Jeudi, 1 Décembre 2022
• • •
    Publicité

    Le Festival international de jardins dévoile les lauréats de sa 23e édition

    Le Festival international de jardins dévoile les lauréats de sa 23e édition, ayant pour thème : ADAPTATION. Les Jardins de Métis ouvrent leurs allées le 4 juin et le Festival aura lieu du 25 juin au 2 octobre 2022. L’an dernier, plus de 70 000 personnes ont foulé le sol des Jardins de Métis en 2021. 

    Cinq équipes de concepteurs ont été choisies par le jury parmi les 87 projets soumis à la suite d’un appel de propositions international.  Les cinq nouvelles installations qui seront présentées au public à partir du 25 juin sont : 

    Lichen
    Marie-Pier Gauthier-Manes, designer de l’environnement; Chloé Isaac, designer graphique et céramiste; Victor Roussel, artiste 3D. Paris, France / Montréal (Québec) 
    Lichen est un organisme perceptif, malléable et muable. Il se métamorphose au contact du relief, de l’humidité et de la température ambiante. Comme son homonyme, il est sensible aux perturbations qui affectent son environnement et est donc un précieux indicateur des changements environnementaux. Composé de petits éléments délicats, il n’en reste pas moins une structure cohésive et résistante qui sert à préparer le terrain pour d’autres espèces végétales. En déambulant entre ses thalles, on observe des éléments autrement invisibles se révéler en motifs colorés. S’inspirant des pots en terre cuite, réels archétypes de nos jardins, l’installation est constituée de petits anneaux de faïence fabriqués à la main. Les capacités de drainage et de rétention d’eau de ce matériau permettent à la fois une irrigation plus constante du sol et une rétention plus longue de l’humidité. Cet environnement permet à des plantes particulièrement sensibles aux variations de température et à la sécheresse de croître paisiblement. Son traitement thermochromique change son apparence suivant la température et il révélera ainsi différentes couleurs tout au long de la saison estivale.

    Forteresses
    Maison029 [Eadeh Attarzadeh, urbaniste et designer urbain; Lorenzo Saroli Palumbo, architecte]. Montréal (Québec)
    L’idéologie romantique de croire que nos forêts prospèrent sans contact ni interférence humaine a malheureusement été réfutée. Tant et aussi longtemps que l’humanité persiste sur son présent parcours, il est devenu irréaliste d’envisager que nos forêts pourront se défendre elles-mêmes. Forteresses est une intervention au sein de la forêt, symbolisant une façon agressive de protéger notre flore de son plus grand prédateur: nous-mêmes. Ces systèmes défensifs seront assemblés en utilisant le bois d’arbres ayant succombé à leur incapacité à s’adapter. Concrètement, chaque système, imitant des géométries organiques souvent présentées de façon simplifiée dans la nature, est assemblé et empilé sur place, autour de trois à quatre arbres dans l’axe est-ouest du Jardin. La géométrie de chaque système modulaire s’adapte à l’arbre protégé, selon le type, la taille et l’âge de ce dernier. Forteresses est censée être appréciée pour la beauté de ses géométries en plus de pousser les visiteurs à se questionner sur l’impact qu’ils ont sur leur environnement et à les rappeler que notre flore est souvent incapable de se protéger elle-même.
     
    Forêt finie, espace infini?
    Antonin Boulanger Cartier, stagiaire en architecture; Melaine Niget, designer urbain et stagiaire en architecture; Pierre-Olivier Demeule, stagiaire en architecture. Québec (Québec) 

    Depuis le lointain, forêt finie, espace infini ? prend l’allure d’une pile de bois scié, puis séché qu’aurait pu placer là un charpentier amateur dans l’attente de son prochain projet. Cette forme définie recouverte d’une bâche plastique patiente dans le creux de l’été.  Enracinée au milieu d’un sentier traversant la forêt boréale, l’installation gêne toutefois le passage. Sans pouvoir la contourner, se pourrait-il de la traverser : y faire face semble inévitable. En s’approchant, un pan de la bâche s’est décroché, une embrasure invitée à s’y glisser !  À l’intérieur, une structure en tasseaux de bois finement assemblés dévoile un parcours modulé par un jeu de pleins et de vides. Ceinturé de miroirs, l’espace aux limites insaisissables renvoie ses mille reflets. Que sont tous ces tasseaux adroitement ordonnés et pourquoi cherchent-ils à rejoindre l’infini ? Ne sont-ils pas contraints par cette bâche que l’on aperçoit depuis l’extérieur ?   En levant les yeux aux ciels, un bref coup d’œil aux grands conifères suggère une ultime réflexion : si l’espace que l’on construit émane d’un monde aux ressources finies et qu’il ne peut par conséquent être infini, cette forêt savamment sculptée le peut-elle ?

