Dans une lettre ouverte transmise à Fugues et à d’autres médias cette semaine, des représentantes de groupes comme le Centre de solidarité lesbienne, le RLQ et le Social Club ont l’impression que Fierté Montréal ne les représente plus. Elles dénoncent une «culture organisationnelle toxique» et une direction, selon elles, «fermée» au dialogue.
« On a entendu des témoignages bouleversants : des groupes ignorés, instrumentalisés ; des contrats annulés sans explication ; des cas de ghosting, de gaslighting et même d’outing d’une survivante à son agresseur », peut-on lire dans la lettre. Cynthia Eysseric, directrice du RLQ, considère qu’«on ne peut pas continuer à collaborer avec une organisation qui agit comme ça envers nos communautés.»
Des critiques aussi liées au conflit israélo-palestinien
Le conflit au Proche-Orient est aussi évoqué. Dans une entrevue avec La Presse, hier (jeudi 16 mai), Samya Lemrini, présidente du conseil d’administration de Helem Montréal (l’organisme qui soutient les communautés LGBTQ+ arabophones) déplore que Fierté Montréal collabore avec des entreprises qu’elle accuse de soutenir le génocide en cours dans la bande de Gaza (se fiant à la liste élaborée par BDS-Canada).
Rappelons que, l’an passé, des manifestants pro-palestiniens ont tenté de stopper le défilé de la Fierté, qui a pu reprendre une vingtaine de minutes plus tard. Des actions semblables ont aussi été menées ailleurs au Canada.
Fierté Montréal réagit
L’organisation de Fierté Montréal, de son côté, affirme avoir été surprise et attristée par cette prise de position. Le directeur général de Fierté Montréal, Simon Gamache, reconnaît la gravité des accusations portées contre son organisation. « C’est triste. On ne veut pas que des groupes se dissocient, parce qu’on croit que c’est ensemble qu’on est plus forts. »
Il indique qu’une enquête interne a été lancée il y a déjà plusieurs semaines par le conseil d’administration. Un nouveau processus de gestion des plaintes par une tierce partie devrait aussi être mis en place d’ici septembre.
Simon Gamache rappelle que des changements structuraux sont déjà en cours : « Il y a deux ans, on a complètement revu nos règlements pour redonner une vraie place aux groupes communautaires dans la gouvernance de Fierté Montréal. Ce qui n’était pas le cas auparavant. Les groupes partenaires sont maintenant présents aux assemblées générales et peuvent siéger au conseil d’administration. »
S’il admet que la communication n’a pas toujours été optimale : « On a peut-être mal expliqué ce qu’on était en train de faire», il appelle néanmoins au dialogue : « On a créé un espace pour que vous puissiez venir nous parler directement. Ce n’est pas le moment de claquer la porte. »
Fierté Montréal rejette l’idée que le festival soit « à la solde » des entreprises commanditaires : « Si une entreprise veut s’associer à nous, on s’assure qu’elle partage nos valeurs.»
En outre, Fierté Montréal annonçait le mois dernier, qu’elle allait financer une trentaine de projets communautaires (comme elle le fait déjà depuis 3 ou 4 ans), mis en place par des organismes 2SLGBTQIA+. Ces projets se tiendront du 18 mai jusqu’au 10 août, notamment à Montréal, mais aussi dans des villes comme Rivière-du-Loup, Val-d’Or, Trois-Rivières, Trois-Pistoles, Saguenay et Mont-Laurier.

L’édition 2025 de Fierté Montréal
La programmation complète de Fierté Montréal a d’ailleurs été dévoilée plus tôt cette cette semaine (13 mai). Vous trouverez d’ailleurs, un survol des activités à ne pas manquer de l’édition 2025 de Fierté Montréal dans le Fugues qui parait la semaine prochaine, le mercredi 21 mai.
L’Édition 2025 de Fierté Montréal se tiendra du 31 juillet au 10 août, avec : un défilé (le dimanche 10 aout, débutant en début d’après-midi) qui portera la thématique «Fleurir ici, maintenant»; deux journées communautaires (vendredi 8 août et samedi 9 août) où le public pourra découvrir plus d’une centaine de groupes et d’associations) ; et évidemment plusieurs activités culturelles et communautaires qui se dérouleront durant les 11 journées du festival, dont un nouveau Marché Arc-en-ciel qui se tiendra du 1er au 3 aout dans le Village).
Parmi les artistes invités, notons Lisa LeBlanc, Katherine Levac, Charlotte Day Wilson, Martine St-Clair, Bilal Hassani, ainsi que plusieurs drag queens d’ici (Rita Baga, Barbada, Gisèle Lullaby, et d’ailleurs, dont des vedettes de l’univers Rupaul, dont Detox, Bimini, Kennedy Davenport et Lemon.
Rappelons que durant les premiers jours du Festival Fierté Montréal, du 31 juillet au 3 août, se tiendra en parallèle la conférence internationale Horizons LGBTQI Francophone, organisé par Égides, l’Alliance internationale francophone pour l’égalité et les diversités. Pour l’occasion, plus de 350 activistes, universitaires, chercheur·euse·s, artistes, représentant·e·s gouvernemental·e·s et institutionnel·le·s et philanthropes provenant de plus d’une trentaine de pays sont attendu·e·s en personne, en plus de 450 personnes en ligne.
Le contenu de l’édition d’août du magazine Fugues portera d’ailleurs à la fois sur la programmation des activités communautaires et culturelles du Festival de la Fierté, ainsi que sur différents enjeux LGBTQ+ de l’heure.
(Notez que quelques modifications et précisions ont été apporté au texte dans l’après midi du 20 mai)

