Mercredi, 14 janvier 2026
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    Alien: Earth pénètre dans les entrailles visqueuses de la bête!

    Depuis 1979, le film « Alien » a connu de nombreuses itérations qui à l’exception de sa suite directe – « Aliens » – n’ont jamais su capturer son atmosphère profondément anxiogène. C’était du moins le cas jusqu’à l’arrivée d’« Alien : Earth » (Alien : Terre, en VF), une toute nouvelle série produite par FX et diffusée sur Disney+.

    Il faut dire qu’on retrouve aux commandes Noah Hawley, le scénariste et réalisateur des séries cultes « Fargo » et « Legion » (qui présentait une vision angoissante de l’univers des X-Men). Comme l’indique son titre, l’action se déroule sur notre bonne vieille planète, mais en 2120, soit deux ans avant les événements du film qui a lancé la saga. La Terre y est dorénavant contrôlée par cinq corporations antagonistes dont les fers de lance sont la Prodigy et la Weyland-Yutani.

    La population se compose d’humains, de cyborgs (des humains augmentés) et de synthétiques (des robots humanoïdes). Une révolution se dessine cependant dans les laboratoires de Prodigy grâce à la création d’hybrides : des corps artificiels dans lesquels une conscience humaine est transférée. Au grand dam des amateurs d’immortalité, seul l’esprit malléable d’un enfant peut cependant supporter le transfert dans un corps synthétique adulte.

    Wendy (Sydney Chandler) est la première de six prototypes qui tentent de s’adapter à cette nouvelle condition : des esprits immatures emprisonnés dans des corps adultes, ce qui donne lieu à des interprétations troublantes de la part des acteurs et actrices. Leur simple existence soulève également une question inquiétante : les hybrides sont-ils toujours des êtres humains ou, comme les synthétiques, de simples propriétés que l’on peut reformater à l’infini ?

    Wendy (Sydney Chandler)

    Où sont les monstres?
    Simultanément, un vaisseau de la Weyland-Yutani, transportant une cargaison de formes de vies inconnues récoltées au fin fond de l’espace, s’écrase sur Terre. Au-delà des xénomorphes présentés dans les films précédents, on y retrouve également quatre autres créatures, tout aussi cauchemardesques. Avide de s’en emparer, la Prodigy détache sur les lieux ses invincibles hybrides, histoire de tester leurs réactions dans un environnement réel. Évidemment, rien ne se déroule comme prévu et la série ne lésine pas sur une tension à couper au couteau et sur des scènes particulièrement horrifiques, à commencer par une fête costumée, sur le thème du Roi-Soleil, qui se transforme en bain de sang.

    Ardoise identitaire vierge
    La condition d’enfant/adulte des hybrides fait en sorte que le genre et l’orientation de ces derniers demeurent en grande partie indéfinis. Toute notion de sexualité est d’ailleurs à peu près absente de la série, sauf chez les monstres (dans son sens le plus large). C’est ainsi qu’elle s’incarne, métaphoriquement parlant, dans les pratiques parasitaires des espèces capturées, dont certains organes évoquent des éléments phalliques ou vaginaux, ou, plus banalement, à travers les comportements glauques de certains humains.

    À l’instar des précédents opus, la série dresse un contraste marqué entre deux incarnations de l’abominable : le parasite extraterrestre versus l’humain calculateur issu des corporations. Ce dernier aspect est d’ailleurs incarné avec brio par Samuel Blenkin qui interprète Boy Kalavier, le président de la Prodigy, un improbable croisement entre Elon Musk et Mark Zuckerberg dont la turpitude est telle qu’on souhaite immédiatement le voir mourir dans d’atroces souffrances. 

    Le récit maintient un rythme haletant et des effets spéciaux de première qualité. La rumeur veut d’ailleurs qu’il s’agisse de l’une des séries les plus dispendieuses de l’histoire de la télévision et, en vérité, chaque seconde de visionnement en est la preuve directe. On ne peut également que louer le soin porté à respecter l’esthétique des deux premiers films de la saga, tant au niveau des décors, des jeux d’ombres et de lumières, de la technologie rétrofuturiste utilisée ou même, de la reprise de certains thèmes musicaux.

    La série est déjà considérée comme un incontournable de la saga Alien et un nouveau classique de la télévision, que l’on prendra plaisir à regarder encore et encore !

    INFOS : Les huit épisodes de la série Alien : Earth (Alien : Terre) sont disponibles, en anglais et dans un excellent doublage français, sur Disney+.

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