    Gravity Field
    TERRAIN WORK [Theodore Hoerr, architecte paysagiste; Kelly Waters, paysagiste; Rebecca Shen, paysagiste]. New York, États-Unis
    Les plantes ont une capacité d’adaptation extraordinaire. Elles ont la capacité de prospérer dans certains des environnements les plus rudes de la planète en répondant à une myriade de stimuli – soleil, eau, température, sol et gravité – pour maintenir la vie. Les plantes sont également essentielles à l’existence humaine, car elles assurent la subsistance, les services écosystémiques et le piégeage du carbone. Si elles jouent un rôle clé dans l’atténuation des effets du changement climatique qui menacent notre existence en tant qu’espèce, elles sont également vulnérables et doivent s’adapter rapidement à un climat en évolution rapide. Gravity Field démontre l’adaptation robuste des plantes, même dans des conditions extrêmement difficiles. Un nuage flottant de tournesols se transforme au cours de l’installation. Les tournesols sont initialement cultivés à l’envers, mais ils se plieront vers le haut au fur et à mesure de leur croissance vers le soleil, défiant ainsi la gravité. Les visiteurs peuvent visiter l’installation à plusieurs reprises pour constater à quel point les plantes s’adaptent à leurs circonstances : phototropiquement, gravitropiquement et héliotropiquement. Gravity Field est une expérience immersive, délicieuse et en temps réel qui met en lumière la puissante résilience de la nature. Alors que l’avenir est incertain, Gravity Field est optimiste quant à la capacité des plantes, et de tous les organismes, à s’adapter et à prospérer.
      
    Les huit collines 
    ONOMIAU [Noël Picaper, architecte]. Levallois-Perret, France
    Une nouvelle topographie adaptable semble avoir élu domicile au cœur des Jardins de Métis.  Conçues comme des structures évolutives, ces huit collines imaginent des spatialités biologiques. Au travers de matériaux inanimés et organiques, elles fabriquent des effets de vie. Chacune fonctionne de manière indépendante. Une fois rassemblées entre elles, à la manière d’un puzzle, elles dessinent une cartographie végétale. Un paysage vallonné apparaît alors, capable d’offrir diverses expériences aux humains ainsi qu’aux non-humains (oiseaux en particulier). Servant à la fois d’assise, de micro-jardin, d’espace contemplatif ainsi que de réservoir écologique, ce projet, par sa modularité, s’adapte aux différents évènements des Jardins de Métis. Il offrira également aux visiteurs une multitude de séquences spatiales à pratiquer (assises, cachettes, amphithéâtre, etc.) Notre envie, derrière cet assemblage de surfaces, est de révéler les richesses d’un environnement, tout en catalysant d’autres formes d’interactions pour divers êtres vivants. Onirique et support de fonctions, cette œuvre influe sur le climat en adoucissant la chaleur estivale à l’aide de ses ombrages et de sa flore. Les huit collines élabore donc un paysage chargé de sens ne cessant d’évoluer tant par sa composition que par les cycles du vivant qu’il abrite. 

    Mention spéciale
    Le jury a accordé une mention spéciale à The Last Beauty par l’ATELIER MOCK/UP [Hugo Thibodeau, stagiaire en architecture; Véronique Côté, stagiaire en architecture] et Maryse Béland, stagiaire en architecture, de Québec (Québec) Canada.

    À propos du Festival international de jardins
    Le Festival international de jardins est le plus important festival de jardins contemporains en Amérique du Nord. Depuis sa création en 2000, près de 200 jardins ont été présentés in situ à Grand‐Métis et dans des lieux extra‐muros au Canada et à l’étranger. Le Festival se déroule sur un site adjacent aux jardins historiques, permettant d’établir un dialogue entre l’histoire et la modernité, entre la conservation, la tradition et l’innovation. L’événement propose chaque année une vingtaine de créations réalisées par quelque soixante-dix architectes, architectes paysagistes et concepteurs de diverses disciplines. L’événement est présenté grâce aux soutiens financiers du Conseil des arts du Canada, de Patrimoine canadien et du Conseil des arts et des lettres du Québec.

    À propos des Jardins de Métis
    Lieu historique national du Canada et site patrimonial du Québec, les Jardins de Métis constituent un arrêt incontournable pour tous ceux qui visitent la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent. Espace culturel, destination touristique depuis soixante ans, paysage emblématique, les Jardins de Métis offrent aux visiteurs des expériences de connexion à la nature tant apaisantes qu’innovatrices. Situés au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Mitis, ils ont été conçus par l’horticultrice aventurière Elsie Reford de 1926 à 1958, et figurent au palmarès des jardins nord-américains les plus réputés et figurent parmi les 150 grands jardins au monde. Hydro-Québec est partenaire des Jardins de Métis depuis 1999. 

    INFOS : www.festivalinternationaldejardins.com
    www.jardinsdemetis.com

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité