occasion des Outgames, ce qui en fera le plus important événement international jamais organisé par et pour la communauté GLBT (gaie, lesbienne, bisexuelle et transgenre). Il y aura une atmosphère de fête et ce sera une occasion unique de faire des rencontres inoubliables. Et pour ne pas que ces rencontres soient inoubliables dans le sens négatif des choses, il est sûrement important de se rappeler certains détails. 

    D’abord, il faut savoir qu’à Montréal comme dans la plupart des grandes villes occidentales, certaines infections transmises sexuellement (ITS) ont augmenté de façon très importantes, principalement en raison d’un relâchement des pratiques sexuelles sécuritaires dû à la banalisation du VIH-sida. C’est le cas notamment de la syphilis, de la gonorrhée et du LGV (lymphogranulome vénérien). Les nouveaux cas d’infection par le VIH semblent quant à eux assez stables à Montréal.

    Il faut savoir que des lésions causées par ces ITS constituent des portes d’entrée importantes pour le VIH. Elles peuvent également accroître les risques de transmettre le VIH.

    Le VIH
    Il se transmet principalement par des pratiques sexuelles à risque élevé ou par le partage de seringues contaminées. Même si le sexe oral est considéré comme pratique sexuelle à faible risque pour transmettre le VIH, ce risque est présent, particulièrement lorsque du sperme infecté vient en contact avec la muqueuse buccale. Pénétrer ou se faire pénétrer représentent cependant un risque élevé de transmission du VIH. Si vous croyez avoir eu un contact à haut risque de transmission du VIH, sachez que vous pouvez recevoir un traitement préventif : une prophylaxie post-exposition. Il s’agit d’un traitement qui doit être administré rapidement (moins de 72 h) après une exposition. Vous devez donc consulter rapidement une clinique spécialisée (comme la Clinique du Quartier Latin) pour une évaluation et un traitement éventuel.

    La syphilis
    Elle se transmet facilement par contact oral, génital ou anal. La plupart des gens qui sont atteints d’une syphilis n’ont aucun symptôme. La phase primaire se présente par une ulcération indolore à la bouche, aux organes génitaux ou à l’anus. Cette ulcération apparaît quelques semaines après que l’on ait été en contact avec une personne infectée et disparaît d’elle-même après 1 ou 2 semaines. Quelques semaines plus tard, une éruption cutanée se présente et peut même atteindre l’intérieur des mains et des pieds. Cette éruption cutanée disparaît également d’elle-même et la syphilis peut rester dans le sang pendant plusieurs années et causer par la suite des complications beaucoup plus sérieuses à plusieurs organes, notamment le cœur et le cerveau. La syphilis se guérit bien si elle est diagnostiquée tôt. Le diagnostic est fait par une prise de sang.

    La gonorhée
    Elle se transmet principalement par contact oral, génital ou anal. Une proportion importante des gens infectés ne présenteront aucun symptôme, d’où l’importance de se soumettre à des tests de dépistage régulièrement. La gonorrhée se traite en général très facilement si elle est diagnostiquée tôt.

    La LGV
    Le lymphogranulome vénérien, bien qu’encore rare, est de plus en plus fréquent depuis quelques années. Il n’était rencontré que très rarement auparavant, et ce, dans les pays en voie de développement. Il touche aujourd’hui principalement la communauté gaie. Il se présente surtout par une inflammation au niveau du rectum et provoquant des douleurs importantes et des écoulements. On y voit également, souvent, des ganglions gonflés et douloureux dans l’aine. Il n’existe pas de test de dépistage du LGV: le diagnostic se fait lorsqu’il y a présence de symptômes.

    L’usage des drogues
    L’ambiance est à la fête et la consommation de drogues est possible. L’expérience de la consommation est un choix personnel. Recherche de plaisir pour les uns, recherche de performances pour les autres, l’usage de drogues s’inscrit souvent dans un moment de la vie. Mais, des dangers sont liés à celui-ci. Comme pour toute aventure, avoir des repères, être informé des pièges, connaître les risques encourus et les effets sont de bons atouts pour éviter que l’aventure se transforme en cauchemar.. Soyez vigilant face aux produits que vous pourriez avoir l’occasion de consommer. L’usage de drogues ou d’alcool peut nous amener à prendre des risques lors de relations sexuelles. La plupart des drogues peuvent altérer notre jugement, entraîner des pertes de mémoire et créer des dépendances. Il faut également savoir que des lésions buccales peuvent être causées par l’usage de drogues et que ces lésions peuvent des portes d’entrée pour le VIH.


    Les drogues les plus souvent consommées lors des parties rave sont l’ecstasy, les amphétamines, la kétamine, le GHB, le cannabis, la cocaïne, les poppers, le viagra et le crystal. Le crystal est encore relativement peu populaire à Montréal. Mais la consommation de cette drogue par nos amis du sud est beaucoup plus répandue et risque d’être plus populaire cet été. Il s’agit d’une drogue extrêmement forte qui provoque une grande perte de jugement est un risque de dépendance très élevé… Essayez vraiment de l’éviter!


    Si vous décidez de consommer, ne le faites jamais seul. Entourez-vous d’amis qui puissent vous accompagner. Faites attention à ce que vous achetez. Parlez avec des personnes de confiance ayant déjà expérimenté, surtout quand il s’agit d’un produit que vous ne connaissez pas. Avant de sortir, mangez un bon repas équilibré et soyez bien reposé. Ne mangez pas juste avant de consommer ou même pendant : vous risquez d’avoir des nausées ou de vomir.


    Faites des pauses, changez d’univers, aérez-vous régulièrement. Évitez de consommer plusieurs substances différentes. Fractionnez les doses, espacez les prises, surtout les premières fois. Buvez régulièrement de l’eau. N’oubliez pas que vous êtes dans un état de conscience modifié. Si vous ne vous sentez pas bien, demandez de l’aide rapidement.


    Après que les effets se soient estompés, mangez des fruits et buvez des jus de fruits vitaminés pour compenser les dépenses d’énergie que vous venez de faire. Trouvez un lieu plus aéré, plus calme avec une ambiance favorable à la détente. Prévoyez un temps de repos.

    Les règles du sécurisexe
    – Pas de pénétration anale sans condom;
    – pas de sperme dans la bouche;
    – évitez de vous brosser les dents ou d’utiliser la soie dentaire quelques heures avant et après une fellation;
    – évitez de sucer après une visite chez le dentiste;
    – pour éviter tout risque, sucez avec un condom non lubrifié.

    Pour conclure, je crois qu’il s’agira d’un été exceptionnel pour nous tous. Mais pour que cet été demeure un souvenir extraordinaire, il faut être bien conscient que notre comportement, que ce soit notre comportement sexuel ou l’usage de drogues, est une responsabilité personnelle et que c’est à chacun de nous d’en assumer les risques et les conséquences.


    Bon été.

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