Mercredi, 15 avril 2026
• • •
    Publicité

    Du sang aux données : le nouveau règne de Dracula

    Oubliez le château en Transylvanie et le Comte Dracula. Avec Dracula – Un nouveau règne du mal, sous la plume de Marie-Claude Verdier, on se transporte dans la Silicon Valley, où réside un richissime biohacker qui obtient, par une application, les analyses du sang humain. Le personnage créé en 1897 par Bram Stoker, transposé aujourd’hui dans une adaptation présentée en première au Théâtre Denise-Pelletier, du 17 mars au 14 avril 2026, nous éclaire sur nos relations complexes avec le monde de l’informatique et les applications qui ponctionnent nos vies privées.

    Initialement, la mise en scène devait être assurée par le regretté Claude Poissant. Mais à la suite de son décès, c’est Frédéric Dubois qui a pris la relève pour cette production originale signée Marie-Claude Verdier, une autrice et artiste avec laquelle le metteur en scène a plusieurs fois collaboré. « La version qu’elle propose est une transposition complète, loin du XIXe siècle et des chauves-souris qui tournent autour d’un château isolé. On est dans un univers contemporain », avance Frédéric Dubois, qui avoue qu’il n’était pas familier avec l’univers gore du personnage de Dracula. Cette adaptation dépeint Dracula comme un puissant « biohacker » de la Silicon Valley vampirisant de jeunes entrepreneurs. 

    Cela dit, malgré les changements, le fil conducteur de l’histoire reste le même. Au lieu de piller les âmes des victimes en prélevant leur sang, c’est par l’analyse du sang et de ses données qu’il s’approprie leur intelligence. « Mais on ne tombe pas dans des explications trop scientifiques, comme de vouloir expliquer, par exemple, comment fonctionnent les algorithmes, continue Frédéric Dubois. On connaît leurs applications et comment ils peuvent avoir accès à nos données et, bien sûr, les utiliser. Mais à quelle fin ? »

    Le Dracula de la Silicon Valley a besoin de l’intelligence des autres, il doit s’en emparer pour augmenter sa renommée, son pouvoir. « Il se soucie très peu des impacts que cela peut avoir sur le quotidien, sinon les rendre plus dépendants aux technologies et les déshumaniser petit à petit. » Toute ressemblance avec des personnes existantes ne serait alors pas une coïncidence. La pièce explore en quelque sorte les dangers d’une société obsédée par la performance et les nouvelles technologies. 

    Deviendrons-nous petits des esclaves, consentant sans le savoir à notre propre asservissement ? Autant de questions que l’autrice et le metteur en scène souhaitent soumettre au public pour réfléchir ensemble. Frédéric Dubois ne tarit pas d’éloges sur Marie-Claude Verdier. En plus de souligner ses nombreux talents, il tient à rappeler sa générosité. « Elle est présente à toutes les répétitions, travaille avec nous pour pouvoir ajuster son texte, le reprendre, surtout quand on essaie des affaires auxquelles on n’avait pas pensé au départ. Marie-Claude reste très ouverte, car elle est comme tous ceux et toutes celles qui travaillent sur ce projet : on veut raconter la meilleure histoire possible. »

    Sur scène, Mariama Charron (Sophie), Maxime Denommée (Dracula), Éveline Gélinas (Lamia), Simon Landry-Desy (Jonathan), Jean-Moïse Martin (Renfield), Charlie Monty (Lucy), Noémie O’Farrell (Mina) et Justin Simon (Maurice) défendront les personnages d’un monde qui multiplient les appâts viruels.

    INFOS | Dracula – Un nouveau règne du mal au Théâtre Denise-Pelletier,
    du 17 mars au 14 avril 2026. Texte de Marie-Claude Verdier, d’après l’œuvre de Bram Stoker.
    Mise en scène : Frédéric Dubois.
    denise-pelletier.qc.ca
    Rencontre avec les artistes, le samedi 28 mars, après la représentation de 16h.

    Abonnez-vous à notre INFOLETTRE!

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité