Dimanche, 17 octobre 2021
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    La communauté LGBT+ serbe veut faire savoir que le réalisateur Emir Kusturica est un militant homophobe

    En entrevue avec le site Komitid, Predrag Azdejković, journaliste, militant et Président du Centre gai et lesbien serbe, désire que Le public international sache que le réalisateur «Emil Kusturica, est aussi un homophobe»

    Depuis 2006, la Serbie a inscrit dans sa constitution que le mariage ne pouvait exister qu’entre un homme et une femme mais les lignes commencent à bouger et la promulgation annoncée de trois nouvelles lois en juin pourrait ouvrir une brèche malgré cet article implacable qui tentait d’enterrer définitivement toute évolution pour la communauté LGBT+ et les couples de même sexe. Sentant le vent tourner, plus de 200 intellectuels et artistes réactionnaires serbes ont signé une tribune pour s’opposer formellement à cette possibilité arguant d’arguments religieux et dogmatiques annonciateurs d’une apocalypse morale du pays.

    Ces figures signataires, pour certaines très connues dans le pays, ont même appelé à la rescousse le grand public et les églises afin de provoquer des réactions en masse afin de protéger « le droit à la liberté et l’avenir de la population ». Ils lancent ainsi une véritable campagne de dénigrement de ces avancées légales. Et ce, trois mois avant leur présentation au Parlement, dans ce pays dirigé par Ana Brnabić, une Première Ministre ouvertement lesbienne de 45 ans.

    Un nom parmi la liste des signataires a attiré l’attention de la communauté LGBT+ serbe. Dans le communiqué du Centre Gay et Lesbien serbe, les militants précisent qu’« Emir Kusturica est un réalisateur serbe mais également un citoyen français. Il est reconnu internationalement pour de nombreux films. Il a gagné la Palme d’or à deux reprises (pour Papa est en voyages d’affaires en 1985, puis pour Underground en 1995, il fut même président du jury du Festival de Cannes) et il a été récompensé de l’Ordre des Arts et Lettres, la plus haute reconnaissance pour une contribution artistique ».

    Emir Kusturica a bâti sa carrière de réalisateur sur un cinéma inspiré d’influence tzigane et qui offre des séquences oniriques qui ont emballé critiques, jurys et cinéphiles du monde entier. Hollywood lui a ouvert ses portes (Arizona Dream en 1993), les festivals de Berlin, de Venise et de Cannes lui ont fait les honneurs de récompenses, il a reçu un Oscar et quatre César et il a été fait Chevalier de la Légion d’honneur, en 2010, par le gouvernement français qui lui avait offert quelques années plus tôt sa nationalité. 

    Pour le journaliste, militant et Président du Centre Gai et Lesbien serbe, Predrag Azdejković,  qui s’est récemment confié au site LGBT Komitid, « il n’y a aucun doute sur le fait qu’Emir Kusturica soit le réalisateur serbe le plus talentueux, je suis moi-même un grand fan de ses films et spécialement d’Underground. Mais le public doit savoir qu’Emir Kusturica charrie en plus de son art un bagage politique nationaliste et homophobe. Il utilise sa position d’homme le plus connu du cinéma serbe et ses deux Palme d’or pour promouvoir l’homophobie et le nationalisme !  Sa signature n’est pas n’importe quelle signature mais celle d’un réalisateur qui a gagné des prix et est reconnu internationalement et, c’est avec le poids de ce statut international qu’il blesse la communauté LGBT serbe ».

    Source : Komitid.fr

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