Le climat social qui se durcit et les reculs observés au Canada en matière de droits LGBTQ+ sont désormais sous la loupe des Nations unies. Dans un récent rapport, le Comité des droits de l’homme de l’ONU s’inquiète de la situation et relaie plusieurs préoccupations soulevées par des organismes du terrain, dont le Conseil québécois LGBT.
L’organisme se dit d’ailleurs soulagé de constater que ses constats ont été entendus. Ceux-ci avaient été présentés dans un mémoire soumis conjointement avec la Clinique internationale de défense des droits humains (CIDDHU) de l’UQAM.
Longtemps perçu comme un chef de file en matière de droits LGBTQ+, le Canada voit aujourd’hui son image s’effriter. Depuis quelques années, une série de signaux préoccupants s’accumulent : multiplication de projets de loi visant les personnes trans dans plusieurs provinces, montée de l’homophobie et de la transphobie — notamment chez les jeunes —, ainsi qu’un climat social de plus en plus polarisé. Autant de phénomènes documentés qui ont retenu l’attention du Comité.
« Parfois, ça prend des instances qui ont du poids comme l’ONU pour que nos décideurs se rendent compte que quelque chose ne tourne pas rond. Comme si ça ne suffisait pas que les personnes concernées le dénoncent depuis des années », souligne Magali Boudon, directrice générale du Conseil québécois LGBT.
Dans ses observations, le Comité des droits de l’homme met en lumière la prévalence alarmante du harcèlement, de la violence et de l’exclusion sociale vécus par les personnes LGBTQ+. Il exhorte également le Canada à intensifier ses efforts pour contrer les stéréotypes et les attitudes négatives, notamment par des campagnes d’information publique et des programmes éducatifs dans les écoles.
Le rapport attire aussi l’attention sur un angle mort préoccupant : l’absence d’interdiction explicite, dans le Code criminel, des interventions chirurgicales non consenties et irréversibles pratiquées sur des enfants intersexes. Une lacune que le Comité presse le Canada de corriger rapidement par des réformes législatives.
« L’ONU a entendu notre cri du cœur. La question maintenant, c’est : est-ce que nos gouvernements en feront autant? », lance Magali Boudon.
Dans ce contexte, le Conseil québécois LGBT invite la population, les décideurs et les médias à prendre connaissance du rapport du Comité des droits de l’homme, espérant que cette prise de position internationale servira de levier pour relancer le dialogue — et surtout, l’action.
Rapport du Comité des droits de l’homme.

