Samedi, 2 juillet 2022
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    Six degrés, une œuvre solide et tendre de Simon Boulerice

    Bien connu pour sa production littéraire destinée aux jeunes, Simon Boulerice fait une première incursion dans l’univers la fiction télévisuelle à travers la série Six degrés dont l’excellente bande-annonce pique immédiatement la curiosité.

    Léon est un adolescent élevé à la maison, en région, par une mère surprotectrice qui semble braqué à l’endroit du concept même de l’amour. À preuve, elle arrache toutes les pages des romans lus par son fils où se développe une relation sentimentale entre les personnages. Pourquoi cette réaction démesurée?

    Malvoyant de naissance, la vision de Léon se borne à un seul œil et à seulement six degrés chez celui-ci. Comme il le souligne, sa vision du monde se limite à ce que l’on pourrait voir à travers le trou d’une paille. Suite à un incident impliquant de la moutarde, sa mère perd la vie et il se retrouve seul au monde. Du moins, jusqu’à ce qu’un père biologique dont il ignorait l’existence fasse irruption. Il se trouve alors soudainement transplanté à Montréal dans une famille mexico-québécoise en compagnie de quatre nouveaux frères et sœurs. Son arrivée dans la petite famille entraîne de nombreux bouleversements et défis, de part et d’autre, mais également d’heureuses surprises comme une rencontre avec Florence (excellente Amaryllis Tremblay) avec laquelle se nouent des atomes particulièrement crochus. Hasard des choses, celle-ci souffre de fibrose kystique, un problème respiratoire qu’elle compare également à une paille d’où chacune de ses respirations prendrait naissance.

    PHOTOS : RADIO-CANADA


    À l’image de ses romans, malgré une intention avouée de rejoindre les ados, la qualité de l’écriture de Simon Boulerice et l’universalité des thèmes abordés sont tels, qu’il s’avère également impossible aux plus vieux d’en détacher le regard. La série présente par ailleurs un univers très riche tant au regard des intrigues que d’une galerie extrêmement diversifiée de personnages.

    En effet, que ce soit au niveau ethnoculturel, de l’identité de genre, des orientations sexuelles (dont le lesbianisme et la pansexualité) ou de la diversité corporelles, les thèmes abordés frappent toujours juste et avec nuance. Les personnages touchent directement au cœur et un attachement immédiat se tisse entre ces derniers et le public. Ajoutons à cela une brochette de comédiens qui les interprètent avec brio. Noah Parker est plus vrai que nature dans le rôle de Léon, de même pour Anthony Therrien qui livre une interprétation extrêmement nuancée de Ricardo, le demi-frère sportif et un peu soupe au lait, et Évelyne Laferrière dans le rôle de Bélinda, une adolescente qui apprend à accepter son corps.


    C’est avec énormément d’adresse que Simon Boulerice évite tous les clichés habituels des séries télévisées : le ton est toujours juste et un équilibre très fin entre humour, drame et tendresse se dégage de chaque épisode. Réalisé par Hervé Baillargeon, il vous sera impossible de ne pas écouter en rafale les 13 épisodes qui composent cette première saison qui se termine, je vous le révèle en mille, par un coup de théâtre qui laisse présager, on l’espère bien, une suite. Personnellement, je suis complètement accroc!

    INFOS | Disponible sur Radio-Canada ou tou.tv.

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