Mardi, 21 avril 2026
• • •
    Publicité

    Alex Di Giorgio : «Je n’ai peut-être pas eu le soutien dont j’aurais eu besoin»

    L’ancien nageur olympique italien Alex Di Giorgio revient aujourd’hui avec lucidité sur les années où il évoluait au plus haut niveau, alors qu’il n’était pas encore ouvertement gai. À 35 ans, celui qui a représenté l’Italie aux Jeux olympiques de Londres en 2012 et de Rio en 2016 estime avoir manqué d’appuis à une époque où l’homosexualité demeurait largement taboue dans les sports masculins de haut niveau.

    Invité récemment à Pride House Milano — un espace dédié à la visibilité LGBTQ+ pendant les Jeux olympiques d’hiver — Di Giorgio a insisté sur l’importance d’être visible pour les jeunes athlètes. « Dans le passé, je n’ai peut-être pas eu le soutien dont j’aurais eu besoin, mais j’ai quand même réussi à m’en sortir », a-t-il confié sur les réseaux sociaux de l’organisme.

    Un coming out tardif
    Spécialiste du 200 et du 400 mètres nage libre, Di Giorgio a mené l’essentiel de sa carrière internationale sans parler publiquement de son orientation sexuelle. Ce n’est qu’après avoir quitté les bassins olympiques qu’il a fait son coming out, sur le plateau de la version italienne de Dancing With the Stars.

    En 2022, il participe à l’émission dans un duo masculin avec le danseur Moreno Porcu — une première dans l’histoire du programme en Italie. Le couple se classe quatrième, mais marque surtout les esprits par sa visibilité.

    « Quand je repense à ce que cela aurait pu représenter, j’ai toujours essayé d’être moi-même, à mon rythme — comme tout le monde devrait pouvoir l’être », explique-t-il aujourd’hui.

    Le poids du silence dans le sport
    Dans une entrevue antérieure accordée à The Nation View, Di Giorgio avait évoqué plus frontalement le climat d’inconfort qu’il associait au milieu sportif.

    « Le monde du divertissement est différent du sport. Ici, c’est davantage accepté », affirmait-il en comparant son expérience dans la danse télévisée à celle vécue dans la natation de compétition.

    Il raconte notamment un épisode douloureux : « Un jour, j’ai pris mon téléphone et j’avais 50 messages d’amis. Il y avait des photos de moi enlacé avec un autre gars. J’ai eu l’impression de couler, d’être trahi. J’ai été démasqué par la personne que j’aimais. On m’a placé dans la position de devoir me justifier comme si j’avais menti à tout le monde. »

    Ce sentiment d’avoir été « forcé » à sortir du placard illustre la pression encore bien réelle que subissent de nombreux athlètes masculins dans des disciplines perçues comme traditionnellement hétéro-normatives.

    Une réalité encore fragile
    Si plusieurs athlètes féminines de haut niveau ont fait leur coming out au fil des années, les hommes ouvertement gais demeurent rares dans les sports olympiques, en particulier dans les disciplines individuelles très médiatisées. Les témoignages comme celui de Di Giorgio rappellent que la performance sportive ne protège pas contre l’isolement.

    En Italie, pays où l’influence de la tradition catholique demeure forte et où les débats sur les droits LGBTQ+ sont régulièrement politisés, la visibilité d’un ancien olympien ouvertement gai revêt une portée symbolique importante.

    Une nouvelle vie — et un engagement
    Aujourd’hui, Alex Di Giorgio mène une carrière de préparateur physique, d’influenceur et d’acteur. Il poursuit également son engagement pour la visibilité LGBTQ+ dans le sport.

    À la fin de 2025, il a officialisé sur Instagram sa relation avec la personnalité télé Tommaso Zorzi, ancien gagnant de la version italienne de Big Brother VIP. Le couple s’affiche désormais ouvertement.

    Avec le recul, Di Giorgio ne cache pas que les choses auraient pu être différentes s’il avait bénéficié d’un environnement plus soutenant au sommet de sa carrière. Mais son parcours témoigne aussi d’une évolution des mentalités — encore incomplète — dans le monde sportif.

    En prenant la parole aujourd’hui, l’ex-nageur espère surtout ouvrir la voie aux générations suivantes. « Être soi-même, à son rythme », répète-t-il. Un message simple, mais encore profondément nécessaire dans l’arène du sport de haut niveau.

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité