De retour au jeu après une blessure au bas du corps, la capitaine de l’équipe canadienne Marie-Philip Poulin a inscrit, a égalé — puis dépassé — le record absolu de buts dans l’histoire du hockey féminin olympique : celui d’autre légende canadienne, Hayley Wickenheiser. Son retour était attendu et il est devenu historique.
Le but égalisateur est survenu tard en troisième période, lors de la victoire de 5-1 du Canada contre l’Allemagne en quart de finale à Milan-Cortina 2026. Posté à droite du filet, Poulin a habilement redirigé une passe centrée de Sarah Fillier derrière la gardienne allemande Sandra Abstreiter, en avantage numérique. Il s’agissait de son premier but des Jeux de 2026 — et d’un 18e en carrière olympique. Un chiffre symbolique pour celle qu’on surnomme depuis des années « Captain Clutch », en raison de son sang-froid dans les moments décisifs.
La capitaine avait raté les deux derniers matchs du tour préliminaire contre les États-Unis et la Finlande, après avoir quitté la rencontre face à la Tchéquie plus tôt cette semaine en raison d’une blessure. Son absence s’était fait sentir, notamment lors du revers cinglant contre les Américaines. Son retour a insufflé une énergie nouvelle à une formation déjà déterminée à rebondir.
En son absence, l’attaquante ouvertement queer Brianne Jenner avait hérité du « C » sur son chandail. Elle a d’ailleurs ouvert la marque moins de deux minutes après le début du match contre l’Allemagne, grâce à une déviation parfaite.
Un moment historique… des deux côtés
Le quart de finale a aussi été marqué par un jalon pour l’équipe allemande : Franziska Feldmeier a inscrit le tout premier but de l’histoire de l’Allemagne contre le Canada en compétition internationale, en infériorité numérique, en déjouant la gardienne canadienne Emerance Maschmeyer. Mais l’histoire appartenait surtout à Poulin.
Si Marie-Philip Poulin est une héroïne nationale ici, elle est aussi une figure phare de la visibilité LGBTQ+ dans le sport d’élite. Ouvertement lesbienne, elle fait partie d’une génération d’athlètes canadiennes qui ont transformé le hockey féminin en espace de représentation assumée.
À chaque tournoi international, l’équipe canadienne aligne plusieurs joueuses ouvertement LGBTQ+. Cette normalisation, presque banale aujourd’hui dans le hockey féminin, demeure révolutionnaire dans l’univers sportif global.
Avec la qualification du Canada pour le carré d’as — aux côtés des États-Unis et de la Suède, pour une huitième olympiade consécutive — la possibilité d’une nouvelle confrontation Canada–États-Unis plane à l’horizon. Une rivalité déjà mythique… et souvent qualifiée, avec humour, comme l’un des matchs « les plus queer » de l’histoire olympique en raison du nombre de joueuses ouvertement LGBTQ+ sur la glace.
Le retour de Poulin pourrait d’ailleurs faire grimper ce nombre à un nouveau sommet. Dix-huit buts. Un record égalé. Un autre chapitre écrit dans une carrière déjà légendaire. Mais pour plusieurs jeunes athlètes queer au Québec et ailleurs, voir Marie-Philip Poulin dominer la scène mondiale tout en vivant ouvertement son identité compte tout autant que les médailles.
– MISE À JOUR LUNDI 16 février –
La demi-finale de lundi marquait un deuxième match consécutif où Poulin a trouvé le fond du filet, après avoir raté les deux derniers matchs du tour préliminaire du Canada en raison d’une blessure au bas du corps qui l’avait forcée à quitter l’affrontement contre la Tchéquie en première période la semaine dernière.
La quintuple olympienne tentera d’ajouter à ce total jeudi, alors que le Canada et les États-Unis s’affronteront en finale pour la médaille d’or pour une septième fois. Les Américaines ont écrasé le Canada 5-0 lors de leur match du tour préliminaire la semaine dernière, la première rencontre que Poulin a dû rater en raison de sa blessure.
L’histoire risque toutefois d’être bien différente avec le retour de Poulin dans l’alignement. Triple médaillée d’or olympique, elle a marqué lors de chacune des finales olympiques pour la médaille d’or auxquelles elle a pris part, inscrivant notamment le but décisif en 2010, 2014 et 2022.

