Jeudi, 18 avril 2024
• • •
    Publicité

    «First Kill» une romance lesbienne et vampirique qui ne se prend pas trop au sérieux 

    First Kill revisite l’histoire de Roméo et Juliette version vampires et lesbiennes. Une passion dévorante naît entre Juliette et Calliopé. Mais leur amour va connaître bien des tourments à cause de leur différence de nature qui en font des ennemies ancestrales.

    Comme dans la pièce de Shakespeare, leurs familles respectives occupent une place centrale dans le drame et des arcs narratifs se nouent autour des sœurs, des frères et des mères. Il est des premières fois adolescentes plus singulières que d’autres. À l’âge où certaines expérimentent leurs premiers émois, Juliette, étudiante issue d’une illustre lignée de vampires, doit surtout choisir sa première proie, afin de finaliser sa transformation. Son regard se porte alors – au ralenti et cheveux au vent – sur Calliope, une camarade de classe. Le hic ? Cette dernière appartient à une famille de chasseurs de monstres… et de vampires.

    First Kill n’est pas la première fiction vampirique à décrire les bouleversements hormonaux et les débordements émotionnels des adolescents. Mais ses créatrices s’emparent des codes du genre avec humour et second degré. En huit épisodes, la série adaptée des romans de l’autrice américaine V.E. Schwab à convoquer les teen dramas de vampires et autres monstres, emblématiques des deux dernières décennies. Twilight et Vampire Diaries pour l’héritage shakespearien et l’histoire d’amour impossible entre une vampire et une mortelle ; une touche de Teen Wolf pour la chasse aux monstres dans une petite ville américaine …

    First Kill ne cherche pas à accomplir des prouesses techniques. Le série s’inscrit dans la mythologie des séries de vampires de l’époque 1990-2000. Et sous cet angle, elle réussit haut la main ! Impossible de ne pas penser à l’extraordinaire Buffy contre les vampires. Plutôt que d’entrer dans une surenchère d’effets spéciaux, la série nous plonge dans la nostalgie de ces soap-operade vampires où l’interêt est moins le réalisme que les histoires d’amour, d’amitiés, de mort et de trahison.

    Le scénario et les personnages sont bien écrits et les rebondissements sont souvent malins et touchants, ce qui en fait un bon divertissement. Et la série vaut particulièrement le détour pour sa représentation des femmes, des personnes racisées et son discours sur la queerness.

    First Kill ne se contente pas de remplacer artificiellement un couple hétéro par un couple lesbien. Juliette et Calliopé sont confrontées à cette problématique : « Ma famille attend de moi que je tue celle qui est censée être un monstre, mais je l’aime. ». À travers la passion interdite avec un « monstre », il y a une métaphore sur le fléau de l’homophobie. Et les personnages vont vivre des situations poignantes les amenant à reconsidérer les normes qui régissent leurs vies.

    Sila série est féministe, c’est aussi que les mères y sont des figures centrales, positives et puissantes. On se souviendra de Talia, personnage incroyablement fortet bouleversant, interprété par l’excellente Aubin Wise.

    Les femmes sont au centre de l’intrigue et des décisions tandis que les hommes hétérosexuels sont relégués au second plan. De plus, la masculinité n’est pas mise en scène comme une chose positive : au contraire, elle est à l’origine de décisions inhumaines.

    Bien que Netflix ait décidé de ne pas renouveler First Kill, ne boudez pas le plaisir coupable du visionnement de cette saison.

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité