Mercredi, 19 juin 2024
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    Alexandre le Grand au rang des dieux: l’histoire s’embrase !

    Né en 356 avant notre ère et mort à l’âge de 32 ans, le roi Alexandre III a laissé une telle empreinte sur l’histoire que dès 63 de la même ère, l’épithète de « le Grand » lui est déjà associée par les Romains qui lui vouent presque un culte. Un personnage complexe, pétri de contradictions, auquel Netflix consacre un docudrame de six épisodes.

    C’est à la suite d’un régicide nébuleux (sans doute fomenté par sa propre mère) qu’il devient roi de Macédoine et s’impose comme l’un des plus grands conquérants de l’histoire en renversant, contre toute attente, l’échiquier politique en place. L’Empire perse, l’un des plus grands qui soient, doit ainsi plier l’échine devant son ingéniosité, la puissance de ses stratégies, mais également sa cruauté.

    Afin de bien rendre la complexité du personnage, la série Alexander : The Making of a God (Alexandre le Grand : au rang des dieux) alterne entre deux axes narratifs : la petite et la grande histoire du jeune Alexandre (Buck Braithwaite), ainsi que celle de Darius III (Mido Hamada), souverain de l’Empire perse. Les scènes dramatisées sont ponctuellement entrecoupées d’interventions d’historiens et d’archéologues qui viennent contextualiser certains éléments. Le procédé a l’avantage de ses inconvénients puisque bien qu’il permette d’apporter des précisions ou de souligner certaines incertitudes historiques, il n’en interrompt pas moins la fluidité de la trame dramatique. Le procédé plaira donc à certains et en agacera d’autres.

    La série peut cependant se targuer de présenter des personnages bien nuancés et de ne pas sombrer dans une représentation théâtrale qui est souvent le lot des docudrames. À ce titre, il faut notamment souligner que la nature romantique et sensuelle des relations entre Alexandre et Héphestion — compagnon d’enfance, général et grand favori — est présentée avec grand soin, bien que trop brièvement. Cet élément illustre d’ailleurs la pertinence d’intégrer des historiens afin de contextualiser la nature des relations homosexuelles à cette époque.

    Le conflit épique et improbable entre cette nouvelle incarnation d’un David contre Goliath s’illustre bien dans la place qu’occupe chacun des deux hommes dans l’imaginaire collectif. L’histoire ne retient la plupart du temps que les vainqueurs et alors qu’Alexandre y est toujours au panthéon, les sources gréco-romaines antiques limitent bien souvent Darius III à un rôle de faire-valoir tout juste associé au titre de « celui qui a été vaincu par Alexandre ».

    Pour quiconque n’est pas spécialiste de l’histoire antique, il est ardu de porter un jugement critique sur la justesse des événements rapportés et des costumes, coiffures ou stratégies militaires utilisées. La série a ainsi généré quelques critiques à cet effet, mais malgré certains bémols, elle n’en demeure pas moins un objet télévisuel fascinant et fort instructif qui permet une plongée au cœur d’une histoire rarement dépeinte. Y aura-t-il une saison 2 ? Seul l’avenir (et Netflix) le dira !

    INFOS | Les six épisodes de la série Alexander : The Making of a God (Alexandre le Grand : au rang des dieux) sont présentés sur Netflix en anglais et dans un très bon doublage français.

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